Quels cosmétiques au Labo ?

Le Labo de Cléopâtre est, depuis ses débuts, un projet de reconstitution autour des parfums et cosmétiques de l’Antiquité, qui a commencé avec Cléopâtre. Mais comme dans tout domaine, il n’est pas d’objet d’étude qui ne soit, de près ou de loin, relié à son hérédité. La durée d’un cosmétique dans le temps va donc souvent du cosmétique historique au cosmétique traditionnel s’il est adopté durablement. Le cosmétique industriel, de conception moderne, a la même origine mais s’éloigne de la tradition et des croyances pour atteindre des buts plus directs.

Dans mon livre Fabriquez vos soins naturels de l’Antiquité, vous avez l’exemple type de ce qu’est un cosmétique historique, et ses liens avec les cosmétiques traditionnels : Il est aussi assez courant de trouver des cosmétiques de l’époque gréco-romaine – devenus historiques car plus employés dans notre société – toujours vivaces dans une autre société qui y accorde de l’importance et continue de les employer.

L’adage : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » se vérifie donc aussi beaucoup en matière de sciences, techniques et savoir-faire. Ainsi, bien que la société égyptienne ait abandonné la culture de ses anciens pharaons depuis l’Antiquité, la médecine populaire conserve et pratique toujours des recettes médicales inchangées depuis l’époque des pyramides. Un savoir qui a paru bon, utile, auquel on a crû ne disparaît jamais totalement : soit il est conservé intégralement, soit il est transformé, soit une autre société le conserve.

Sachant cela, je fais donc la distinction entre cosmétique historique, traditionnel et industriel.

– Le cosmétique historique a une recette datée – mème si elle peut se prolonger sur des millénaires durant – après laquelle il n’est plus du tout pratiqué. Bien que ce ne soit pas un cosmétique, je pense ici au kyphi, qui commence son office dans l’Egypte antique et dont on retrouve encore la recette dans les remèdes pharmaceutiques du 17-18 ème siècle.

– Le cosmétique traditionnel, toujours vivant, remonte à des temps ancestraux et continue d’être pratiqué par une ou plusieurs sociétés. Il a les caractéristiques d’un produit traditionnel : il emploie des matières premières et locales, spécifiques d’une société qui en connaît les vertus depuis des siècles. Il associe des connaissances chimiques anciennes à des savoir-faire imprégnés de culture.

– Le cosmétique industriel, conçu, testé et développé selon les dernières connaissances technologiques, vise un résultat précis à un coût fixé par la gamme de produits dans laquelle il s’inscrit et qui va déterminer le choix des matières premières et des techniques. C’est le plus rentable quand on se fixe un objectif esthétique, mais c’est le moins connecté à du culturel.

Dans la boutique du Labo de Cléopâtre, je ne vais évidemment proposer que les 2 premiers types de cosmétiques puisqu’ils ont tous 2 un lien avec la reconstitution : historiques, ils appartiennent au passé, traditionnels, ils sont toujours employés quelque part sur la Terre, et selon des critères et valeurs culturels qui nous sont étrangers mais dont les racines symboliques sont fortes.

En tant que projet de reconstitution des parfums et cosmétiques anciens, ce ne sont donc pas des produits faciles d’accès qui vous sont proposés dans le boutique du Labo, dès lors qu’il y aura écrit « historique » ou « traditionnel » – même s’il n’est évidemment pas question de vous proposer des produits toxiques comme les anciens fards au plomb qui ont sévi de l’Antiquité jusqu’au 18 ème siècle et plus !

Bien évidemment, c’est moi qui réalise les recettes, les conditionne et leur donne leur orientation dans une offre produit pas du tout calibrée pour l’industrie et l’usage cosmétique habituel. Pour autant, les recettes, issues de documents, sont suivies autant que possible à la lettre et ce d’autant plus que le produit est diffusé dans un but de connaissances et de transmission de certains savoir.

Il y aurait ainsi plein de choses à dire et découvrir en comparant un noir aux yeux du commerce avec un khôl traditionnel algérien ou bien encore avec un kajal indien noir profond; un parfum au solvant alcoolisé à 99% de molécules chimiques et un parfum huileux à 100% enfleurage. C’est une question de matières premières, de techniques, de savoir-faire et de culture qui se voit au résultat, mais à condition d’y être attentif, d’être connaisseur ou passionné. Autant dire que ce n’est pas forcément accessible au premier venu, et encore moins à quelqu’un qui cherche juste à se maquiller ou trouver un soin quelconque !

En somme, à quoi ressemble un cosmétique traditionnel ? A un plat du terroir, une recette qu’on connaît depuis des siècles, voire, des millénaires, qui ne se serait pas démodée et que toute une société approuve.

