Poudres de Chypre

A l’atelier viennent d’être reconstituées 2 recettes de parfums du 17-18 ème siècle, deux « poudres de Chypre ». Elles viennent du même ouvrage ancien de parfumerie et avaient la même utilité puisque c’étaient avant tout des parfums pour perruques, à l’époque où ces dernières étaient à la mode en Europe. Une mode qui a généré bien sûr sa propre créativité, son  évolution, ses types de coiffure, ses parfums, et qui venait à la base de l’exemple des souverains chauves qui avaient trouvé par ce biais un moyen de sauver la face.

Bien évidemment, les choix du roi devenaient bien vite ceux de la société toute entière, comme l’exprime Montesquieu dans ses Lettres Persanes : « Il en est des manières et de la façon de vivre comme des modes : les Français changent de moeurs selon l’âge de leur roi (…) Le prince imprime le caractère de son esprit à la cour, la cour à la ville, la ville aux provinces. L’âme du souverain est un moule qui donne la forme à toutes les autres. »

C’est si vrai qu’à cette époque, contrairement au roi, on se met à porter des perruques sans être chauve, même si la calvitie est un problème de beauté et de santé qui préoccupe tout l’Occident depuis l’Antiquité – si on en croit le nombre de recettes censées en guérir, conservées dans les ouvrages des médecins de l’Antiquité.

C’est aussi une époque où l’hygiène est déplorable et où on mise sur le linge propre et les parfums pour masquer les odeurs corporelles plutôt que de régler le problème à la source. L’hygiénisme n’est pas encore passé par là – qui n’apparaîtra qu’au 19 ème siècle – entraînant une véritable révolution médicale en matière de prévention des maladies, malgré l’exemple de l’Orient qui inspira l’Europe pour ses parfums mais pas forcément pour ses moeurs en matière de propreté.

Chypre fut apparemment pendant longtemps une île de parfumeurs, de par la richesse de ses plantes à parfum européennes. Et si on dit que dès le Moyen-Age, les parfumeurs chypriotes créèrent une eau de Chypre, les recettes, reprises par les parfumeurs français, sont promises à une belle destinée dans l’histoire du parfum. Au 18 ème siècle, le parfum de Chypre devient une poudre pour perruques qui servait aussi de base à d’autres parfums pour assainir l’atmosphère – du moins d’après les conceptions de l’époque.

Au final, et comme souvent dans les parfums anciens, il est difficile de définir de quoi se compose une poudre de Chypre tant la parenté entre une recette et une autre issue du même livre ne semble exister que dans la forme du parfum poudreux. Plus tard, l’industrie naissante des parfums, et ce dès la moitié du 19 ème siècle, décrira l’accord chypré et lui donnera une destinée qui continue, en choisissant l’une de ces recettes pour base : celle qui associe le musc à la mousse de chêne.

Reconstitué dans l’atelier du Labo, elle est vendue en boutique sous le nom de « Poudre de Chypre historique verte », en opposition à la noire, dotée d’une tout autre composition.

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C’est une recette assez complexe, qui nécessite de nombreuses techniques et étapes, dont un enfumage. Néanmoins, si la base est reconnaissable par la mousse de chêne et le musc, elle est de parenté un peu plus lointaine avec l’accord chypré en laquelle elle évoluera avec la parfumerie moderne qui la compose à partir de mousse de chêne, musc, patchouli et bergamote – et de laquelle la texture poudreuse a complètement disparu.

Pour autant, ce n’était pas la seule recette de poudre de Chypre de l’époque, dont elle n’est d’ailleurs qu’une variante qui a eu ensuite une belle destinée. Dans le même ouvrage se trouve une première poudre de Chypre, dont la couleur finale hésite entre le gris anthracite et le noir – ce pourquoi je lui ai donné le nom de « Poudre de Chypre noire historique ».

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La composition en est plus riche que celle à base de mousse de chêne puisqu’elle contient près d’une dizaine d’ingrédients, mais à l’inverse, s’avère plus simple en terme de réalisation puisqu’il ne s’agit que d’un simple mélange d’ingrédients principalement odorants.

Lorsqu’on évoque la poudre de Chypre à l’époque où elle servait encore de poudre pour perruques, il pouvait donc s’agir indifféremment de l’une ou de l’autre recette, malgré leur composition et leur odeur complètement différentes. Plus tard, le choix de l’une des recettes pour base de ce qu’on appellera les parfums chyprés peut donner l’impression, avec le temps qu’il n’y en eut jamais qu’une. Un inconvénient à l’heure où la mousse de chêne, reconnu ingrédient allergisant, disparaît de plus en plus de la parfumerie, condamnant nécessairement du même coup ce qu’on appelle depuis le 19 ème siècle en parfumerie, la famille des chyprés, qui  ne peuvent exister sans cette base.

