Les 12 nuits sacrées

Depuis plusieurs années déjà, la boutique du Labo de Cléopâtre vous propose pour la période des fêtes de fin d’année, de retrouver une tradition spirituelle celtique toujours vivace chez certains de nos voisins comme les Allemands du Sud, Autrichiens, tyroliens, etc..Le rituel possède de nombreux suiveurs et fidèles dans les pays où la tradition reste vivace, et quelques-uns qui commencent à s’y mettre, par le biais de ce blog, de la boutique et surtout de la Page FB où j’accompagne les pratiquants du 25 décembre au 6 janvier.

Traditionnellement, cette période de 12 jours correspond à l’ancien Yule celtique, période de renaissance du soleil, caractéristique du Solstice d’Hiver. Comme pour chaque Solstice, c’est à la fois une période d’acmé dans un phénomène cyclique en même temps qu’une lente remise en route dans le sens inverse de celui-ci. Ici, en même temps qu’on entre dans l’hiver, les jours rallongent, nous conduisant du même coup de manière certaine vers la renaissance du printemps. Comme souvent dans nos traditions, la période pénible à traverser ne se fait jamais sans être accompagnée d’espoir.

Ce moment particulier de l’année possède plusieurs noms très imagés : les 12 corbeaux, les 12 nuits sacrées, les nuits difficiles. Traditionnellement, on pense que c’est une période où le voile entre les mondes est le plus fin et où les démons, esprits, habitants de l’Autre Monde peuvent se rencontrer très facilement – comme on le croit d’ailleurs pour la fête d’Halloween -. Dans leurs célébrations de cette période, nos voisins le symbolisent très bien à travers leurs costumes et masques effrayants et démoniaques qui nous viennent de traditions de bergers remontant à la Préhistoire.

KRAMPUS,MASKEN,Schwarzachtal Pass e.V ; KRAMPUS Verein in Neuburg vorm Wald, Oberpfalz, auf der Schwarzenburg, vor der Schwarzwirhberghütten. und in der Werkstatt von Timm Buckley, DEIFLS WERK. auf der Burg mit den Masken:Timm+Anja Buckley, Familie Chris+Silvie+Tochter Juliane,Mitglieder des Schwarzachtal Pass eV

Pour se protéger des mauvaises rencontres avec des âmes en peine de sortie pendant ces jours froids où les nuits sont longues, on a recours à un rituel de fumigation de son habitation. Le rituel ne consiste pas en plus que ça, mais il possède malgré tout quelques obligations et traditions de base :

  • Il doit être pratiqué pendant ces 12 jours dans les habitations mais aussi les dépendances – signe d’un temps où c’était une tradition rurale – étables, remises, ateliers, hangar, etc..
  • Traditionnellement, l’encens utilisé était composé de plantes ayant été cueillies du 15 août au 8 septembre, période où les plantes sont les plus odorantes.
  • Il est composé d’un mélange de 7 à 77 plantes, ce qui en fait un mélange à chiffre très symbolique (à la boutique, le mélange Purification contient 7 plantes).
  • Le rituel hier : gardiens de la tradition celtique, nos voisins sont particulièrement attachés aux plantes indigènes, celles qu’on trouve en Europe. Une habitude qui tranche avec celle des gréco-romains qui, dès l’Antiquité, avaient du goût pour les plantes à parfum exotiques venus d’Inde ou d’Arabie. Une habitude qui correspond bien à cette civilisation de voyageurs et de conquérants, mais moins à celles de peuples plus sédentaires comme les Germains. A l’heure des questions sur la mondialisation, le goût de ces peuples et germains semble revenir d’actualité.
  • Le rituel aujourd’hui : la tradition de fumigation pendant 12 jours ayant perduré, elle s’est enrichie de toutes les plantes à parfum du monde apportées par le commerce. Précises et spirituelles, associées à certaines énergies particulières, leur mélange permet de cibler des intentions au travers des énergies de la fumigation. Et effectivement, les encens propres aux 12 corbeaux sont des mélanges dans lesquels entrent facilement plus de plantes européennes qu’il n’en est proposé dans les types de mélanges usuels mondialisés et courants sur le marché de l’encens à usage spirituel.

  • Comment fonctionne ce rituel : il est assez simple et ne demande pas de croyance autre que celle d’énergies particulières propres à cette entrée dans l’hiver et des fêtes de fin d’année. On est à cette période où on s’apprête à quitter une année et à entrer dans une autre. Il est donc temps de faire place à de nouvelles énergies et se débarrasser des anciennes. Il y a donc 2 possibilités :

  • La purification et l’intention : le rituel est partagé en 2 pratiques de fumigations différentes :
  • du 25 décembre au 1 janvier, celle de purification des énergies de l’année finissant, à base de 7 plantes.
  • du 1 au 6 janvier, celle d’intention particulière en fonction des énergies que vous voulez inviter chez vous pour cette nouvelle année – sachant que chaque fumigation se fait avec prières d’intentions simples prononcées mentalement ou verbalement, comme vous préférez.
  • Les coffrets Tradition 12 corbeaux avec intentions :
  • Le coffret Bénédictions, pour favoriser leurs énergies pour cette nouvelle année.
  • Le coffret Famille, pour améliorer les relations familiales.
  • Le coffret Courage, pour attirer ce type d’énergies chez vous.
  • Le coffret Amour, si vous souhaitez plus d’affection dans votre vie pour l’année à venir.

