Senteurs de Noël du Labo de Cléopâtre

A l’occasion de Noël, outre les encens traditionnels de Noël dont il a été question sur le blog ici, ici, j’ai créé plusieurs coffrets de senteurs spécifiques antiques et artisanales à offrir ou s’offrir, dans un cadre et un univers particulier, proche de l’imaginaire antique.

  • A la Une, le coffret kyphi lotus d’exception comprend un photophore en forme de lotus formé de coquillages, 10 pastilles de kyphi de lotus et une fleur de lotus bleu, symbole de la Haute-Egypte dans une boîte Ankh, symbole de vie des anciens Egyptiens qu’on voyait dans la main des dieux représentés sur les fresques. La fleur de lotus, outre sa beauté, est un sédatif doux et un aphrodisiaque employés dans l’Antiquité jusque chez les Romains !

 

Coffret kyphi lotus d’exception

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  • Dans le coffret Noël celtique, L’encens des 12 corbeaux – encens purifiant de la culture celtique allemande qui s’utilise en fumigation rituelle dans le foyer du 25 décembre au 6 janvier – a été décliné en coffret accompagné d’un photophore aux symboles celtiques et d’une bougie chauffe-plat. Un best seller de ma boutique artisanale auprès des païens et pratiquants de l’Art du monde entier, qui peuvent ajouter un rituel authentique à leurs pratiques de Yule.

Coffret Noël celtique

Coffret 12 corbeaux 1

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coffret nuit indienne

  • Le coffret Nuit indienne associe un encens antique et artisanal issu de la littérature indienne à une élégante petite boîte dorée siglée de Om et une lampe à ghee que vous pouvez utiliser comme telle bien qu’elle soit livrée avec une bougie chauffe-plat. De quoi se faire une ambiance des Mille et une nuits.

Coffret nuit indienne

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Coffret Noël chrétien

  • Enfin, Noël, c’est aussi et surtout la tradition chrétienne. Dans le Coffret Noël chrétien, je propose donc cette année mon encens Offrande des Rois Mages contenant le meilleur oliban d’Oman et la meilleure myrrhe de Somalie associés à de la feuille d’or, dans sa boîte dorée et nacrée, accompagné d’une bougie de dévotion à l’enfant Jésus, auxquels vient s’ajouter en plus un rouleau de charbon.

Coffret Noël chrétien

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Coffret encens individuel 2

  • Enfin, certains encens sont proposés à offrir en pochette individuelle pour les découvrir parmi les suivants : encens de Gilgamesh, encens de mariage mythologique, encens de sommeil, encens d’Aphrodite et encens de Dionysos.

Pochette encens individuel

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  • Les senteurs du Labo, ce sont aussi des parfums huileux, réalisés selon des recettes authentiques qui nous restent des auteurs de l’Antiquité – les médecins, puisque les parfumeurs ne nous ont rien laissé mais que les médecins avaient des recettes odorantes auxquelles ils donnaient des vertus médicinales.

Je vous propose donc, ce Noël, un parfum huileux de roses et un parfum de fenugrec, issus de Dioscoride, 100 % artisanaux, naturels, sans huiles essentielles et réalisés à la main par mes soins, selon les techniques de macération dans l’huile, comme on le faisait à l’époque.

Coffret parfum de rose

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Coffret parfum fenugrec

Parfum fenugrec 2

Je vous souhaite de très bonnes fêtes de Noël et de fin d’année, accompagnés de ceux que vous aimez et vous souhaite le meilleur pour l’année prochaine. A bientôt sur les blogs ! 

Cet article est la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de le reproduire sans l’autorisation de son auteur.

 

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J’ai croqué une olive…

Oui, ce n’est pas un titre qui paraît attirant pour un article. Des olives, on en trouve partout et facilement : c’est un condiment qui assaisonne merveilleusement nombre de plats méditerranéens et qu’on trouve vendu un peu partout dans l’industrie agro-alimentaire ou sur les marchés, où on vend les épices.