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Que vous aimiez ou non les parfums chyprés, que vous fassiez ou non de la reconstitution en costume du 18 ème siècle pour donner tout leur sens et leur authenticité à ces parfums historiques, retrouvez les deux poudres de Chypre sur :

La boutique du Labo de Cléopâtre

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Le Labo de Cléopâtre aux Mists-terre d’Avalon

Vous suivez ce blog et vous connaissez  sans doute aussi la boutique Etsy du Labo de Cléopâtre. Sachez maintenant que vous pouvez trouver quelques-uns des produits parfumés et rituels du Labo de Cléopâtre aux Mists-terre d’Avalon, première boutique païenne de Paris à l’image de celles qu’on trouve en Angleterre dans la plupart des villes de taille honnête. Il faut dire que là-bas, le paganisme contemporain d’origine celtique est reconnu au titre de religion et de spiritualité comme les autres, et ce d’autant plus facilement que les Anglais sont à la base de cette renaissance d’une culture qui fut toujours celle de l’Europe.

Ce genre de boutiques existe déjà en France, dans quelques rares villes du sud, mais bien sûr aussi du Nord, plus proche de l’Angleterre et de sa culture joyeuse, ouverte et celtique. Une boutique païenne contemporaine était juste ce qui manquait à Paris depuis longtemps ! Qu’à cela ne tienne, Jérôme a comblé ce manque vieux de plusieurs décennies pour les adorateurs du féminin sacré, des dieux païens de culture européenne, du chamanisme et de la culture sorcière, de tous ceux qui veulent renouer avec l’ancien culte de la nature, du folklore et de nos racines. Une qualité qui lui vaut déjà la visite d’Anglais, spécialistes et représentants de leur domaine…

Qu’est-ce qu’on trouve aux Mists-terre d’Avalon ?

Une sélection fine et ciblée de tout ce dont les païens ont besoin pour leur pratique : bougies, encens, pierres, oracles et tarots, chaudrons, boules de cristal, statues de divinités et toutes les autres choses pour célébrer les sabbats, les esbats, et développer son intuition. On trouve aussi des objets de décoration spécifiques à la culture païenne, mais aussi une proposition d’objets symboliques et culturels réalisés par des artisans. Et bien sûr, des livres, car on ne le dira peut-être jamais assez, le paganisme est une culture à part entière, une culture vivante.

A l’étage, l’espace méditatif avec un autel réservé à la Déesse, comme ça se fait dans les boutiques païennes anglo-saxonnes, mais aussi parfois dans les boutiques religieuses ou spirituelles qui disposent d’une chapelle permettant la rencontre sacrée avec le silence, et le divin en soi. Un espace polyvalent qui peut aussi se transformer en lieu d’études, de rencontres, de dédicaces, de célébrations et autres manifestations..

Que trouvez-vous comme offre du Labo de Cléopâtre aux Mists-terre d’Avalon ?

Vous y trouverez principalement l’offre spécifique à l’univers païen. Les authentiques parfums de l’Antiquité sont variés et comprennent aussi des recettes judéo-chrétiennes, mais ce n’est pas ce que vous retrouverez dans cette boutique parisienne. Là-bas, vous aurez droit à l’offre païenne : encens historiques consacrés aux dieux gréco-romains, les produits traditionnels de l’Ancienne Egypte comme les différents kyphis et ses produits dérivés, les fumigations actives de la culture chamanique pour le bien-être, quelques huiles d’onction. Mais l’offre, bien entendu, est amenée à varier au gré des préférences et pratiques de ceux qui les choisissent, et s’approprient les produits du Labo de Cléopâtre au fil du temps, passant de mes produits aux vôtres.

Car des musées archéologiques aux boutiques païennes ou spirituelles, les parfums historiques reprennent peu à peu leur fonction ancestrale de garants du lien entre la société, ses traditions et son histoire, et facilitateurs de la communication avec les dieux et les esprits par la très ancienne tradition de l’offrande de parfums naturels et sacrés qui leur a valu leur nom : « per fumum », par la fumée.

Les Mists-terre d’Avalon. Boutique païenne

9 rue de Bailly

75003 Paris

Métro Arts et métier. 01.43.37.77.56

( Ouverture : du mardi au samedi 11H à 19h30. Le jeudi jusqu’à 20 H. )

Le site pro des Mists-terre d’Avalon

La page Facebook

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Parfums des rois de France

Un aspect évidemment négligé de l’histoire de France aujourd’hui, c’est son lien très étroit avec les parfums. Une situation en réalité commune aux histoires impériales de nombreuses autres cultures, car parfum, royauté et religion sont culturellement et rituellement mêlés depuis le début de la civilisation et dans beaucoup d’endroits du monde.

Il faut dire qu’avant de devenir chimiques, les parfums en Occident conservaient un lien culturel direct avec l’Antiquité. Les parfums en lien avec la religion et le sacré, voire avec la médecine, n’ont ainsi pas beaucoup évolué avec l’apparition du christianisme.