En vidéo, un festival de Rauhnacht, tradition européenne survivant chez certains de nos voisins.

Cet article est la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de le reproduire sans l’autorisation de leur auteur. Les images sont la propriété des sites où ils ont été trouvés – Perlesreut.de et Bayern.by – sauf celle de l’encens, qui appartient au Labo de Cléopâtre.

Les huiles parfumées

Dans l’atelier et à la boutique Etsy du Labo de Cléopâtre, les parfums sous forme liquide sont tous des parfums huileux. Et pour cause : c’étaient les seuls parfums qu’on faisait dans l’Antiquité, et qu’on continue de pratiquer dans les pays musulmans pour respecter l’interdit de l’alcool. A strictement parler, il n’existe pas que des parfums huileux, car on a aussi connaissance d’un parfum d’onction de l’Egypte antique qui se faisait à base de vin, mais je n’en ai rencontré à l’heure actuelle qu’une seule mention et une seule utilisation : celle d’un parfum pour statues de temple.

Nulle part il n’est fait mention de parfum alcoolisé pour autre chose que des statues divines, les hommes et les femmes, devant, eux, se contenter d’huiles parfumées jusqu’à la Renaissance, environ, où la maîtrise de la distillation et le nouvel intérêt pour les parfums orientaux – découverts lors des Croisades – créeront une conjonction favorable pour faire apparaître les premières senteurs extraites des solvants de l’alcool – et ainsi conservées.

De l’Egypte ancienne à la Grèce, en passant par Rome, c’est un monde olfactif maîtrisé par l’Homme qui se construit essentiellement autour de l’huile, au point que l’archéologie a révélé dans les échoppes même des parfumeurs anciens, des pressoirs à l’huile destinés à la confection des parfums. Ces parfums avaient une fonction assez large dans la société, et si les parfumeurs viennent des catégories sociales parfois les plus basses, nombreux sont en revanche, ceux qui s’enrichissent rapidement.

De fait, le parfum huileux est utilisé en médecine – de Théophraste à Dioscoride, recettes de parfums et leurs vertus ont été consignées dans leurs ouvrages -, pour la séduction – comme dans les comédies d’Aristophane en témoignent -, jusqu’aux pratiques funéraires – témoins les nombreux balsamaires qui ornent les musées principalement parce qu’on en trouvait dans les tombes, le parfum ayant fait partie de l’ancienne toilette des morts – et enfin comme signe distinctif de richesse.

Une multitude de fonctions qui explique facilement comment les parfumeurs pouvaient s’enrichir rapidement, et ce d’autant plus que leurs échoppes étaient décrites comme des lieux de rencontres, d’échanges où circulaient nouvelles politiques, ragots et potins, qualité qu’on attribua aux coiffeurs à l’époque moderne.

Les huiles parfumées envahissent donc la société, du gymnase au cabinet du médecin en passant par les gynécées, les thermes, les lupanars, et jusqu’à la dernière demeure. Un comportement toujours entre le profane et le sacré, d’abord par l’utilisation de l’huile d’olive, la pourvoyeuse de vie, de lumière, de médecine, et qui assure la conservation de ce qui y était immergé, corps organiques soumis à la putréfaction ou parfum des divers aromates qu’on emprisonne dans ce « corps » qu’est l’huile, le don sacré d’Athéna.

Ce lien entre l’huile d’olive et la sacralité se retrouve dans le judaïsme, où, pour marquer la visite de Dieu à Béthel – révélée à Jacob par son rêve, celui-ci enduit une pierre d’huile d’olive, localisant ainsi le lieu de la présence divine – Genèse 28. 16-19. Si la pierre ne servit pas de fondation à la construction du temple, elle fut en revanche utilisée pour les cérémonies religieuses et servit donc au culte.

Dans le judaïsme, donc, l’huile d’olive – et par extension, le parfum huileux – paraît bien bien plus liée à la sacralité que dans le monde gréco-romain, comme en témoigne cette recette de parfum d’onction donnée par Dieu lui-même pour les instruments du Temple – dont le parfum devait être réalisé par des parfumeurs pour un usage néanmoins strictement réservé au lieu sacré, sous peine d’exclusion de la société – . Ce parfum servait à sacraliser les objets, à les destiner exclusivement au service religieux, contrairement aux autres objets qui, profanes et ordinaires, n’étaient pas consacrés – littéralement sacrés avec.

Un usage qu’on retrouve dans la façon de sacrer un roi dans le judaïsme, certes, mais aussi un prophète, une messiah – oint, enduit d’onguent en hébreu – et dont l’équivalent en grec se dit Christos, qui a donné le Christ. Le Messie, le roi, le Christ, c’est toujours celui qui a reçu l’huile sacrée qui va faire de lui l’élu.

Une pratique qu’on va retrouver chez les rois de France qu’on oint avec une ampoule d’huile sainte depuis le sacre de Clovis, à Reims, et dont le rituel pourrait avoir pour origine un amalgame entre la croyance en la pratique de l’onction sacralisante de type juif, avec les rituels funéraires romains dans lesquels on enduisait d’huile le corps du défunt.

Si pour vous, il vous semble étrange d’oindre de façon durable avec de l’huile d’olive parfumée, voici les paroles de Gérard Lafond, Abbé de Wisques, rapportées par Magali Aimé dans Le coeur des arbres : »Tout objet qui a reçu une onction d’huile d’olive se laisse pénétrer par elle et ne pourra plus jamais retrouver son état premier. » Ce qui est juste, et qui marqua sans doute la sacralité de manière évidente dans un monde qui n’utilisait pas encore vraiment le savon.