Quand je dis que j’ai croqué une olive, je parle d’un fruit que j’ai cueilli directement sur un arbre, un de ces multiples oliviers qu’on trouve dans le quartier très vert de Kifissia qui mène à la ligne de métro qui relie Kifissia au Pirée, dans les environs d’Athènes. C’est un quartier extraordinaire où les trottoirs ne sont pas accessibles aux piétons car les arbres qui les ornent y poussent librement et les défoncent. Et quels arbres ! Arbres fruitiers, orangers, oliviers, des pins et autres espèces méditerranéennes de toute beauté.

C’est en voyant une olive sur son arbre que je décidai de la cueillir pour la déguster brute, autrement que je l’avais toujours fait. Elle était noire, ce qui indique à peu de choses près qu’elle était mûre, ce qui devait assez être le cas puisqu’on était fin octobre, qui en est presque la saison – du moins, si j’ai bien compris ce que j’ai lu…J’ai donc croqué dans cette olive et j’ai goûté un fruit très gras, et désagréable d’amertume.

Amère et grasse, l’olive, telle qu’elle est réellement, j’ai découvert que nous n’en avions pas l’expérience. Et de fait, ce fut le début du constat que nous ne la connaissions pas. J’ai gardé le fruit longtemps pour le goûter et le toucher à nouveau, pour m’imprégner des sensations et informations contenues dans cette rencontre.

L’histoire mythologique d’Athènes est elle-même liée à l’olivier. L’olivier d’Athéna, qu’on trouve sur le Parthénon et dont on retrouve le symbole sur les monnaies historiques de la ville – et encore aujourd’hui sur les pièces grecques d’un euro – avec la chouette, animal symbolisant la déesse, est au coeur de l’histoire fondatrice de la cité.

Poséidon et Athéna se disputaient la cité. On leur demande, pour les départager, de faire un don comme seuls les dieux savent en faire, à la ville qu’ils convoitent; le plus beau cadeau déterminera le vainqueur. Poséidon frappa le sol et fit apparaître une source d’eau salée; Athéna offrit l’olivier. On considéra que l’olivier était plus utile qu’une source d’eau salée et elle gagna la ville dont elle porte toujours le nom : Athina.

Le rapport que nous entretenons à l’olive est donc souvent faussé. Sans exception, sa grande utilité, son miracle tient dans le fait que c’est un fruit dont la graisse s’obtient simplement, par pressage. Entre mes doigts, le fruit glissait de sa propre graisse comme ne le fait jamais aucun fruit et comme on ne le peut voir quand il sort de la saumure, dans son eau salée qui change sa texture et brouille les informations sur sa nature réelle. Bien que noix et noisettes soient également des oléagineux, aucun fruit comme l’olive ne révèle avec une telle évidence et une telle générosité, sa grande richesse en matière grasse.

D’instinct, dans l’alimentation, l’Homme cherche le sucre et le gras pour pouvoir survivre. Cette graisse, ce sucre qui nous font prendre du poids quand ils ne sont pas mobilisés pour des besoins immédiats sont généralement des ressources indirectes, qu’on trouve difficilement dans les fruits et quelques légumes racines pour les sucres, dans les viandes animales pour les graisses. Seuls l’olive et le miel, matières brutes, précieuses et très estimées à leur époque regorgent visiblement, et d’une simple pression de doigt, des matières essentielles à la vie et la survie humaine.

Toute cette matière grasse regorgeant des arbres et qu’il suffit de cueillir pour l’obtenir a dû paraître comme une manne divine et providentielle. Un don de la déesse. L’huile d’olive permettait de cuire les aliments, de les consommer, d’entretenir la peau, de la parfumer – puisque l’huile d’olive était à la base des parfums et cérats – et servait aussi à l’éclairage. Une richesse précieuse dans tous les domaines. Le vainqueur des jeux olympiques recevait une année entière de consommation d’huile d’olive, ce qui représentait une économie considérable. Au gymnase, on entretenait son corps à l’huile d’olive dont on raclait le surplus avec un strigile pour ne pas tacher les vêtements avec la graisse, dans une pratique assez semblable à celle du gommage qui a toujours lieu au hammam – avec le savon noir, plus gras que les autres savons, et les divers massages à l’huile.

Difficile de croire que toute cette culture disparut avec les conquêtes arabes avant de revenir en force avec les Croisades et la création du savon de Marseille aux alentours du XV ème siècle.