A Reims, cathédrale dédiée au sacre des Rois de France, consacrer un monarque se faisait – et se ferait encore si nous n’étions pas une république – au moyen d’une ampoule d’huile sacrée remontant au Moyen-Age le plus reculé et qui servit à consacrer tous les rois du pays. L’acte de parfumer occupe dans l’histoire occidentale en lien avec la religion chrétienne, celui du baptême, de la désignation et de l’officialisation, aussi bien dans le monde sacré que le monde profane puisque dans le sacre du roi comme dans la désignation du messie, il y a l’action d’oindre. Messiah en hébreux et Christos en grec signifient ainsi tous 2 oint d’onguents odorants. Il n’y a donc rien d’illogique à ce que le futur roi de France accède à la royauté à partir de l’acte d’être parfumé avec un onguent parfumé.

Un usage qui remonte au début du Moyen-Age, où, d’après Jacques de Voragine dans sa Légende dorée, le Saint-Esprit descendit en personne sous la forme d’une colombe pour apporter l’ampoule de saint Chrême qui baptisera Clovis, et désormais tous les rois de France à venir.

Une hypothèse plus historienne proposée à la cathédrale suggère plutôt l’usage oublié des onguents dans les rituels mortuaires romains, que la présence d’un balsamaire dans le tombeau de Saint-Rémi institutionnalisa comme huile d’onction sacrée pour désigner le nouveau roi. Une hypothèse assez probable quand on songe au nombre incroyable de balsamaires retrouvé dans les tombes de l’Antiquité.

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Néanmoins, la France, de tradition chrétienne, après avoir été païenne, possède dans son patrimoine une culture du parfum à cheval entre la juive et la romaine.

Romaine, peut-être par cette ampoule détournée de sa fonction originelle d’onction du mort dans la tradition romaine, et aussi par le rôle joué par l’encens lors de la cérémonie du sacre. Dans la culture chrétienne des débuts, en effet, l’encens, associé aux offrandes que devaient faire les premiers chrétiens aux idoles pour renier leur dieu, fut par la suite boudé et relégué aux rites de l’enterrement. Une pratique qui semble avoir connu quelques exceptions, dont celle du sacre du roi.

La culture juive, elle remonte très logiquement aux origines du christianisme dont les racines judaïques imprègnent la culture du Nouveau Testament – qui ne peut exister sans l’Ancien. Au palais de Tau, à Reims, musée dédié à la tradition des sacres, la présence des parfums se révèle dans une tapisserie remontant au 16 ème siècle sur le thème de la perfection de la Vierge Marie.

La scène se passe dans un jardin enclos « hortus conclusus », qui est l’image même du Paradis depuis le récit de la chute d’Adam et Eve, et qui marqua tout l’imaginaire littéraire européen comme symbole de l’Age d’Or, et sur terre, de vie heureuse, de bonheur et de refuge des amants contre les menaces, la jalousie et les contingences extérieures.

En évoquant Marie, la tapisserie cite le Cantique des cantiques, poème d’amour où se concentre toute la culture parfumée de la judéité – et plus largement de toute l’Antiquité, car le commerce des parfums était assez mondialisé pour presque toucher à l’universel. Sur la tapisserie sont justement visibles et précisées les plantes odorantes ou servant à la confection des parfums : l’olivier pour l’huile, le cèdre – matière première à parfum présente très tôt dans l’Histoire – la rose, et le lys, symbole de pureté et la virginité de Marie. Immaculée dans sa couleur blanche, elle fut pourtant chez les Grecs un symbole aussi religieux qu’un peu obscène, puisqu’on dit que jalouse de la fleur d’Héra, Aphrodite décida de l’enlaidir d’un énorme pistil phallique.

En attendant le nouveau roi, l’ampoule est toujours conservée par l’archevêque de Reims, et la première question qu’on peut se poser est : « Est-ce que ça sent toujours le parfum qui baptisa Clovis ? »

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Les kyphis du Labo en vidéo

Vous connaissez le blog mais vous ne connaissez pas encore les produits de la boutique ? Il existe désormais des video de youtubeuses spécialisées dans la cartomancie consacrées à mes kyphis artisanaux. Les kyphis sont en effet considérés comme l’encens de divination par excellence, pour celles et ceux qui pratiquent, donc c’est tout naturellement que certaines passionnées, praticiennes et auteures d’Oracles l’ont intégré à leur pratique, et ce d’autant plus si elles s’appuient sur l’imaginaire des Egyptiens anciens.

Un grand merci à celles qui ont pris du temps pour partager leur expérience, leur découverte de mes produits qu’elles ont eu envie de diffuser auprès de leur abonnés dans un décor évocateur et qui fait rêver. C’est à la fois une belle reconnaissance de mon travail, et un plaisir pour moi de découvrir votre rencontre avec mes produits et la manière dont vous vous les appropriez.