Dans la boutique du Labo, vous trouvez plusieurs parfums huileux, de recettes plus ou moins précises et de différentes fonctions :

 

Poudres de Chypre

A l’atelier viennent d’être reconstituées 2 recettes de parfums du 17-18 ème siècle, deux « poudres de Chypre ». Elles viennent du même ouvrage ancien de parfumerie et avaient la même utilité puisque c’étaient avant tout des parfums pour perruques, à l’époque où ces dernières étaient à la mode en Europe. Une mode qui a généré bien sûr sa propre créativité, son  évolution, ses types de coiffure, ses parfums, et qui venait à la base de l’exemple des souverains chauves qui avaient trouvé par ce biais un moyen de sauver la face.

Bien évidemment, les choix du roi devenaient bien vite ceux de la société toute entière, comme l’exprime Montesquieu dans ses Lettres Persanes : « Il en est des manières et de la façon de vivre comme des modes : les Français changent de moeurs selon l’âge de leur roi (…) Le prince imprime le caractère de son esprit à la cour, la cour à la ville, la ville aux provinces. L’âme du souverain est un moule qui donne la forme à toutes les autres. »

C’est si vrai qu’à cette époque, contrairement au roi, on se met à porter des perruques sans être chauve, même si la calvitie est un problème de beauté et de santé qui préoccupe tout l’Occident depuis l’Antiquité – si on en croit le nombre de recettes censées en guérir, conservées dans les ouvrages des médecins de l’Antiquité.

C’est aussi une époque où l’hygiène est déplorable et où on mise sur le linge propre et les parfums pour masquer les odeurs corporelles plutôt que de régler le problème à la source. L’hygiénisme n’est pas encore passé par là – qui n’apparaîtra qu’au 19 ème siècle – entraînant une véritable révolution médicale en matière de prévention des maladies, malgré l’exemple de l’Orient qui inspira l’Europe pour ses parfums mais pas forcément pour ses moeurs en matière de propreté.

Chypre fut apparemment pendant longtemps une île de parfumeurs, de par la richesse de ses plantes à parfum européennes. Et si on dit que dès le Moyen-Age, les parfumeurs chypriotes créèrent une eau de Chypre, les recettes, reprises par les parfumeurs français, sont promises à une belle destinée dans l’histoire du parfum. Au 18 ème siècle, le parfum de Chypre devient une poudre pour perruques qui servait aussi de base à d’autres parfums pour assainir l’atmosphère – du moins d’après les conceptions de l’époque.

Au final, et comme souvent dans les parfums anciens, il est difficile de définir de quoi se compose une poudre de Chypre tant la parenté entre une recette et une autre issue du même livre ne semble exister que dans la forme du parfum poudreux. Plus tard, l’industrie naissante des parfums, et ce dès la moitié du 19 ème siècle, décrira l’accord chypré et lui donnera une destinée qui continue, en choisissant l’une de ces recettes pour base : celle qui associe le musc à la mousse de chêne.

Reconstitué dans l’atelier du Labo, elle est vendue en boutique sous le nom de « Poudre de Chypre historique verte », en opposition à la noire, dotée d’une tout autre composition.

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C’est une recette assez complexe, qui nécessite de nombreuses techniques et étapes, dont un enfumage. Néanmoins, si la base est reconnaissable par la mousse de chêne et le musc, elle est de parenté un peu plus lointaine avec l’accord chypré en laquelle elle évoluera avec la parfumerie moderne qui la compose à partir de mousse de chêne, musc, patchouli et bergamote – et de laquelle la texture poudreuse a complètement disparu.

Pour autant, ce n’était pas la seule recette de poudre de Chypre de l’époque, dont elle n’est d’ailleurs qu’une variante qui a eu ensuite une belle destinée. Dans le même ouvrage se trouve une première poudre de Chypre, dont la couleur finale hésite entre le gris anthracite et le noir – ce pourquoi je lui ai donné le nom de « Poudre de Chypre noire historique ».

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La composition en est plus riche que celle à base de mousse de chêne puisqu’elle contient près d’une dizaine d’ingrédients, mais à l’inverse, s’avère plus simple en terme de réalisation puisqu’il ne s’agit que d’un simple mélange d’ingrédients principalement odorants.

Lorsqu’on évoque la poudre de Chypre à l’époque où elle servait encore de poudre pour perruques, il pouvait donc s’agir indifféremment de l’une ou de l’autre recette, malgré leur composition et leur odeur complètement différentes. Plus tard, le choix de l’une des recettes pour base de ce qu’on appellera les parfums chyprés peut donner l’impression, avec le temps qu’il n’y en eut jamais qu’une. Un inconvénient à l’heure où la mousse de chêne, reconnu ingrédient allergisant, disparaît de plus en plus de la parfumerie, condamnant nécessairement du même coup ce qu’on appelle depuis le 19 ème siècle en parfumerie, la famille des chyprés, qui  ne peuvent exister sans cette base.