Et les olives ?

Elles aussi paraissent évidentes mais ne le sont pas. Comme sur l’arbre quand j’en ai goûté, elles ne sont pas consommables directement et nécessitent des traitements : saumure, eau de trempage à la soude, divers et nombreux bains, et désormais aussi congélation d’un mois entier. Si bien qu’on ignore à l’heure actuelle à quelle époque l’olive fut consommée comme fruit, mais il certain que ce ne fut pas une évidence.

De fait, si on prend le livre de recettes d’Apicius, cuisinier romain de l’empereur Tibère, au I er siècle après J-C, les olives font rarement partie du festin, du moins dans les recettes qui nous restent. Voici ce qu’en dit Renzo Pedrazzini dans sa Gastronomie d’Apicius; cuisiner romain aujourd’hui :

 » L’olive, fruit de conserve par excellence, se révélait être un élément essentiel de la nourriture dans les régions de culture de l’olivier, surtout chez les petites gens. Au I er siècle après J-C, les variétés cultivées dans la seule Italie sont au nombre de vingt-deux, mais l’on importait également des olives d’Afrique, plus goûteuses selon les gourmets. On conservait les olives dans le sel, le vinaigre, l’amurque, c’est-à-dire l’eau de végétation des olives au pressurage; dans le moût cuit; dans l’huile avec les plantes aromatiques telles que le fenouil. Les plus appréciées sont les olives conservées à l’eau de mer ou à la saumure. »

Attention aussi à  l’huile d’olive elle-même : trop chauffée, elle devient toxique. C’est pourquoi ce n’est pas une huile adaptée aux fritures. Il s’avère donc que l’olive, qu’elle soit en fruit ou en huile, est une manne subtile qui a tout à offrir généreusement, mais qu’il faut manipuler délicatement et avec laquelle rien n’est gagné d’avance. Un fruit passionnant !

Cet article est la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de le reproduire sans l’autorisation de son auteur.

 

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Parfum de fenugrec en images

Parmi les différents parfums qu’on réalisait dans l’Antiquité, des encens, poudres, couronnes et parfums huileux, le plus fascinant est le parfum huileux. C’est en effet celui qui ressemble le plus à ceux que nous connaissons, qui sont de consistance liquide – même si aujourd’hui, le liquide en question est de l’alcool. Dans les pays musulmans, où l’alcool est interdit et où les senteurs sont assez proches de celles qu’on aimait dans l’Antiquité, il continue de se faire des parfums huileux comme le Attar indien devenu rare, mais dont la technique continue d’avoir des adeptes.

Mais ici, à l’atelier, c’est bien une recette antique, une macération huileuse de technique ancestrale européenne et aujourd’hui disparue dans la manière de fabriquer nos parfums, que j’ai reproduite cet été. Venant de Dioscoride, un médecin, elle était probabelement plus employée pour soigner que pour parfumer, les deux objectifs s’opposant dans l’Antiquité mais étant nécessairement proches dans les plantes aromatiques utilisées ainsi que dans les mêmes techniques.

Aucun des ingrédients utilisés dans ce mélange n’est plus vraiment employé dans la parfumerie aujourd’hui, ce qui donne un produit très spécial, d’une grande originalité, mais qui a la particularité d’avoir pu être reproduit intégralement car il demande peu d’ingrédients et d’étapes, contrairement à d’autres aux ingrédients plus complexes ou introuvables, aux étapes exigeantes comme des parfums huileux à base d’ingrédients frais, ou bien tout simplement le célèbre kyphi, qui demande énormément de travail.

Ici, le travail principal est celui de la macération. Après quoi, j’ai filtré.

 

Le produit fini est vendu sur ma boutique Etsy. Produit naturel et artisanal d’une technique de 2000 ans n’utilisant aucun conservateur et ayant été observé dans les ingrédients et proportions exacts, les conditions de sa conservation sont certainement aléatoires et non déterminables pour l’instant. Néanmoins, il est à protéger des rayons du soleil et de l’humidité.

Le parfum de fenugrec sur la boutique du Labo

Cet article et ces photos sont la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.