Et à quoi ressemble un cosmétique historique ? Un plat du terroir que l’usage n’a pas conservé car on a trouvé moins cher, plus efficace ou que les ingrédients dont il est composé ne se trouvent plus facilement et qu’il a fallu y renoncer.

En résumé, vous voulez acheter un cosmétique ? De bonnes boutiques agrées vous en proposent un peu partout et à tous les prix.

Vous voulez découvrir l’histoire des parfums et cosmétiques ? Bienvenue au Labo de Cléopâtre .

Cet article et ces photos sont la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.

Le pomander du Labo

Cela faisait longtemps que je projetais la reconstitution d’un parfum de pomander lorsque je tombai sur une recette du 16 ème siècle donnée par un célèbre parfumeur.

Du pomander, qui fut surtout et qui demeure un bijou – un ornement qu’on peut encore rencontrer dans des ventes d’antiquités – on connaît surtout l’aspect visuel. Tomber sur des pomander lors d’une recherche en ligne, sur Pinterest ou autre, nous permet de rencontrer des objets historiques d’une très grande beauté parfois, et d’une grande originalité.

D’ailleurs, il s’en fait toujours : certaines grandes maisons de parfums l’ayant adapté au goût du jour dans des compositions employant des techniques modernes.

Mais en réalité, ce qui caractérise le parfum du pomander, ce sont au contraire les techniques et les senteurs anciennes, à tel point qu’une fois terminé, c’est un ovni d’une puissance olfactive rarement connue auquel on se confronte. Il faut dire qu’ayant plus l’habitude du raffinement et de l’équilibre des parfums antiques, ceux issus de la Renaissance jusqu’au 18 ème siècle changent du tout au tout !

C’est surtout vrai du pomander qui concentre – dans une mode où se mêlent conceptions hygiéniques et religieuses – toutes les substances à parfums les plus puissantes découvertes en Orient à la suite des Croisades, voire, du Nouveau Monde nouvellement colonisé. Musc, ambre, civette et autre Baume de Tolu imposent leur puissance pour compenser l’absence d’hygiène dans un pomander qui devient le porteur de pureté. Car il est censé aussi bien protéger contre les épidémies que contre les esprits malfaisants. « Les plus étonnantes de ces pommes de senteur, censées protéger des miasmes et des épidémies, prenaient la forme d’une sphère inspirée de la grenade. » explique Bimbenet-Privat dans le Bain et le miroir (soins du corps et cosmétiques de l’Antiquité à la Renaissance)

Le bain et le miroir, collectif très complet sur l’histoire des cosmétiques en Occident, nous révèle aussi un usage du pomander finalement plus important et plus complexe qu’attendu, et qui cadre bien avec les objets nombreux et parfois très prestigieux objets conservés dans les musées, ou proposés sur les marchés d’antiquités.

Ainsi, le pomander était porté dans toutes les classes de la société – au cou, à la ceinture, au poignet, etc.. – n’était destiné qu’à être senti de façon brève et se portait même sans être visible, tel un talisman protecteur sous un vêtement. De fait, on en portait souvent plusieurs sur soi. Ceux destinés à être vus sont les plus artistiques et les plus ouvragés. De plus, objets ordinaires associés à des pratiques sanitaires et pieuses, il faisait partie de la dot des jeunes filles de classe marchande.

Un peu comme à toute époque, si le pomander était commun, les qualités du bijou et du parfum qu’il contenait dépendaient de la classe sociale de celui qui le portait. Oui, « celui », car le pomander était porté également par les hommes, l’usage étant plus médicinal et hygiénique qu’autre chose – selon les conceptions anciennes où on se méfiait de l’eau.

Le 17 ème siècle où il perdit sa crédibilité – en tant qu’objet prophylactique et magique apte à repousser les épidémies et influences néfastes – amorça son déclin. Le pomander passa complètement de mode au milieu du 18 ème siècle.

Pomander victorien en bois du 19 ème siècle.

Reste que le pomander, comme objet, continue de figurer au catalogue d’antiquités, dans les collections privées et dans les musées de la Renaissance et la vie traditionnelle.

Le parfum, quant à lui, est caractéristique de l’histoire de la parfumerie occidentale, à ce moment charnière où, revenant de Croisades, l’Européen redécouvre les parfums par l’influence arabe et leur goût pour les senteurs. Un goût qui, clairement, nous est passé depuis, mais qui est malgré tout inscrit dans notre histoire culturelle.

Oui, pendant quelques siècles, la France, l’Europe aimaient les muscs les plus entêtants, de ceux qu’on a du mal à supporter aujourd’hui.

Le pomander du Labo de Cléopâtre

Il se compose d’une chaîne avec un bijou cage contenant une boule de pâte dont la recette était destinée à une riche maison – par la présence des musc et ambre gris, matières premières qui ont toujours été les plus chères de la parfumerie.