N’oubliez pas : le Labo de Cléopâtre, c’est un projet de recherches, un blog, et une boutique Etsy où je propose mes produits parfumés, kyphis, encens, parfums huileux et fais revivre d’anciennes senteurs pour votre plaisir, la connaissance ou vos pratiques spirituelles personnelles.

En attendant de vous retrouver lors d’un prochain marché de l’histoire – celui du 18 et 19 avril 2020 où mon stand devait être risquant sûrement d’être annulé ou reporté pour cause d’épidémie – je vous donne le lien vers :

La boutique Etsy du Labo de Cléopâtre, où vous retrouvez tous mes produits en stock.

La Page Facebook du Labo de Cléopâtre, où je partage des actualités.

Enfin aux éditions Alliance Magique sortira mon livre sur les cosmétiques de l’Antiquité issu des différentes recherches historiques d’archéologie expérimentale que j’ai menées dans mon Labo de Cléopâtre.

Cet article est la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de le reproduire sans l’autorisation de son auteur. Les vidéos sont issues de la chaîne Youtube de Claire de la Lune   et de Sabrina Passion des oracles.    

 

 

Le kyphi de Damocrates

Lors de diverses recherches sur le kyphi, un bon article en ligne qui lui était consacré prétendait que celui-ci avait été utilisé en médecine jusqu’au 13 ème siècle. Pour moi qui reconstitue des kyphis historiques en essayant d’aller au plus près de la recette originale, pouvoir retrouver la recette de ce kyphi tardif était un rêve. Mais c’était surtout la preuve que ce produit avait fait partie de l’histoire de la médecine et des parfums jusque très tardivement.

De là à penser qu’on l’avait utilisé jusqu’au 18 ème siècle, je ne m’y serais pas risquée. Et pourtant. C’est bien une recette de kyphi, employé comme remède parmi d’autres recettes de la pharmacopée des siècles allant de Louis XIV à Louis XV que je retrouvai un jour dans un manuel de pharmacie ancienne. Une trouvaille qui avait de quoi étonner si on ne se souvenait des pièces de Molière – comme Le médecin malgré lui – qui raillent une médecine d’un siècle où parler latin et citer les Anciens suffisait à faire illusion et imposer le respect. De fait, les livres de pharmacie de cette époque sont pleins de recettes de Galien, d’Avicenne et autres médecins de l’Antiquité et du Moyen-Age.

Dans ces circonstances, il n’est donc finalement plus si étonnant d’y retrouver une recette de kyphi. Celle-ci est mentionnée comme la recette de Damocrates, un médecin de l’Antiquité assez tardive qui a réellement existé mais que je n’avais jamais rencontré lors de mes recherches.

Le kyphi, je le connais bien, je le pratique très régulièrement, et il doit être le produit le plus vendu de ma boutique de par le monde. Pour autant, un kyphi comme celui-là, je n’en avais encore jamais vu ni fait. Effectivement, sur une base d’ingrédients identiques, le kyphi de Damocrates s’est payé le luxe de la nouveauté, m’a surprise et contrainte à l’adaptation pour le réussir.

En effet, ce kyphi se présente comme n’importe quelle autre recette classique : des raisins trempés dans du vin, du miel, des résines et des aromates. Jusque-là, c’est un kyphi traditionnel. Sauf que le poids et le volume d’aromates et résines dépasse largement le mélange fruité, ce qui donne à la pâte une texture tout à fait inattendue. Si bien qu’à ma grande surprise, à la fin du mélange, je me retrouve avec un produit à la texture de pâte sablée plutôt qu’à celle de la purée fluide dont j’avais l’habitude.

Pas habituée à cette texture, je décide malgré tout de la façonner immédiatement, parce que c’est écrit de les façonner tout de suite – contrairement à la pâte de kyphi traditionnelle qui nécessite plusieurs jours de séchage avant que ce soit possible. Alors, oui, ça peut et même doit se façonner immédiatement. Car contrairement à d’habitude aussi, la texture ne colle pas et prend immédiatement la forme qu’on lui donne – et ce avec une plus grande rapidité que d’ordinaire. Sa grande malléabilité me pousse alors à utiliser des moules – ce qui devient possible pour la première fois, avec ce nouveau kyphi.

Au lieu d’un kyphi réalisé en plusieurs semaines voire plusieurs mois, je me retrouve avec un produit moulé en une après-midi, et sur lequel il n’y aura plus de travail à faire ! Les gens de l’Antiquité avaient donc trouvé au fil des siècles, le moyen de moderniser à ce point ce produit que la forme encore usitée chez nous au 18 ème siècle était une sorte de kyphi express, plus riche en ingrédients odorants et supposément actifs que ceux des premières recettes qu’on brûlait à la divinité.