Déodorants de l’Antiquité

Par cette vague de chaleur, le moment est tout choisi pour vous faire découvrir des déodorants de l’Antiquité qui peuvent s’avérer de véritables alternatives lorsque vous êtes allergiques aux produits chimiques, aux odeurs trop fortes, ou tout simplement curieux des anciennes façons de concevoir la beauté et l’hygiène.

  • La poudre d’alun

La pierre d’alun, qui a fait son grand retour au moyen des cosmétiques bio était déjà connu et utilisé par les Anciens pour sa lutte contre la transpiration. Oribase, grand compilateur de la médecine antique du V ème siècle, écrit ainsi : » Contre la fétidité des aisselles et l’odeur de bouc. Faites des embrocations avec la myrrhe ou l’alun. »

Par embrocation, l’auteur voulait dire que la poudre d’alun ou de myrrhe n’étaient pas appliqués directement sur la peau mais au moyen d’une substance grasse, huileuse, qui adoucissait le côté irritant des grains de la poudre.

( La poudre d’alun, a par contre, le désavantage de déposer des sels d’aluminum sur votre peau, en lesquels on a actuellement moins confiance )

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  • Ingrédients
  • Poudre d’alun
  • Cérat maison à l’huile d’olive ou beurre corporel cacao, olive, etc.IMG_6402
  • Marche à suivre

Sur aisselles propres et parfaitement sèches, appliquez une noisette de beurre corporel ou de cérat mêlé à un peu de poudre d’alun.

  • Les divers diapasmas

Les diapasmas sont des poudres sèches, de végétaux ou de minéraux reconnus dans l’Antiquité comme étant propres à parfumer et faire disparaître « l’odeur de bouc ». D’un point de vue pratique, on pourrait dire que tout ce qui aide à maintenir la sécheresse du corps et empêcher son humidité et donc la survenue des bactéries va empêcher les mauvaises odeurs.

Pour autant, culturellement, il y a ce qu’on est sûr qu’on employait puisque les textes médicaux en témoignent. On a ainsi vu la poudre de myrrhe, à employer comme la poudre d’alun.

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S’y ajoute :

  • de la poussière d’encens – idéale pour recycler les fonds de boîte
  • les feuilles de cannelle

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  • du jonc odorant

On trouvait également de l’épiaire – plante sauvage – des baies de laurier desséché et du myrte desséché.

  • De la poudre d’iris

Toujours employée, et comme la poudre d’alun, de retour après une éclipse, la poudre d’iris peut servir de déodorant à la fois antique et contemporain, puisqu’on le trouve facilement dans les commerces bio ou spécialisés.

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Sur aisselles propres et sèches, appliquez votre poudre de racine d’iris en plusieurs couches afin d’assurer la sécheresse, et appliquer de nouveau si besoin.

  • Les diapasmas élaborés
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Nettoyant de Cléopâtre

Il existait des recettes précises et élaborées de parfums poudreux qui étaient multi-usage et qui avaient surtout la fonction d’empêcher la mauvaise odeur de sueur. En réalité, elles étaient surtout utilisées par les aristocrates et les recettes employées étaient des senteurs célèbres. Dioscoride et d’autres médecins en donnent certaines recettes que vous pouvez découvrir dans ma boutique et auxquelles j’ai donné la fonction de senteur pour le linge mais qui servaient de déodorant et de parfum sec à leur époque. Parmi eux, le nettoyant de Cléopâtre, utilisé sec, peut servir à cet usage.

Les diapasmas de ma boutique et leur histoire sont ici !

  • De la terre de Sélinonte

Comme la terre de Kimolos, la terre de Sélinonte nous rappelle les diverses argiles, kaolin, ghassoul, utilisés pour se nettoyer ou assécher et qu’on utilise depuis des millénaires. Des terres argileuses qui ne laissent pas passer l’eau naissent les sources, puis les rivières et les fleuves. C’est donc tout naturellement qu’on peut employer la poudre d’argile qu’on trouve dans le commerce, sachant bien sûr qu’en fonction de la couleur de peau ou de la volonté de ne pas trop être marqué au niveau des vêtements, on peut choisir parmi les couleurs d’argile.

Au début de cet été, j’ai utilisé le kaolin comme déodorant. Il a bien fonctionné, j’ai donc décidé de le perfectionner un peu en le parfumant à l’Antique, sans huiles essentielles.