La recette a été refaite à 100% – aucun ingrédient ne manquant à sa composition à l’atelier du Labo – et a demandé plus d’une semaine de réalisation avec des techniques encore jamais vues auparavant – ce qui en a fait une expérience fascinante.

Par contre, n’y cherchez pas d’odeur délicate de fleurs, il n’y en a aucune ! Cette recette semble être un concentré de tout ce qui se trouvait de plus odorant à l’époque où elle a été réalisée.

En revanche, ne contenant pas non plus d’ingrédients issus du Nouveau Monde, elle est certainement d’origine orientale : musc, ambre gris et civette étant de grands classiques de la parfumerie arabe du Moyen-Age et dont le goût perdure en Orient.

C’est une recette aux techniques archaïques, sans ajout d’huiles essentielles qu’on maîtrisait encore mal à l’époque. C’est surtout une occasion de découvrir un authentique parfum historique typique de la Renaissance, à réserver en priorité aux musées, aux amateurs de cette époque, aux historiens et reconstituteurs de costumes d’époque.

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Les 12 nuits sacrées

Depuis plusieurs années déjà, la boutique du Labo de Cléopâtre vous propose pour la période des fêtes de fin d’année, de retrouver une tradition spirituelle celtique toujours vivace chez certains de nos voisins comme les Allemands du Sud, Autrichiens, tyroliens, etc..Le rituel possède de nombreux suiveurs et fidèles dans les pays où la tradition reste vivace, et quelques-uns qui commencent à s’y mettre, par le biais de ce blog, de la boutique et surtout de la Page FB où j’accompagne les pratiquants du 25 décembre au 6 janvier.

Traditionnellement, cette période de 12 jours correspond à l’ancien Yule celtique, période de renaissance du soleil, caractéristique du Solstice d’Hiver. Comme pour chaque Solstice, c’est à la fois une période d’acmé dans un phénomène cyclique en même temps qu’une lente remise en route dans le sens inverse de celui-ci. Ici, en même temps qu’on entre dans l’hiver, les jours rallongent, nous conduisant du même coup de manière certaine vers la renaissance du printemps. Comme souvent dans nos traditions, la période pénible à traverser ne se fait jamais sans être accompagnée d’espoir.

Ce moment particulier de l’année possède plusieurs noms très imagés : les 12 corbeaux, les 12 nuits sacrées, les nuits difficiles. Traditionnellement, on pense que c’est une période où le voile entre les mondes est le plus fin et où les démons, esprits, habitants de l’Autre Monde peuvent se rencontrer très facilement – comme on le croit d’ailleurs pour la fête d’Halloween -. Dans leurs célébrations de cette période, nos voisins le symbolisent très bien à travers leurs costumes et masques effrayants et démoniaques qui nous viennent de traditions de bergers remontant à la Préhistoire.

KRAMPUS,MASKEN,Schwarzachtal Pass e.V ; KRAMPUS Verein in Neuburg vorm Wald, Oberpfalz, auf der Schwarzenburg, vor der Schwarzwirhberghütten. und in der Werkstatt von Timm Buckley, DEIFLS WERK. auf der Burg mit den Masken:Timm+Anja Buckley, Familie Chris+Silvie+Tochter Juliane,Mitglieder des Schwarzachtal Pass eV

Pour se protéger des mauvaises rencontres avec des âmes en peine de sortie pendant ces jours froids où les nuits sont longues, on a recours à un rituel de fumigation de son habitation. Le rituel ne consiste pas en plus que ça, mais il possède malgré tout quelques obligations et traditions de base :

  • Il doit être pratiqué pendant ces 12 jours dans les habitations mais aussi les dépendances – signe d’un temps où c’était une tradition rurale – étables, remises, ateliers, hangar, etc..
  • Traditionnellement, l’encens utilisé était composé de plantes ayant été cueillies du 15 août au 8 septembre, période où les plantes sont les plus odorantes.
  • Il est composé d’un mélange de 7 à 77 plantes, ce qui en fait un mélange à chiffre très symbolique (à la boutique, le mélange Purification contient 7 plantes).
  • Le rituel hier : gardiens de la tradition celtique, nos voisins sont particulièrement attachés aux plantes indigènes, celles qu’on trouve en Europe. Une habitude qui tranche avec celle des gréco-romains qui, dès l’Antiquité, avaient du goût pour les plantes à parfum exotiques venus d’Inde ou d’Arabie. Une habitude qui correspond bien à cette civilisation de voyageurs et de conquérants, mais moins à celles de peuples plus sédentaires comme les Germains. A l’heure des questions sur la mondialisation, le goût de ces peuples et germains semble revenir d’actualité.
  • Le rituel aujourd’hui : la tradition de fumigation pendant 12 jours ayant perduré, elle s’est enrichie de toutes les plantes à parfum du monde apportées par le commerce. Précises et spirituelles, associées à certaines énergies particulières, leur mélange permet de cibler des intentions au travers des énergies de la fumigation. Et effectivement, les encens propres aux 12 corbeaux sont des mélanges dans lesquels entrent facilement plus de plantes européennes qu’il n’en est proposé dans les types de mélanges usuels mondialisés et courants sur le marché de l’encens à usage spirituel.