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Que vous aimiez ou non les parfums chyprés, que vous fassiez ou non de la reconstitution en costume du 18 ème siècle pour donner tout leur sens et leur authenticité à ces parfums historiques, retrouvez les deux poudres de Chypre sur :

La boutique du Labo de Cléopâtre

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Le Labo de Cléopâtre aux Mists-terre d’Avalon

Vous suivez ce blog et vous connaissez  sans doute aussi la boutique Etsy du Labo de Cléopâtre. Sachez maintenant que vous pouvez trouver quelques-uns des produits parfumés et rituels du Labo de Cléopâtre aux Mists-terre d’Avalon, première boutique païenne de Paris à l’image de celles qu’on trouve en Angleterre dans la plupart des villes de taille honnête. Il faut dire que là-bas, le paganisme contemporain d’origine celtique est reconnu au titre de religion et de spiritualité comme les autres, et ce d’autant plus facilement que les Anglais sont à la base de cette renaissance d’une culture qui fut toujours celle de l’Europe.

Ce genre de boutiques existe déjà en France, dans quelques rares villes du sud, mais bien sûr aussi du Nord, plus proche de l’Angleterre et de sa culture joyeuse, ouverte et celtique. Une boutique païenne contemporaine était juste ce qui manquait à Paris depuis longtemps ! Qu’à cela ne tienne, Jérôme a comblé ce manque vieux de plusieurs décennies pour les adorateurs du féminin sacré, des dieux païens de culture européenne, du chamanisme et de la culture sorcière, de tous ceux qui veulent renouer avec l’ancien culte de la nature, du folklore et de nos racines. Une qualité qui lui vaut déjà la visite d’Anglais, spécialistes et représentants de leur domaine…

Qu’est-ce qu’on trouve aux Mists-terre d’Avalon ?

Une sélection fine et ciblée de tout ce dont les païens ont besoin pour leur pratique : bougies, encens, pierres, oracles et tarots, chaudrons, boules de cristal, statues de divinités et toutes les autres choses pour célébrer les sabbats, les esbats, et développer son intuition. On trouve aussi des objets de décoration spécifiques à la culture païenne, mais aussi une proposition d’objets symboliques et culturels réalisés par des artisans. Et bien sûr, des livres, car on ne le dira peut-être jamais assez, le paganisme est une culture à part entière, une culture vivante.

A l’étage, l’espace méditatif avec un autel réservé à la Déesse, comme ça se fait dans les boutiques païennes anglo-saxonnes, mais aussi parfois dans les boutiques religieuses ou spirituelles qui disposent d’une chapelle permettant la rencontre sacrée avec le silence, et le divin en soi. Un espace polyvalent qui peut aussi se transformer en lieu d’études, de rencontres, de dédicaces, de célébrations et autres manifestations..

Que trouvez-vous comme offre du Labo de Cléopâtre aux Mists-terre d’Avalon ?

Vous y trouverez principalement l’offre spécifique à l’univers païen. Les authentiques parfums de l’Antiquité sont variés et comprennent aussi des recettes judéo-chrétiennes, mais ce n’est pas ce que vous retrouverez dans cette boutique parisienne. Là-bas, vous aurez droit à l’offre païenne : encens historiques consacrés aux dieux gréco-romains, les produits traditionnels de l’Ancienne Egypte comme les différents kyphis et ses produits dérivés, les fumigations actives de la culture chamanique pour le bien-être, quelques huiles d’onction. Mais l’offre, bien entendu, est amenée à varier au gré des préférences et pratiques de ceux qui les choisissent, et s’approprient les produits du Labo de Cléopâtre au fil du temps, passant de mes produits aux vôtres.

Car des musées archéologiques aux boutiques païennes ou spirituelles, les parfums historiques reprennent peu à peu leur fonction ancestrale de garants du lien entre la société, ses traditions et son histoire, et facilitateurs de la communication avec les dieux et les esprits par la très ancienne tradition de l’offrande de parfums naturels et sacrés qui leur a valu leur nom : « per fumum », par la fumée.

Les Mists-terre d’Avalon. Boutique païenne

9 rue de Bailly

75003 Paris

Métro Arts et métier. 01.43.37.77.56

( Ouverture : du mardi au samedi 11H à 19h30. Le jeudi jusqu’à 20 H. )

Le site pro des Mists-terre d’Avalon

La page Facebook

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Parfums des rois de France

Un aspect évidemment négligé de l’histoire de France aujourd’hui, c’est son lien très étroit avec les parfums. Une situation en réalité commune aux histoires impériales de nombreuses autres cultures, car parfum, royauté et religion sont culturellement et rituellement mêlés depuis le début de la civilisation et dans beaucoup d’endroits du monde.

Il faut dire qu’avant de devenir chimiques, les parfums en Occident conservaient un lien culturel direct avec l’Antiquité. Les parfums en lien avec la religion et le sacré, voire avec la médecine, n’ont ainsi pas beaucoup évolué avec l’apparition du christianisme.

A Reims, cathédrale dédiée au sacre des Rois de France, consacrer un monarque se faisait – et se ferait encore si nous n’étions pas une république – au moyen d’une ampoule d’huile sacrée remontant au Moyen-Age le plus reculé et qui servit à consacrer tous les rois du pays. L’acte de parfumer occupe dans l’histoire occidentale en lien avec la religion chrétienne, celui du baptême, de la désignation et de l’officialisation, aussi bien dans le monde sacré que le monde profane puisque dans le sacre du roi comme dans la désignation du messie, il y a l’action d’oindre. Messiah en hébreux et Christos en grec signifient ainsi tous 2 oint d’onguents odorants. Il n’y a donc rien d’illogique à ce que le futur roi de France accède à la royauté à partir de l’acte d’être parfumé avec un onguent parfumé.