Avec sa formule inchangée sauf dans le nombre d’ingrédients aptes à transformer la texture du produit de façon à être utilisé très rapidement en médecine par les Grecs, le kyphi de Damocrates semble nous raconter l’histoire de l’évolution d’une technique de production d’un médicament qu’on semblait trouver efficace depuis son origine mais qu’on a voulu rendre disponible beaucoup plus rapidement. Du supposé Damocrates, contemporain de Pline, au manuel de pharmacie où a été trouvée la recette – qui laisse supposer que celle-ci était encore un remède qu’on faisait couramment – il y a bien 17 siècles de distance ! Et pourtant ! Bien qu’il semble être resté le seul utilisé en médecine, force est de constater que le kyphi de Damocrates est loin d’être resté un produit de l’Antiquité.

Dans sa version laïcisée, médicalisée et expresse, il semble avoir conservé assez de prestige et de croyance en son efficacité pour traverser les millénaires au-delà d’une fonction d’encens destiné au dieu Râ, au point même d’avoir fait partie de l’histoire de la médecine et de la pharmacie françaises.

Au passage, cela semble aussi nous raconter l’histoire d’un produit qu’on a voulu rendre plus efficace en augmentant sa vitesse de production, lui permettant peut-être d’être aussi durable dans le temps, à la faveur conjuguée de sa réputation de longue date et de sa grande aisance de production et d’utilisation dans un monde qui avait de plus en plus besoin de remèdes.

Vous retrouvez le kyphi de Damocrates sur la boutique du Labo. Contrairement aux autres kyphis, il est maniable et chaque pastille peut se casser très simplement pour l’employer de façon plus durable.

– Le kyphi de Damocrates sur la boutique du Labo

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Le Labo au marché de l’Histoire novembre 2019

Le 16 et le 17 novembre 2019, ma petite boutique artisanale du Labo de Cléopâtre était au marché de l’Histoire de Margny-les-Compiègne pour la seconde fois. Si vous suivez le blog, la Page Facebook ou vous connaissez la boutique sur Etsy, vous savez que c’est dans le cadre de ma reproduction artisanale de parfums et senteurs à partir des textes anciens que j’y avais mon stand dans le second bâtiment, emplacement que j’ai tendance à vouloir conserver malgré le froid.

Si vous n’y étiez pas, voici les images du stand, des produits, de la décoration et même d’une amie de Facebbok que j’y rencontrai pour la première fois avec beaucoup de plaisir. J’y ai rencontré d’autres personnes, curieux, clients, archéologues et autres artisans de la reconstitution dans une ambiance festive et magnifique où la passion de l’histoire rejoint celle du travail rigoureux pour tous les artisans de la reconstitution et autres concepteurs, acteurs du spectacle historique et visiteurs, costumés ou non.

En plus d’une sélection de produits que je propose habituellement sur ma boutique Etsy – encens, fumigations, parfums huileux, kyphis, etc – que les visiteurs peuvent sentir – contrairement à ce qui est possible sur le site ou la Page FB – j’aime aussi décorer mon stand de reproductions d’anciens balsamaires, mortiers, et quelques matières premières brutes de l’Antiquité parmi celles que les Anciens employaient dans ce qu’ils appelaient les parfums – et qui étaient parfois uniquement ces matières premières. Par ailleurs, je les veux toujours changeantes pour que ceux qui sont déjà venus lors d’une manifestation précédente découvrent l’odeur de nouveaux produits naturels. Cette session, j’ai choisi du galbanum semi-liquide et du lotus bleu, présentés dans des reproductions d’anciens flacon et coupelle.

Je remercie ma famille, de m’accompagner dans cette belle aventure, mais aussi les visiteurs, dont certains font déjà partie de la maison : mon amie Marine, Stéphanie, qui suit régulièrement mes aventures – et que je remercie de m’avoir aiguillée avec raison sur le marché de l’Histoire – Lionel, un fidèle depuis avril que j’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver, et Sally, qui a fait vibrer le stand de son émotion. Tous, vous contribuez à redonner aux parfums traditionnels, la place qu’ils ont toujours eue par le passé, au coeur de la cité, des émotions et du coeur des gens.

Merci enfin à l’Association pour l’Histoire Vivante qui, depuis plus de 30 ans, permet de réunir artisans, artistes, historiens et autres passionnés dans une même volonté de donner une troisième dimension et 5 sens à une histoire – qu’on connaît surtout en image – au travers de manifestations régulières et toujours stimulantes : le site de l’Association pour l’Histoire Vivante.

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Le Labo de Cléopâtre, quant à lui, reste toujours un projet de recherches et de reconstitution de parfums antiques et traditionnels, un blog, une Page FB – ainsi qu’un petit groupe sur le même réseau social  – et bien entendu, une boutique artisanale de senteurs historiques sur Etsy : La boutique du Labo de Cléopâtre

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Enfin, parce que le marché de l’histoire est une réunion de passionnés créatifs qui aiment aussi faire leur costume eux-mêmes, je n’ai pu résister devant ce chapeau Steampunk muni de bâtons d’encens qu’un visiteur a gentiment accepté de me prêter pour lui faire prendre la pose.