  • Comment fonctionne ce rituel : il est assez simple et ne demande pas de croyance autre que celle d’énergies particulières propres à cette entrée dans l’hiver et des fêtes de fin d’année. On est à cette période où on s’apprête à quitter une année et à entrer dans une autre. Il est donc temps de faire place à de nouvelles énergies et se débarrasser des anciennes. Il y a donc 2 possibilités :

  • La purification et l’intention : le rituel est partagé en 2 pratiques de fumigations différentes :
  • du 25 décembre au 1 janvier, celle de purification des énergies de l’année finissant, à base de 7 plantes.
  • du 1 au 6 janvier, celle d’intention particulière en fonction des énergies que vous voulez inviter chez vous pour cette nouvelle année – sachant que chaque fumigation se fait avec prières d’intentions simples prononcées mentalement ou verbalement, comme vous préférez.
  • Les coffrets Tradition 12 corbeaux avec intentions :
  • Le coffret Bénédictions, pour favoriser leurs énergies pour cette nouvelle année.
  • Le coffret Famille, pour améliorer les relations familiales.
  • Le coffret Courage, pour attirer ce type d’énergies chez vous.
  • Le coffret Amour, si vous souhaitez plus d’affection dans votre vie pour l’année à venir.

En vidéo, un festival de Rauhnacht, tradition européenne survivant chez certains de nos voisins.

Cet article est la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de le reproduire sans l’autorisation de leur auteur. Les images sont la propriété des sites où ils ont été trouvés – Perlesreut.de et Bayern.by – sauf celle de l’encens, qui appartient au Labo de Cléopâtre.

Le kyphi de Damocrates

Lors de diverses recherches sur le kyphi, un bon article en ligne qui lui était consacré prétendait que celui-ci avait été utilisé en médecine jusqu’au 13 ème siècle. Pour moi qui reconstitue des kyphis historiques en essayant d’aller au plus près de la recette originale, pouvoir retrouver la recette de ce kyphi tardif était un rêve. Mais c’était surtout la preuve que ce produit avait fait partie de l’histoire de la médecine et des parfums jusque très tardivement.

De là à penser qu’on l’avait utilisé jusqu’au 18 ème siècle, je ne m’y serais pas risquée. Et pourtant. C’est bien une recette de kyphi, employé comme remède parmi d’autres recettes de la pharmacopée des siècles allant de Louis XIV à Louis XV que je retrouvai un jour dans un manuel de pharmacie ancienne. Une trouvaille qui avait de quoi étonner si on ne se souvenait des pièces de Molière – comme Le médecin malgré lui – qui raillent une médecine d’un siècle où parler latin et citer les Anciens suffisait à faire illusion et imposer le respect. De fait, les livres de pharmacie de cette époque sont pleins de recettes de Galien, d’Avicenne et autres médecins de l’Antiquité et du Moyen-Age.

Dans ces circonstances, il n’est donc finalement plus si étonnant d’y retrouver une recette de kyphi. Celle-ci est mentionnée comme la recette de Damocrates, un médecin de l’Antiquité assez tardive qui a réellement existé mais que je n’avais jamais rencontré lors de mes recherches.

Le kyphi, je le connais bien, je le pratique très régulièrement, et il doit être le produit le plus vendu de ma boutique de par le monde. Pour autant, un kyphi comme celui-là, je n’en avais encore jamais vu ni fait. Effectivement, sur une base d’ingrédients identiques, le kyphi de Damocrates s’est payé le luxe de la nouveauté, m’a surprise et contrainte à l’adaptation pour le réussir.

En effet, ce kyphi se présente comme n’importe quelle autre recette classique : des raisins trempés dans du vin, du miel, des résines et des aromates. Jusque-là, c’est un kyphi traditionnel. Sauf que le poids et le volume d’aromates et résines dépasse largement le mélange fruité, ce qui donne à la pâte une texture tout à fait inattendue. Si bien qu’à ma grande surprise, à la fin du mélange, je me retrouve avec un produit à la texture de pâte sablée plutôt qu’à celle de la purée fluide dont j’avais l’habitude.