Un usage qui remonte au début du Moyen-Age, où, d’après Jacques de Voragine dans sa Légende dorée, le Saint-Esprit descendit en personne sous la forme d’une colombe pour apporter l’ampoule de saint Chrême qui baptisera Clovis, et désormais tous les rois de France à venir.

Une hypothèse plus historienne proposée à la cathédrale suggère plutôt l’usage oublié des onguents dans les rituels mortuaires romains, que la présence d’un balsamaire dans le tombeau de Saint-Rémi institutionnalisa comme huile d’onction sacrée pour désigner le nouveau roi. Une hypothèse assez probable quand on songe au nombre incroyable de balsamaires retrouvé dans les tombes de l’Antiquité.

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Néanmoins, la France, de tradition chrétienne, après avoir été païenne, possède dans son patrimoine une culture du parfum à cheval entre la juive et la romaine.

Romaine, peut-être par cette ampoule détournée de sa fonction originelle d’onction du mort dans la tradition romaine, et aussi par le rôle joué par l’encens lors de la cérémonie du sacre. Dans la culture chrétienne des débuts, en effet, l’encens, associé aux offrandes que devaient faire les premiers chrétiens aux idoles pour renier leur dieu, fut par la suite boudé et relégué aux rites de l’enterrement. Une pratique qui semble avoir connu quelques exceptions, dont celle du sacre du roi.

La culture juive, elle remonte très logiquement aux origines du christianisme dont les racines judaïques imprègnent la culture du Nouveau Testament – qui ne peut exister sans l’Ancien. Au palais de Tau, à Reims, musée dédié à la tradition des sacres, la présence des parfums se révèle dans une tapisserie remontant au 16 ème siècle sur le thème de la perfection de la Vierge Marie.

La scène se passe dans un jardin enclos « hortus conclusus », qui est l’image même du Paradis depuis le récit de la chute d’Adam et Eve, et qui marqua tout l’imaginaire littéraire européen comme symbole de l’Age d’Or, et sur terre, de vie heureuse, de bonheur et de refuge des amants contre les menaces, la jalousie et les contingences extérieures.

En évoquant Marie, la tapisserie cite le Cantique des cantiques, poème d’amour où se concentre toute la culture parfumée de la judéité – et plus largement de toute l’Antiquité, car le commerce des parfums était assez mondialisé pour presque toucher à l’universel. Sur la tapisserie sont justement visibles et précisées les plantes odorantes ou servant à la confection des parfums : l’olivier pour l’huile, le cèdre – matière première à parfum présente très tôt dans l’Histoire – la rose, et le lys, symbole de pureté et la virginité de Marie. Immaculée dans sa couleur blanche, elle fut pourtant chez les Grecs un symbole aussi religieux qu’un peu obscène, puisqu’on dit que jalouse de la fleur d’Héra, Aphrodite décida de l’enlaidir d’un énorme pistil phallique.

En attendant le nouveau roi, l’ampoule est toujours conservée par l’archevêque de Reims, et la première question qu’on peut se poser est : « Est-ce que ça sent toujours le parfum qui baptisa Clovis ? »

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Les kyphis du Labo en vidéo

Vous connaissez le blog mais vous ne connaissez pas encore les produits de la boutique ? Il existe désormais des video de youtubeuses spécialisées dans la cartomancie consacrées à mes kyphis artisanaux. Les kyphis sont en effet considérés comme l’encens de divination par excellence, pour celles et ceux qui pratiquent, donc c’est tout naturellement que certaines passionnées, praticiennes et auteures d’Oracles l’ont intégré à leur pratique, et ce d’autant plus si elles s’appuient sur l’imaginaire des Egyptiens anciens.

Un grand merci à celles qui ont pris du temps pour partager leur expérience, leur découverte de mes produits qu’elles ont eu envie de diffuser auprès de leur abonnés dans un décor évocateur et qui fait rêver. C’est à la fois une belle reconnaissance de mon travail, et un plaisir pour moi de découvrir votre rencontre avec mes produits et la manière dont vous vous les appropriez.

N’oubliez pas : le Labo de Cléopâtre, c’est un projet de recherches, un blog, et une boutique Etsy où je propose mes produits parfumés, kyphis, encens, parfums huileux et fais revivre d’anciennes senteurs pour votre plaisir, la connaissance ou vos pratiques spirituelles personnelles.

En attendant de vous retrouver lors d’un prochain marché de l’histoire – celui du 18 et 19 avril 2020 où mon stand devait être risquant sûrement d’être annulé ou reporté pour cause d’épidémie – je vous donne le lien vers :

La boutique Etsy du Labo de Cléopâtre, où vous retrouvez tous mes produits en stock.

La Page Facebook du Labo de Cléopâtre, où je partage des actualités.

Enfin aux éditions Alliance Magique sortira mon livre sur les cosmétiques de l’Antiquité issu des différentes recherches historiques d’archéologie expérimentale que j’ai menées dans mon Labo de Cléopâtre.

Cet article est la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de le reproduire sans l’autorisation de son auteur. Les vidéos sont issues de la chaîne Youtube de Claire de la Lune   et de Sabrina Passion des oracles.    

 

 

Le kyphi de Damocrates

Lors de diverses recherches sur le kyphi, un bon article en ligne qui lui était consacré prétendait que celui-ci avait été utilisé en médecine jusqu’au 13 ème siècle. Pour moi qui reconstitue des kyphis historiques en essayant d’aller au plus près de la recette originale, pouvoir retrouver la recette de ce kyphi tardif était un rêve. Mais c’était surtout la preuve que ce produit avait fait partie de l’histoire de la médecine et des parfums jusque très tardivement.