  • Ingrédients
  • Poudre de kaolin
  • Storax noir ( sachet de 50 gr)
  • Mortier et pilon
  • Bol
  • Cuillère
  • Bocal ou boîte hermétique
  • Tamis

 

  • Marche à suivre

Dans le bol, dosez 3 cuillères à soupe de kaolin en poudre. Dosez ensuite 1 cuillère de storax que vous mettrez à piler dans le mortier pour le réduire en poudre et que vous passerez au tamis avant de le mettre dans le bol. Ce qui ne passera pas par le tamis devra être moulu de nouveau. Vous doserez et tamiserez ainsi 3 cuillères à soupe de storax avant de mélanger complètement les 2 ingrédients réduits en poudre que vous conserverez dans votre bocal ou votre boîte hermétique.

Vous voilà en possession d’un déodorant naturel qui vous protège de l’humidité tout en vous parfumant juste légèrement.

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Les étapes du kyphi en images

Depuis plusieurs années, déjà, ce blog délivre des articles sur les cosmétiques et les parfums antiques. Mais le Labo de Cléopâtre, c’est aussi un atelier et une boutique artisanale, dont vous retrouvez les produits sur Etsy, dans l’intimité desquels je ne vous fais pas assez entrer.

C’est pourquoi je vous invite dans l’intimité de la réalisation d’un kyphi tel que je le pratique, sachant que j’en propose plusieurs, sur la base des différents textes que j’ai rencontrés sur le sujet qui en parlaient et qui m’ont permis de tenter des recettes, jamais parfaites, jamais semblables, mais qui permettent de s’approcher néanmoins du produit d’origine.

Il y aurait en effet plein de choses à dire sur les végétaux de l’Antiquité contre ceux de l’époque moderne, l’utilisation de ce qu’on appelle une plante toxique et qui n’était pas crainte à l’époque, l’emploi du kyphi lui-même, le choix de remplacer certains ingrédients introuvables par d’autres leur ressemblant, etc. En somme, la question revient entre le « doit-on faire sachant que ce ne sera pas vraiment ça » et « renonçons car nous savons que ce ne sera pas parfaitement ça ».

Dans mon atelier, le verre du kyphi est à moitié plein. Ca tombe bien, outre sa fonction d’encens, il aromatisait aussi le vin, surtout dans sa fonction de médicament ! Et dans ma boutique, il en est le produit phare, puisqu’on m’en a commandé des Bermudes à l’Angleterre, en passant par  la France, l’Irlande, Hawaï, et les Etats-Unis où il est très apprécié – les pays anglo-saxons semblant vraiment être amateurs de kyphis et de culture égyptienne.

C’est d’ailleurs dans le vin que tout commence puisque les raisins secs y séjournent avant de s’y faire ajouter tous les aromates complexes qui viendront lui donner sa senteur si caractéristique. De tous les produits de ma boutique, le kyphi est celui qui demande le plus de travail. Le jour du mélange, déjà, puisqu’il faut réduire tous les ingrédients qui ne le sont pas en une poudre, que ce soit au mortier ou à la meule. Le tamis est justement là pour déterminer ce qui doit y passer. Enfin, le miel est ajouté et la préparation peut passer au mixeur.

Une fois devenue une pâte, le kyphi va encore patienter une semaine, évaporer le vin qui lui restait, gagner en arômes en séchant et devenir collant – à condition d’être retourné chaque semaine et protégé le reste du temps. La dernière étape – la plus longue après le mélange – est celle du façonnage en pastilles. C’est sous cette forme que je leur fais subir leur dernier et plus long temps de séchage dans un meuble dédié où ils sont à l’abri de la lumière et de la poussière. En toute dernière phase, je les empaquette dans de petits sachets individuels réalisés à la main. Ce sont eux qui rejoindront les colis et que vous déballerez un par un chaque fois que vous souhaiterez les faire brûler.

J’en propose plusieurs recettes, tous gréco-égyptiens pour l’instant, issus des livres des médecins de l’Antiquité. Pour découvrir la gamme de kyphis du Labo de Cléopâtre, c’est ici !

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