Pas habituée à cette texture, je décide malgré tout de la façonner immédiatement, parce que c’est écrit de les façonner tout de suite – contrairement à la pâte de kyphi traditionnelle qui nécessite plusieurs jours de séchage avant que ce soit possible. Alors, oui, ça peut et même doit se façonner immédiatement. Car contrairement à d’habitude aussi, la texture ne colle pas et prend immédiatement la forme qu’on lui donne – et ce avec une plus grande rapidité que d’ordinaire. Sa grande malléabilité me pousse alors à utiliser des moules – ce qui devient possible pour la première fois, avec ce nouveau kyphi.

Au lieu d’un kyphi réalisé en plusieurs semaines voire plusieurs mois, je me retrouve avec un produit moulé en une après-midi, et sur lequel il n’y aura plus de travail à faire ! Les gens de l’Antiquité avaient donc trouvé au fil des siècles, le moyen de moderniser à ce point ce produit que la forme encore usitée chez nous au 18 ème siècle était une sorte de kyphi express, plus riche en ingrédients odorants et supposément actifs que ceux des premières recettes qu’on brûlait à la divinité.

Avec sa formule inchangée sauf dans le nombre d’ingrédients aptes à transformer la texture du produit de façon à être utilisé très rapidement en médecine par les Grecs, le kyphi de Damocrates semble nous raconter l’histoire de l’évolution d’une technique de production d’un médicament qu’on semblait trouver efficace depuis son origine mais qu’on a voulu rendre disponible beaucoup plus rapidement. Du supposé Damocrates, contemporain de Pline, au manuel de pharmacie où a été trouvée la recette – qui laisse supposer que celle-ci était encore un remède qu’on faisait couramment – il y a bien 17 siècles de distance ! Et pourtant ! Bien qu’il semble être resté le seul utilisé en médecine, force est de constater que le kyphi de Damocrates est loin d’être resté un produit de l’Antiquité.

Dans sa version laïcisée, médicalisée et expresse, il semble avoir conservé assez de prestige et de croyance en son efficacité pour traverser les millénaires au-delà d’une fonction d’encens destiné au dieu Râ, au point même d’avoir fait partie de l’histoire de la médecine et de la pharmacie françaises.

Au passage, cela semble aussi nous raconter l’histoire d’un produit qu’on a voulu rendre plus efficace en augmentant sa vitesse de production, lui permettant peut-être d’être aussi durable dans le temps, à la faveur conjuguée de sa réputation de longue date et de sa grande aisance de production et d’utilisation dans un monde qui avait de plus en plus besoin de remèdes.

Vous retrouvez le kyphi de Damocrates sur la boutique du Labo. Contrairement aux autres kyphis, il est maniable et chaque pastille peut se casser très simplement pour l’employer de façon plus durable.

– Le kyphi de Damocrates sur la boutique du Labo

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La laitue sauvage dans l’Antiquité

Parmi les plantes utilisées dans les produits du Labo, il y a les plantes à parfum et les plantes actives. L’une des plus intéressantes, si ce n’est la plus intéressante de toutes par son histoire, sa symbolique et son efficacité est la laitue sauvage, que je mets nécessairement dans plusieurs produits pour son importance dans l’Antiquité, aussi bien pour la civilisation égyptienne que gréco-romaine.

La laitue sauvage est une plante sédative, toute laitue étant d’ailleurs connue pour favoriser le sommeil – sachant qu’elles ont les mêmes propriétés -. Bien sûr, des laitues, il en existe plusieurs, mais ce qu’il y a de plus important est son latex, le liquide blanc qui s’en écoule et d’où lui vient son nom « laitue » issu du mot « lait ». C’est ce liquide qui lui a conféré pour les Anciens toute son importance symbolique et sacrée dans le cadre des premières religions.

Son utilisation remonte à la plus ancienne Antiquité, en Egypte où elle était associée au dieu Min, dont l’apogée du culte remonte à 3150 avant J-C, avant le règne des pharaons eux-mêmes, précise l’ouvrage Sexus Joyus de Vicky Léon. Par la suite, fusionné avec différents dieux plus tardifs et remarquables du panthéon égyptien, comme Amon ou Horus – dont on ne reconnaît la présence de Min qu’à leur représentation en érection – il ne reste plus trace de ce dieu indécent et ityphallique, caractéristique des divinités masculines de la fertilité. Un effacement qu’on peut reconnaître comme le signe d’une société qui s’enrichit, se complexifie, et gagne en puissance.