Rendez-vous donc au prochain marché de l’Histoire de Compiègne, en avril si tout va bien. Merci de suivre le blog, la boutique et tout ce projet de reconstitution des parfums anciens d’une manière générale.

Cet article et photos ( obtenues avec l’aimable autorisation des personnes sur le site) sont la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.

 

Le labo au festival Fous d’histoire nov. 2019

 

Marché de l’Histoire, Compiègne (60)

16 – 17 novembre 2019

Vous suivez, aimez ce blog et connaissez mon artisanat, mon projet, mes recherches et ma boutique sur Etsy ? Peut-être même avez-vous déjà acheté une de mes senteurs de reconstitution ou une senteur inspirée des connaissances et des croyances des gens de
l’Antiquité.
Si vous êtes passionnés d’histoire au point de vous y perdre pendant un week-end, si vous passez par Compiègne et ses environs ou êtes tout simplement pas loin de l’Ile-de-France, le week-end du 16/17 novembre 2019, mon stand vous attendra dans le bâtiment secondaire, avec une sélection de produits artisanaux, tous conçus avec ma tête et mes mains, dans une aventure qui a commencé ici-même, par mes blogs WordPress.
Je vous y proposerai encens, parfums poudreux de recettes anciennes, parfums huileux faits uniquement à la main, sans huiles essentielles, et selon les recettes et techniques données par Dioscoride et Pline. Je vous y proposerai aussi des kyphis, bien entendu, les encens emblématiques et très sacrés de l’Egypte ancienne  qui étaient spécifiquement brûlés le soir devant les divinités. Je vous proposerai aussi des coffrets thématiques – appropriés pour des cadeaux raffinés et originaux – et des senteurs d’autres traditions dont les effets bien-être vous surprendront.

 

Mais il y aura aussi les derniers nés : les pendentifs parfums primitifs, aux senteurs brutes et sans liquide à porter comme des bijoux, les poupées de soucis aux plantes amérindiennes et le khôl parfumé d’après la recette de Dioscoride qu’on retrouve ensuite chez Pline.

Ce sera également pour moi l’occasion de vous voir, pour vous d’aborder les produits dans la réalité de leur taille, leurs couleurs, matières, et plus encore leurs odeurs, et le tout par civilisation.
Globalement, la culture antique, surtout gréco-égyptienne est la plus représentée dans ma boutique, mais vous trouverez aussi quelques senteurs indiennes, judeo-chrétiennes, et l’efficacité surprenante et les parfums de quelques plantes ancestrales vikings et amérindiennes.
Alors, je vous attends ici, avec beaucoup de plaisir, le week-end du 16 au 17 novembre 2019 :
LE TIGRE
2 RUE JEAN MERMOZ
MARGNY-LÈS-COMPIÈGNE
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Le cérat, crème antique à tout faire

Datant de l’Antiquité – qu’on peut faire dériver en cold cream en y ajoutant de la teinture de benjoin – le cérat de Galien est une crème attribuée à un médecin du II ème siècle, toujours en circulation de façon très formelle puisque les pharmaciens sont habilités à  la préparer sur ordonnance – même s’il existe désormais des préparations toutes prêtes réalisées par des laboratoires de cosmétiques et parapharmacie.

Voici sa composition actuelle pour 100 grammes :

  • Cire d’abeille blanche : 13 gr
  • Huile végétale d’amande douce : 53,50 gr
  • Eau de rose : 33 gr
  • Borax : 0,50 gr

( Avant que le blanc de baleine soit interdit, la recette en a contenu au cours de sa longue histoire )

Une vieille préparation, me direz-vous, Galien ayant vécu au II ème siècle de notre ère. Pour autant, le cérat est encore bien plus vieux, puisqu’on le retrouve dans l’oeuvre Des maladies des femmes, d’Hippocrate – qui vécut au V ème avant J-C – . La recette est différente, mais son principe est le même et son objectif est de protéger la peau contre le dessèchement dû à  la poussière des chemins. C’est dire si le cérat que nous connaissons actuellement se préparait déjà il y a 2500 ans avec le père de la médecine, à qui on doit le  fameux serment – resté lui aussi suffisamment d’actualité pour continuer d’être prononcé par les médecins d’aujourd’hui avant leur entrée en fonction.

Mais de quel cérat s’agissait-il ?