De là à penser qu’on l’avait utilisé jusqu’au 18 ème siècle, je ne m’y serais pas risquée. Et pourtant. C’est bien une recette de kyphi, employé comme remède parmi d’autres recettes de la pharmacopée des siècles allant de Louis XIV à Louis XV que je retrouvai un jour dans un manuel de pharmacie ancienne. Une trouvaille qui avait de quoi étonner si on ne se souvenait des pièces de Molière – comme Le médecin malgré lui – qui raillent une médecine d’un siècle où parler latin et citer les Anciens suffisait à faire illusion et imposer le respect. De fait, les livres de pharmacie de cette époque sont pleins de recettes de Galien, d’Avicenne et autres médecins de l’Antiquité et du Moyen-Age.

Dans ces circonstances, il n’est donc finalement plus si étonnant d’y retrouver une recette de kyphi. Celle-ci est mentionnée comme la recette de Damocrates, un médecin de l’Antiquité assez tardive qui a réellement existé mais que je n’avais jamais rencontré lors de mes recherches.

Le kyphi, je le connais bien, je le pratique très régulièrement, et il doit être le produit le plus vendu de ma boutique de par le monde. Pour autant, un kyphi comme celui-là, je n’en avais encore jamais vu ni fait. Effectivement, sur une base d’ingrédients identiques, le kyphi de Damocrates s’est payé le luxe de la nouveauté, m’a surprise et contrainte à l’adaptation pour le réussir.

En effet, ce kyphi se présente comme n’importe quelle autre recette classique : des raisins trempés dans du vin, du miel, des résines et des aromates. Jusque-là, c’est un kyphi traditionnel. Sauf que le poids et le volume d’aromates et résines dépasse largement le mélange fruité, ce qui donne à la pâte une texture tout à fait inattendue. Si bien qu’à ma grande surprise, à la fin du mélange, je me retrouve avec un produit à la texture de pâte sablée plutôt qu’à celle de la purée fluide dont j’avais l’habitude.

Pas habituée à cette texture, je décide malgré tout de la façonner immédiatement, parce que c’est écrit de les façonner tout de suite – contrairement à la pâte de kyphi traditionnelle qui nécessite plusieurs jours de séchage avant que ce soit possible. Alors, oui, ça peut et même doit se façonner immédiatement. Car contrairement à d’habitude aussi, la texture ne colle pas et prend immédiatement la forme qu’on lui donne – et ce avec une plus grande rapidité que d’ordinaire. Sa grande malléabilité me pousse alors à utiliser des moules – ce qui devient possible pour la première fois, avec ce nouveau kyphi.

Au lieu d’un kyphi réalisé en plusieurs semaines voire plusieurs mois, je me retrouve avec un produit moulé en une après-midi, et sur lequel il n’y aura plus de travail à faire ! Les gens de l’Antiquité avaient donc trouvé au fil des siècles, le moyen de moderniser à ce point ce produit que la forme encore usitée chez nous au 18 ème siècle était une sorte de kyphi express, plus riche en ingrédients odorants et supposément actifs que ceux des premières recettes qu’on brûlait à la divinité.

Avec sa formule inchangée sauf dans le nombre d’ingrédients aptes à transformer la texture du produit de façon à être utilisé très rapidement en médecine par les Grecs, le kyphi de Damocrates semble nous raconter l’histoire de l’évolution d’une technique de production d’un médicament qu’on semblait trouver efficace depuis son origine mais qu’on a voulu rendre disponible beaucoup plus rapidement. Du supposé Damocrates, contemporain de Pline, au manuel de pharmacie où a été trouvée la recette – qui laisse supposer que celle-ci était encore un remède qu’on faisait couramment – il y a bien 17 siècles de distance ! Et pourtant ! Bien qu’il semble être resté le seul utilisé en médecine, force est de constater que le kyphi de Damocrates est loin d’être resté un produit de l’Antiquité.

Dans sa version laïcisée, médicalisée et expresse, il semble avoir conservé assez de prestige et de croyance en son efficacité pour traverser les millénaires au-delà d’une fonction d’encens destiné au dieu Râ, au point même d’avoir fait partie de l’histoire de la médecine et de la pharmacie françaises.

Au passage, cela semble aussi nous raconter l’histoire d’un produit qu’on a voulu rendre plus efficace en augmentant sa vitesse de production, lui permettant peut-être d’être aussi durable dans le temps, à la faveur conjuguée de sa réputation de longue date et de sa grande aisance de production et d’utilisation dans un monde qui avait de plus en plus besoin de remèdes.

Vous retrouvez le kyphi de Damocrates sur la boutique du Labo. Contrairement aux autres kyphis, il est maniable et chaque pastille peut se casser très simplement pour l’employer de façon plus durable.

– Le kyphi de Damocrates sur la boutique du Labo

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Cet article et photos sont la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.

Le Labo au marché de l’Histoire novembre 2019

Le 16 et le 17 novembre 2019, ma petite boutique artisanale du Labo de Cléopâtre était au marché de l’Histoire de Margny-les-Compiègne pour la seconde fois. Si vous suivez le blog, la Page Facebook ou vous connaissez la boutique sur Etsy, vous savez que c’est dans le cadre de ma reproduction artisanale de parfums et senteurs à partir des textes anciens que j’y avais mon stand dans le second bâtiment, emplacement que j’ai tendance à vouloir conserver malgré le froid.