Le même phénomène exactement s’est produit avec le dieu Pan, seul dieu dont on annonça de plus, la mort. Dans ses amours ratées, des ridicules, ses tentatives de viols sur des nymphes et ses divers rôles de faire-valoir, la mythologie nous montre assez le peu de valeur qu’on lui donnait, comparé aux Olympiens. On a un peu le même sentiment avec ce dieu Min dont on ne sait pratiquement rien et qui fait pâle figure à côté des remarquables personnalités que constituent des Horus, Osiris, Anubis, Amon, qui ont marqué l’histoire de l’Egypte pharaonique en inscrivant leur silhouette caractéristique dans la pierre.

Et surtout, son sexe en érection qu’il tient dans sa main est loin de l’image royale et digne à laquelle l’imaginaire égyptien pharaonique nous a habitués. Les moeurs associées à son culte non plus, d’ailleurs, comme l’explique Vicky Léon dans l’ouvrage déjà cité :

« En tant que principale divinité de la puissance sexuelle masculine, Min portait le fléau des moissons dans une main, et son organe dressé dans l’autre. ses fêtes étaient spectaculaires, parfois même orgiaques. (…)Les personnes qui prenaient part à la fête s’amusaient dans le plus simple appareil, le clou de la fête étant une compétition où il s’agissait de monter en haut d’un mât enrubanné. Naturellement, lors de ces fêtes, on mangeait essentiellement de la laitue. Quand on les pressait ou les frottait, une substance laiteuse s’en échappait qui, pour les Egyptiens, s’apparentait à du sperme. (…)on pensait que cette laitue contenait des propriétés opiacées et aphrodisiaques (…). »

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Dans la mythologie grecque aussi, la laitue était associée à la sexualité et au sperme, mais avec des effets inverses, et donc associé à une forme de terreur, comme le démontre cette histoire racontée par Catherine Clément dans le dictionnaire amoureux des dieux et des déesses et qui met en scène Héra :

 » La laitue est un manger de cadavre qui frappe d’impuissance les mâles grecs, qui n’en consomment jamais, à l’exception des Pythagoriciens. C’est aussi un manger de femme, à condition de ne pas croquer le coeur craquant d’où sort un jus blanc, le sperme de laitue. Héra est enceinte du coeur de laitue et accouche d’Hébé, la jeunesse. »

Au I er siècle, Pline fait remarquer ses vertus sédatives et la préconise pour le sommeil. Elle est toujours actuellement un des remèdes naturels les plus célèbres contre l’insomnie, ce qui vaut à cette plante d’être vendue en herboristerie sous différentes formes et de bénéficier d’une certaine popularité qui, on peut le voir, est loin d’être neuve. C’est particulièrement vrai, semble-t-il, de son latex – le sperme des Anciens, dans une logique proche de celle des signatures de Paracelse, qui voulait qu’une plante ressemble à ce qu’elle devait guérir.

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Voilà pourquoi dans quelques produits aphrodisiaques et égyptiens du labo, vous allez retrouver cette plante, par respect des conceptions des Anciens dans :

– Le kyphi intégral

– le kyphi intégral d’exception

– Les kyphis aphrodisiaques et sédatifs

Dans ce dernier, vous pourrez le comparer à une autre plante aphrodisiaque et sédative de l’Antiquité, le lotus bleu, toujours utilisé pour ces vertus aujourd’hui.

Pour la culture gréco-romaine, en revanche, fidèle à leurs croyances, il n’y en a que dans un produit sédatif de ma création, sur la base des conceptions anciennes :

– Encens de sommeil

Une invitation à découvrir les croyances des Anciens et les expérimenter le temps d’une fumigation de simple détente, ou amoureuse, sous les auspices du malicieux mais oublié dieu Min.

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Parfum antique, parfum traditionnel

C’est un propos sur lequel je reviens assez souvent, que l’expérience et la pratique m’ont fait adopter : ce que nous appelons parfum antique est quelque chose de toujours vivant dans les sociétés traditionnelles, ce qui me pousse à le considérer non comme le parfum antique mais le parfum traditionnel. En effet, ce que nous considérons comme le parfum des Anciens – car il était utilisé dans l’Antiquité, et avec lequel nous nous sentons tellement en décalage temporel – est en réalité celui que nous utiliserions encore si, à partir de la fin du XIX ème siècle, la chimie n’était venue remplacer les molécules odorantes au nombre de centaines dans une matière première naturelle par d’autres molécules moins complexes qui en imitent l’odeur.

Depuis, nous nous y sommes habitués et c’est devenu une culture telle que nous sommes capables de dire qu’un parfum sent un ingrédient qui n’y est pas du tout mais qu’on nous a appris aussi à reconnaître pour tel et qui de fait, lui ressemble un peu. Pourtant, si on remonte un peu en arrière, juste au XVIII ème siècle, on trouve des livres de pharmacie contenant des recettes de parfums aux ingrédients encore naturels et qu’on peut reconnaître comme étant celles des médecins de l’Antiquité, notées dès le I er siècle. Du I er au XVIII ème siècle, on peut vraiment parler d’une belle longévité.