En réalité, c’était un produit beaucoup plus simple, ne comprenant que de l’huile et de la cire pour la stabiliser. L’eau qu’on trouve dans le cérat de Galien n’était pourtant pas absente, mais elle était extérieure au produit car la recommandation était de prendre un peu de cérat dans la main qu’on humidifiait dans la rivière avant de se l’appliquer sur la peau du visage. Au final, on se retrouve avec une formule à peu près semblable, à ceci près que la formule d’Hippocrate ne contenant pas d’eau dans le produit, ne nécessite pas de conservateur comme le borax, mais va appliquer directement une eau courante sur la peau. Le cérat, appliqué au même moment, permet alors de protéger et conserver cette eau, assurant l’hydratation et donc la protection de la peau.

Ce cérat originel, on lui attribuait des fonctions différentes selon une formulation contenant plus ou moins de cire, permettant une grande diversité d’applications malgré une recette de base à seulement 2 ingrédients.

Mais il y a plus : c’était aussi un produit de base pour permettre l’application de produits sans cela trop abrasifs, comme les poudres de noyaux d’olive qu’on utilisait comme nettoyant-exfoliant, ou celle de myrrhe, de poussière d’encens utilisés sous les aisselles comme déodorant – et comme à peu près tout produit brut insuffisamment réduit en poudre. Leur application comme cosmétique consistait en même temps en des trouvailles de qualité pour améliorer son apparence et son bien-être avec des éléments de l’environnement qu’on transformait déjà pour une utilisation raisonnée.

Et encore ! il est faux de les appeler cosmétiques, ces recettes ayant été conservées dans les ouvrages de médecine tandis que se sont perdus les ouvrages dits de cosmétiques, décriés et déconsidérés à leur époque, au profit d’une certaine idée de la médecine, centrée sur le bien-être, mais jamais sur l’apparence.

Le cérat, qu’on trouve mentionné chez Pline l’Ancien – ou alors non évoqué mais implicite – servait également de base à un produit censé faire repousser les cheveux, à base de cendres de baies de sureau. Un produit que j’ai décidé de reproduire il y a quelques années, et d’appliquer sur un gentil chauve qui a accepté de se sacrifier comme cobaye des expérimentations du Labo de Cléopâtre.

Or, au lieu de voir les cheveux repousser, j’ai eu la surprise de constater que la sorte de texture de cirage noir recouvrant les parties chauves comme c’était prévu, avait la capacité de masquer la calvitie d’un homme brun en recouvrant sa peau d’un film de gras noir et brillant – pour peu qu’on ne le regarde pas de trop près. IMG_0729.jpg

Finalement, est-ce que ce n’était pas ça, le but de ce produit ? Non faire repousser les cheveux d’un chauve, mais juste en donner l’illusion en masquant visuellement les parties chauves ?

Bien sûr, on ne peut avoir aujourd’hui la réponse, puisqu’il nous faudrait être capable de savoir ce que voyaient les Anciens, à quoi ils étaient attentifs en fonction de leur perception du monde et de la construction intellectuelle de leur regard – ce qui possède aussi en soi une histoire complexe de laquelle on ne sortirait sûrement que des hypothèses.

En gros, un cérat, c’est 4 cuillères à soupe d’huile pour une de cire d’abeille. Selon qu’on désire un cérat plus ou moins solide, on peut augmenter ou diminuer la dose d’huile. On fait chauffer au bain-marie jusqu’à la fonte complète de la cire et on verse dans un pot qu’on referme. On laisse refroidir. L’huile devenue solide va pouvoir servir à des applications bien plus variées que si elle était restée dans son état liquide.

Cet article et ces photos sont la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.

 

Khôl parfumé de Pline

Nouveau sur la boutique, un authentique khôl d’après une recette antique que j’ai décidé de refaire. C’est une recette trouvée chez Pline l’Ancien, assez évasive dans ses étapes comme dans ses proportions et dont il m’a fallu retrouver la logique. Elle est faite sur base de noyaux de dattes, un ingrédient loin d’être rare au Maghreb, dans les recettes de khôl artisanal maison. Au Maghreb, bien souvent, les cosmétiques sont faits par les femmes, pour les femmes, d’après des recettes traditionnelles d’une grande ancienneté. Ces recettes, très locales, mêlent produits ordinaires de l’environnement et plantes à parfum brutes sans autre ajout. Et chaque région, chaque femme peut avoir sa recette, utilisant minéraux, végétaux, auxquels on peut ajouter une épice légèrement piquante pour assainir le blanc de l’oeil et le rendre ainsi plus beau.

La recette de Pline, qu’on retrouve d’abord chez Dioscoride, est 100 % végétale, loin de la galène et de l’antimoine – oxydes de plomb qu’on retrouve dans les khôl depuis les débuts de la médecine égyptienne et qu’on continue de retrouver au Maghreb, mais dont la toxicité est bien attestée par divers empoisonnements et intoxications -. Un problème qui demeure, dans un contexte de tradition et d’absence de normes sanitaires et de sécurité. Les recettes de beauté ou les remèdes médicinaux traditionnels d’Afrique peuvent en effet remonter à des millénaires, comme le démontrent les recettes encore utilisées aujourd’hui en Egypte, et qu’on trouve presque à l’identique dans les papyri égyptiens de médecine.