Si vous n’y étiez pas, voici les images du stand, des produits, de la décoration et même d’une amie de Facebbok que j’y rencontrai pour la première fois avec beaucoup de plaisir. J’y ai rencontré d’autres personnes, curieux, clients, archéologues et autres artisans de la reconstitution dans une ambiance festive et magnifique où la passion de l’histoire rejoint celle du travail rigoureux pour tous les artisans de la reconstitution et autres concepteurs, acteurs du spectacle historique et visiteurs, costumés ou non.

En plus d’une sélection de produits que je propose habituellement sur ma boutique Etsy – encens, fumigations, parfums huileux, kyphis, etc – que les visiteurs peuvent sentir – contrairement à ce qui est possible sur le site ou la Page FB – j’aime aussi décorer mon stand de reproductions d’anciens balsamaires, mortiers, et quelques matières premières brutes de l’Antiquité parmi celles que les Anciens employaient dans ce qu’ils appelaient les parfums – et qui étaient parfois uniquement ces matières premières. Par ailleurs, je les veux toujours changeantes pour que ceux qui sont déjà venus lors d’une manifestation précédente découvrent l’odeur de nouveaux produits naturels. Cette session, j’ai choisi du galbanum semi-liquide et du lotus bleu, présentés dans des reproductions d’anciens flacon et coupelle.

Je remercie ma famille, de m’accompagner dans cette belle aventure, mais aussi les visiteurs, dont certains font déjà partie de la maison : mon amie Marine, Stéphanie, qui suit régulièrement mes aventures – et que je remercie de m’avoir aiguillée avec raison sur le marché de l’Histoire – Lionel, un fidèle depuis avril que j’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver, et Sally, qui a fait vibrer le stand de son émotion. Tous, vous contribuez à redonner aux parfums traditionnels, la place qu’ils ont toujours eue par le passé, au coeur de la cité, des émotions et du coeur des gens.

Merci enfin à l’Association pour l’Histoire Vivante qui, depuis plus de 30 ans, permet de réunir artisans, artistes, historiens et autres passionnés dans une même volonté de donner une troisième dimension et 5 sens à une histoire – qu’on connaît surtout en image – au travers de manifestations régulières et toujours stimulantes : le site de l’Association pour l’Histoire Vivante.

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Le Labo de Cléopâtre, quant à lui, reste toujours un projet de recherches et de reconstitution de parfums antiques et traditionnels, un blog, une Page FB – ainsi qu’un petit groupe sur le même réseau social  – et bien entendu, une boutique artisanale de senteurs historiques sur Etsy : La boutique du Labo de Cléopâtre

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Enfin, parce que le marché de l’histoire est une réunion de passionnés créatifs qui aiment aussi faire leur costume eux-mêmes, je n’ai pu résister devant ce chapeau Steampunk muni de bâtons d’encens qu’un visiteur a gentiment accepté de me prêter pour lui faire prendre la pose.

Rendez-vous donc au prochain marché de l’Histoire de Compiègne, en avril si tout va bien. Merci de suivre le blog, la boutique et tout ce projet de reconstitution des parfums anciens d’une manière générale.

Cet article et photos ( obtenues avec l’aimable autorisation des personnes sur le site) sont la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.

 

Le labo au festival Fous d’histoire nov. 2019

 

Marché de l’Histoire, Compiègne (60)

16 – 17 novembre 2019

Vous suivez, aimez ce blog et connaissez mon artisanat, mon projet, mes recherches et ma boutique sur Etsy ? Peut-être même avez-vous déjà acheté une de mes senteurs de reconstitution ou une senteur inspirée des connaissances et des croyances des gens de
l’Antiquité.
Si vous êtes passionnés d’histoire au point de vous y perdre pendant un week-end, si vous passez par Compiègne et ses environs ou êtes tout simplement pas loin de l’Ile-de-France, le week-end du 16/17 novembre 2019, mon stand vous attendra dans le bâtiment secondaire, avec une sélection de produits artisanaux, tous conçus avec ma tête et mes mains, dans une aventure qui a commencé ici-même, par mes blogs WordPress.
Je vous y proposerai encens, parfums poudreux de recettes anciennes, parfums huileux faits uniquement à la main, sans huiles essentielles, et selon les recettes et techniques données par Dioscoride et Pline. Je vous y proposerai aussi des kyphis, bien entendu, les encens emblématiques et très sacrés de l’Egypte ancienne  qui étaient spécifiquement brûlés le soir devant les divinités. Je vous proposerai aussi des coffrets thématiques – appropriés pour des cadeaux raffinés et originaux – et des senteurs d’autres traditions dont les effets bien-être vous surprendront.

 

Mais il y aura aussi les derniers nés : les pendentifs parfums primitifs, aux senteurs brutes et sans liquide à porter comme des bijoux, les poupées de soucis aux plantes amérindiennes et le khôl parfumé d’après la recette de Dioscoride qu’on retrouve ensuite chez Pline.