Certes, ça ne s’est pas passé de façon aussi idéale, et après une éclipse dans laquelle les livres antiques furent perdus au nom du christianisme triomphant, on a fini par les faire revenir d’Orient où ils s’étaient réfugiés. Entre temps, la distillation est passée par là, mais avec la fugacité d’un parfum volatil dont l’alcool s’évapore, un parfum sec ou une boule parfumée d’ambre, de storax, de civette ou d’iris tels que ça existait pour parfumer gants et pomandiers, étaient bien plus durables dans le temps même si plus légers et discrets à la première rencontre.

Le parfum traditionnel, c’est une culture; celle dont il faut se déprendre : la chimique, – qui est répandue parce que souvent bon marché mais qui n’est pas si universelle – et celle qu’il faut découvrir, la naturelle et qui fait nos parfums initiaux, originels, dont les racines sont la Terre depuis l’aube de l’humanité – sous des formes parfois si inattendues comme une racine longue au séchage ou du vomi de cachalot.

En soi, puisque cette culture est locale, puisque nous n’avons pas la même culture du parfum selon que nous sommes européens, africains, asiatiques, etc..et ce jusqu’à des raffinements très spécialisés – comme pour toute culture ancienne -, elle est malgré tout universelle. Partout, en effet, on a employé et on a eu du goût pour ce qui poussait à proximité, ou ce que l’histoire des échanges commerciaux nous avait permis de découvrir de senteurs exotiques attisant le désir, les rêves de luxe et ouvrant les voies commerciales au trafic bien organisé comme les célèbres routes de l’encens. Un goût encore sublimé par la culture poétique et religieuse, le parfum servant autant les désirs amoureux que les dévotions aux dieux.

En effet, la poésie antique, la Torah, la Bible de Jérusalem comme les descriptions de jardins au Moyen-Age foisonnent d’évocations parfumées, d’images olfactives, de métaphores odorantes et amoureuses, particulièrement dans le Cantique des cantiques mais aussi dans la mythologie grecque. Mais qu’on ne s’y trompe pas ! Même dans l’invention d’un parfum chimique, le plus grand critère de réussite est d’être parvenu à imiter un ingrédient naturel, qui reste la référence incontestée même si, dans la réalité de nos perceptions, nous pouvons en être bien plus déconnectés que ce que nous pensions. Une femme qui sent la vanille fait peut-être rêver, mais qu’en est-il si on nous dit qu’elle sent la vanilline ( Vanille et Vanilline de synthèse ) ?

Dans les poésies omanaises, algériennes contemporaines mais traditionnelles, on évoque toujours l’encens, la rose, les épices comme au Moyen-Age on réunissait dans un même jardin des espèces inconciliables dans la nature mais que le goût, la culture et l’imagination avaient réunies : le nard, la myrrhe, le cèdre, l’encens, la cannelle..

Les parfums dits anciens, on les retrouve encore actuellement dans les préparations traditionnelles : colliers de perles parfumées artisanales de traditions algérienne, malienne, sénégalaise, les malas et bracelets de bois de santal, ou de oudh de la tradition asiatique, les rosaires de pétales de roses compressées de la tradition catholique. On les retrouve aussi dans les encens destinés à parfumer les vêtements, un peu partout en Afrique, au Moyen-Orient, en brut, ou transformés par une culture du parfum qui ne s’est pas reniée et cumule tout son savoir – des matières premières naturelles aux derniers parfums à la mode mêlés dans des créations nouvelles – dans des thiourayes et bakhoor.

On les retrouve également au Japon, qui préfère les senteurs naturelles et les belles matières premières – bois d’agar, de santal, de cèdre du Japon – dont il fait brûler le parfum délicat dans les tissus précieux ou tout simplement en les rangeant dans des meubles de bois parfumé. Quand j’étais étudiante, j’avais une amie japonaise qui rangeait ses mouchoirs dans un petit meuble en bois de santal pour qu’ils aient ce parfum. Autrefois, ça n’avait pas grand sens pour moi. Mais aujourd’hui que je travaille les senteurs antiques et traditionnelles, non seulement je le sais, mais cette façon qu’a le bois de santal de dégager son parfum me la rappelle, elle et l’appartement qui s’était imprégné de l’odeur naturelle du bois brut.

Ces expériences vous paraissent étrangères ?

A moi aussi, avant, cela faisait ça. Maintenant, elles parlent le même langage que les diapasmas, les encens antiques, les fumigations et kyphis que je propose dans ma boutique. Et vous le voyez, ce n’est pas un bond spatio-temporel qui a été fait mais un bond culturel dans les mentalités. Ce qui me fait dire ça ? On a essayé d’imposer les parfums chimiques aux Japonais. Mais on ignore pourquoi ils n’en ont pas voulu et sont restés au bois d’agar, au cèdre, santal et à l’huile de camélia.