L’autre particularité de cette recette est d’être parfumée. Un détail qui peut n’être pas perçu par un nez moderne, notre capacité à faire des parfums ayant bien changé, et notre rapport à l’odorat également. A l’époque, pas d’huile essentielle, on parfume au nard, une sorte de valériane qui pousse dans l’Himalaya et qui est venu enrichir les matières premières constituant les parfums du monde méditerranéen à la suite de la conquête de l’Inde par Alexandre. Une senteur puissante qu’on retrouve mentionnée dans la Bible, et plus particulièrement dans une scène de la vie de Jésus, mais qui, dans ce khôl, passe plutôt inaperçue.

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Une indication temporelle pour cette recette qui ne se pratiqua donc qu’à partir de l’époque ptolémaïque, dynastie de Cléopâtre, et pourquoi pas une indication spatiale – du côté de l’Egypte, justement. L’utilisation du noyau de datte dans d’autres khôl artisanaux algériens retrouvés dans des livres contemporains de secrets de beauté d’Orient tendrait justement à lui supposer une origine nord africaine.

Sachant que cette recette n’est pas décrite de façon intégrale, j’ai décidé d’en faire un khôl potentiellement liquide. Pourquoi potentiellement ? Parce qu’au Maghreb, le khôl est utilisé sec. On l’applique dans son oeil à l’aide d’un bâtonnet et sert bien souvent à ne provoquer qu’une ombre discrète et un regard plus intense le lendemain de son application. Un emploi du khôl finalement tout en nuance..

En revanche, en Egypte antique, la présence de cuillère à fard parfois très sophistiquées dont les historiens ne savent pas toujours trop à quoi elle servait, doublée de la représentation  des yeux cerclés de noir bien marqués qui nécessitent un tracé plus précis semblent orienter vers l’utilisation assez probable d’un khôl liquide.

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Une goutte d’eau dans une pincée de fard mélangée dans un coquillage – réellement utilisé comme cuillère à fard en Grèce, comme on peut le voir au Musée archéologique d’Athènes – suffit à changer la matière du mélange. Il est possible de ré-humidifier après séchage pour retrouver la même texture et faire de nouveau un tracé précis.

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C’est donc un authentique khôl de l’Antiquité que vous pouvez retrouver dans la boutique du Labo, réalisé dans ses étapes mentionnées chez Pline et Dioscoride, dont la recette circulait déjà de façon certaine au 1 er siècle de notre ère, il y a donc 2000 ans.

Il est important de noter que cette recette et ce produit sont avant tout historiques et de collection, vous permettant de découvrir physiquement et dans ces aspects réels, un cosmétique de l’Antiquité, mais qu’il n’est lui-même pas considéré actuellement comme un cosmétique, et n’est donc pas conçu pour la peau. Il est le résultat d’une reconstitution historique et n’a donc été testé que par moi et quelques proches. Le Labo de Cléopâtre décline toute responsabilité en cas d’utilisation sur la peau.

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Cet article et ces photos sont la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.

Le Labo de Cléopâtre dans Futura

Consultée par la journaliste Céline Deluzarche sur la recréation du « parfum de Cléopâtre » par deux archéologues, vous retrouverez dans cet article de Futura, mon intervention et ce que je pense dudit parfum. Un sujet que je connais bien puisque j’y travaille depuis déjà plusieurs années.  L’article, vous le trouverez ici :

Diapasmas Cléo

Ce qu’est réellement le parfum de Cléopâtre, les lecteurs de ce blog le savent s’ils le fréquentent depuis longtemps, il s’agit du Détergent, dont la recette, si elle ne peut être reproduite à 100 %, a malgré tout le mérite d’exister, d’avoir ses raisons d’être historiques d’une grande précision. J’en ai parlé il y a déjà plusieurs années ici, entre autres lieux, sur la base de recherches précises sur textes anciens, puisque je suis formée à la recherche en lettres : Du détergent au parfum de Cléopâtre

D’autre part, faisant de l’archéologie expérimentale autour des parfums anciens et ayant d’ailleurs commencé par celui de Cléopâtre, je propose cette fragrance reconstituée au mieux de ce qui est possible – c’est-à-dire pas complètement, mais de façon satisfaisante malgré tout ) sur ma boutique Etsy, dérivée en plusieurs produits :

Retrouvez d’autres articles de recherche et d’artisanat autour des parfums de l’Antiquité sur le blog, la boutique du Labo ainsi que sur la Page Facebook, et autres manifestations.

Les senteurs anciennes, c’est beaucoup de Recherche sur textes, de passion, de travail, d’expérimentations, de spéculations et de mains sales. Et de matières premières naturelles qu’on n’aime plus beaucoup toucher…

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Parfum de Cléopâtre

Cet article et ces photos sont la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.