Ce sera également pour moi l’occasion de vous voir, pour vous d’aborder les produits dans la réalité de leur taille, leurs couleurs, matières, et plus encore leurs odeurs, et le tout par civilisation.
Globalement, la culture antique, surtout gréco-égyptienne est la plus représentée dans ma boutique, mais vous trouverez aussi quelques senteurs indiennes, judeo-chrétiennes, et l’efficacité surprenante et les parfums de quelques plantes ancestrales vikings et amérindiennes.
Alors, je vous attends ici, avec beaucoup de plaisir, le week-end du 16 au 17 novembre 2019 :
LE TIGRE
2 RUE JEAN MERMOZ
MARGNY-LÈS-COMPIÈGNE
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Cet article et photos sont la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.
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Le cérat, crème antique à tout faire

Datant de l’Antiquité – qu’on peut faire dériver en cold cream en y ajoutant de la teinture de benjoin – le cérat de Galien est une crème attribuée à un médecin du II ème siècle, toujours en circulation de façon très formelle puisque les pharmaciens sont habilités à  la préparer sur ordonnance – même s’il existe désormais des préparations toutes prêtes réalisées par des laboratoires de cosmétiques et parapharmacie.

Voici sa composition actuelle pour 100 grammes :

  • Cire d’abeille blanche : 13 gr
  • Huile végétale d’amande douce : 53,50 gr
  • Eau de rose : 33 gr
  • Borax : 0,50 gr

( Avant que le blanc de baleine soit interdit, la recette en a contenu au cours de sa longue histoire )

Une vieille préparation, me direz-vous, Galien ayant vécu au II ème siècle de notre ère. Pour autant, le cérat est encore bien plus vieux, puisqu’on le retrouve dans l’oeuvre Des maladies des femmes, d’Hippocrate – qui vécut au V ème avant J-C – . La recette est différente, mais son principe est le même et son objectif est de protéger la peau contre le dessèchement dû à  la poussière des chemins. C’est dire si le cérat que nous connaissons actuellement se préparait déjà il y a 2500 ans avec le père de la médecine, à qui on doit le  fameux serment – resté lui aussi suffisamment d’actualité pour continuer d’être prononcé par les médecins d’aujourd’hui avant leur entrée en fonction.

Mais de quel cérat s’agissait-il ?

En réalité, c’était un produit beaucoup plus simple, ne comprenant que de l’huile et de la cire pour la stabiliser. L’eau qu’on trouve dans le cérat de Galien n’était pourtant pas absente, mais elle était extérieure au produit car la recommandation était de prendre un peu de cérat dans la main qu’on humidifiait dans la rivière avant de se l’appliquer sur la peau du visage. Au final, on se retrouve avec une formule à peu près semblable, à ceci près que la formule d’Hippocrate ne contenant pas d’eau dans le produit, ne nécessite pas de conservateur comme le borax, mais va appliquer directement une eau courante sur la peau. Le cérat, appliqué au même moment, permet alors de protéger et conserver cette eau, assurant l’hydratation et donc la protection de la peau.

Ce cérat originel, on lui attribuait des fonctions différentes selon une formulation contenant plus ou moins de cire, permettant une grande diversité d’applications malgré une recette de base à seulement 2 ingrédients.

Mais il y a plus : c’était aussi un produit de base pour permettre l’application de produits sans cela trop abrasifs, comme les poudres de noyaux d’olive qu’on utilisait comme nettoyant-exfoliant, ou celle de myrrhe, de poussière d’encens utilisés sous les aisselles comme déodorant – et comme à peu près tout produit brut insuffisamment réduit en poudre. Leur application comme cosmétique consistait en même temps en des trouvailles de qualité pour améliorer son apparence et son bien-être avec des éléments de l’environnement qu’on transformait déjà pour une utilisation raisonnée.

Et encore ! il est faux de les appeler cosmétiques, ces recettes ayant été conservées dans les ouvrages de médecine tandis que se sont perdus les ouvrages dits de cosmétiques, décriés et déconsidérés à leur époque, au profit d’une certaine idée de la médecine, centrée sur le bien-être, mais jamais sur l’apparence.

Le cérat, qu’on trouve mentionné chez Pline l’Ancien – ou alors non évoqué mais implicite – servait également de base à un produit censé faire repousser les cheveux, à base de cendres de baies de sureau. Un produit que j’ai décidé de reproduire il y a quelques années, et d’appliquer sur un gentil chauve qui a accepté de se sacrifier comme cobaye des expérimentations du Labo de Cléopâtre.

Or, au lieu de voir les cheveux repousser, j’ai eu la surprise de constater que la sorte de texture de cirage noir recouvrant les parties chauves comme c’était prévu, avait la capacité de masquer la calvitie d’un homme brun en recouvrant sa peau d’un film de gras noir et brillant – pour peu qu’on ne le regarde pas de trop près. IMG_0729.jpg

Finalement, est-ce que ce n’était pas ça, le but de ce produit ? Non faire repousser les cheveux d’un chauve, mais juste en donner l’illusion en masquant visuellement les parties chauves ?

Bien sûr, on ne peut avoir aujourd’hui la réponse, puisqu’il nous faudrait être capable de savoir ce que voyaient les Anciens, à quoi ils étaient attentifs en fonction de leur perception du monde et de la construction intellectuelle de leur regard – ce qui possède aussi en soi une histoire complexe de laquelle on ne sortirait sûrement que des hypothèses.

En gros, un cérat, c’est 4 cuillères à soupe d’huile pour une de cire d’abeille. Selon qu’on désire un cérat plus ou moins solide, on peut augmenter ou diminuer la dose d’huile. On fait chauffer au bain-marie jusqu’à la fonte complète de la cire et on verse dans un pot qu’on referme. On laisse refroidir. L’huile devenue solide va pouvoir servir à des applications bien plus variées que si elle était restée dans son état liquide.

Cet article et ces photos sont la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.