Enfin, on ignore pourquoi…En vérité, on le sait !

(Photo à la UneParfum sec de roses, recette grecque ancienne; poudre junko du Japon multi-usage comme les parfums secs de l’Antiquité et toujours en usage comme déodorant et pour parfumer les kimonos; gowe, souchet qui sert de base à de multiples parfums africains )

Cet article et photos sont la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur. !

Le jardin des dieux en images

En tant qu’artisane des senteurs, qui reconstitue les parfums de l’Antiquité, il n’est pas facile de communiquer la façon toute symbolique et sacrée dont je vois les végétaux avec lesquels je travaille. Dans l’Antiquité comme dans toute société traditionnelle, les éléments de l’environnement qui sont vitaux et qu’on reconnait comme tels, acquièrent une dimension sacrée qui va structurer la mythologie et pénétrer profondément la culture.

Des évidences avec lesquelles notre société de surabondance et de chimie est plutôt en rupture et qu’elle peine à ré-apprendre, pour des raisons bien compréhensibles.

Dans le livre « Le jardin des dieux », de Laure de Chantal, les végétaux au cœur de la mythologie gréco-romaine vous sont racontés et remis dans une perspective historico-culturelle qui a l’avantage de faire la lumière sur cette importante.

Un travail magnifique sublimé par le travail d’illustration de Djohr Guedra, qui s’appuie sur des planches botaniques de gravures du XVIII et XIX ème siècle, renforcées. par des sur-impressions colorées et symboliques qui parviennent à unir en une seule image la forme de la plante et la culture qui lui fut associée jusqu’à la poétique. Ce qui, moi, me renvoie symboliquement au travail de reconstitution des parfums anciens.

Ici la myrrhe, dont l’histoire est associée à Aphrodite, une malédiction divine, un inceste, et son grand amour, le bel Adonis. Une histoire de transformation végétale.

Le beau Narcisse, lui aussi victime d’une malédiction divine et épris de lui-même, dont le symbole se trouve dans l’image en miroir. Le jaune de la fleur reste la couleur symbolique de la trahison. Ici encore, c’est une métamorphose dont Ovide aimait nous raconter les histoires.

La menthe, associée à Perséphone et aux Enfers, dont la symbolique est mise en valeur ici par le rouge et le noir; rouge qui agit en couleur complémentaire du vert de la plante autant qu’il rappelle le sang des morts. Mais aussi le sang d’Adonis, dont Perséphone était aussi éprise et qui devait passer la moitié de son temps aux Enfers avec elle…

Le laurier d’Apollon, Daphné transformée pour lui échapper, plante de divination, plante poison dans la majorité de ses espèces autres que le véritable, plante de la gloire, avec ses baies qu’on allait cueillir quand on avait réussi ses examens et qui nous restent dans le nom de notre premier diplôme : baccalauréat, qui veut dire baie de laurier.

Enfin, un petit dernier : l’olivier d’Athéna, ce don utile qu’elle fit à la ville et qui lui valut son patronage et son nom. Ici, les racines dans le temple font référence à l’Acropole, sur lequel temple d’Athéna et olivier sont liés depuis toujours, entremêlant leurs racines à celles de l’histoire d’Athènes..

Cet article est la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de le reproduire sans l’autorisation de son auteur. Les illustrations sont de Djohr Guedra pour le livre Le Jardin des Dieux de Laure de Chantal.

 

Brûle-parfum de l’Antiquité

 

Prises au Musée du Louvre, ces photos de brûle-parfum de l’Antiquité donnent un aperçu des pratiques de fumigation qui avaient cours chez les Anciens.

Les quatre premières concernent l’Egypte antique : la première photo montre un autel classique, la seconde est un encensoir à main dont l’usage et la pièce perdue ont pu être devinés grâce à la représentation du Pharaon Ramsès faisant une offrande parfumée.

Les autres photos sont des brûle-parfum issus du Département des Antiquités Orientales, trouvés en Arabie dans l’Antiquité. On y trouve d’ailleurs représentés les animaux typiques de cette région qu’on y trouve encore et qu’on vénère toujours comme de précieuses aides et pourvoyeurs de vie.

Celui portant des inscriptions est nominatif et célèbre la personne qui a offert le brûle-parfum, un homme devenu gouverneur, à son seigneur. Ces offrandes sont associées à des pratiques propitiatoires et magiques censées éloigner le malheur et attirer la bonne fortune sur le lieu.

 

 

Cet article et ces photos sont la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.