Déodorants de l’Antiquité

Par cette vague de chaleur, le moment est tout choisi pour vous faire découvrir des déodorants de l’Antiquité qui peuvent s’avérer de véritables alternatives lorsque vous êtes allergiques aux produits chimiques, aux odeurs trop fortes, ou tout simplement curieux des anciennes façons de concevoir la beauté et l’hygiène.

  • La poudre d’alun

La pierre d’alun, qui a fait son grand retour au moyen des cosmétiques bio était déjà connu et utilisé par les Anciens pour sa lutte contre la transpiration. Oribase, grand compilateur de la médecine antique du V ème siècle, écrit ainsi : » Contre la fétidité des aisselles et l’odeur de bouc. Faites des embrocations avec la myrrhe ou l’alun. »

Par embrocation, l’auteur voulait dire que la poudre d’alun ou de myrrhe n’étaient pas appliqués directement sur la peau mais au moyen d’une substance grasse, huileuse, qui adoucissait le côté irritant des grains de la poudre.

( La poudre d’alun, a par contre, le désavantage de déposer des sels d’aluminum sur votre peau, en lesquels on a actuellement moins confiance )

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  • Ingrédients
  • Poudre d’alun
  • Cérat maison à l’huile d’olive ou beurre corporel cacao, olive, etc.IMG_6402
  • Marche à suivre

Sur aisselles propres et parfaitement sèches, appliquez une noisette de beurre corporel ou de cérat mêlé à un peu de poudre d’alun.

  • Les divers diapasmas

Les diapasmas sont des poudres sèches, de végétaux ou de minéraux reconnus dans l’Antiquité comme étant propres à parfumer et faire disparaître « l’odeur de bouc ». D’un point de vue pratique, on pourrait dire que tout ce qui aide à maintenir la sécheresse du corps et empêcher son humidité et donc la survenue des bactéries va empêcher les mauvaises odeurs.

Pour autant, culturellement, il y a ce qu’on est sûr qu’on employait puisque les textes médicaux en témoignent. On a ainsi vu la poudre de myrrhe, à employer comme la poudre d’alun.

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S’y ajoute :

  • de la poussière d’encens – idéale pour recycler les fonds de boîte
  • les feuilles de cannelle

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  • du jonc odorant

On trouvait également de l’épiaire – plante sauvage – des baies de laurier desséché et du myrte desséché.

  • De la poudre d’iris

Toujours employée, et comme la poudre d’alun, de retour après une éclipse, la poudre d’iris peut servir de déodorant à la fois antique et contemporain, puisqu’on le trouve facilement dans les commerces bio ou spécialisés.

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Sur aisselles propres et sèches, appliquez votre poudre de racine d’iris en plusieurs couches afin d’assurer la sécheresse, et appliquer de nouveau si besoin.

  • Les diapasmas élaborés
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Nettoyant de Cléopâtre

Il existait des recettes précises et élaborées de parfums poudreux qui étaient multi-usage et qui avaient surtout la fonction d’empêcher la mauvaise odeur de sueur. En réalité, elles étaient surtout utilisées par les aristocrates et les recettes employées étaient des senteurs célèbres. Dioscoride et d’autres médecins en donnent certaines recettes que vous pouvez découvrir dans ma boutique et auxquelles j’ai donné la fonction de senteur pour le linge mais qui servaient de déodorant et de parfum sec à leur époque. Parmi eux, le nettoyant de Cléopâtre, utilisé sec, peut servir à cet usage.

Les diapasmas de ma boutique et leur histoire sont ici !

  • De la terre de Sélinonte

Comme la terre de Kimolos, la terre de Sélinonte nous rappelle les diverses argiles, kaolin, ghassoul, utilisés pour se nettoyer ou assécher et qu’on utilise depuis des millénaires. Des terres argileuses qui ne laissent pas passer l’eau naissent les sources, puis les rivières et les fleuves. C’est donc tout naturellement qu’on peut employer la poudre d’argile qu’on trouve dans le commerce, sachant bien sûr qu’en fonction de la couleur de peau ou de la volonté de ne pas trop être marqué au niveau des vêtements, on peut choisir parmi les couleurs d’argile.

Au début de cet été, j’ai utilisé le kaolin comme déodorant. Il a bien fonctionné, j’ai donc décidé de le perfectionner un peu en le parfumant à l’Antique, sans huiles essentielles.

  • Ingrédients
  • Poudre de kaolin
  • Storax noir ( sachet de 50 gr)
  • Mortier et pilon
  • Bol
  • Cuillère
  • Bocal ou boîte hermétique
  • Tamis

 

  • Marche à suivre

Dans le bol, dosez 3 cuillères à soupe de kaolin en poudre. Dosez ensuite 1 cuillère de storax que vous mettrez à piler dans le mortier pour le réduire en poudre et que vous passerez au tamis avant de le mettre dans le bol. Ce qui ne passera pas par le tamis devra être moulu de nouveau. Vous doserez et tamiserez ainsi 3 cuillères à soupe de storax avant de mélanger complètement les 2 ingrédients réduits en poudre que vous conserverez dans votre bocal ou votre boîte hermétique.

Vous voilà en possession d’un déodorant naturel qui vous protège de l’humidité tout en vous parfumant juste légèrement.

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Cet article et ces photos sont la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.

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Masque anti-rides à la figue (DIY)

« Les figues mûres réduisent les rides » Pline l’Ancien. Histoire naturelle. XXIII. LXIII.118

La figue est le premier fruit cultivé de l’histoire, mais sa particularité est de n’être pas vraiment un fruit, mais une fleur dont les fruits, intérieurs, sont les petits grains. S’il en existe des centaines de variétés, seuls ces deux, les vertes et les violettes, sont vendues dans le commerce.

Il y a plein de raisons qui peuvent justifier de l’emploi de la figue comme anti-rides, et l’une d’entre elles semble relative à leur croyance en sa maturité. En effet, la figue, tapissée de fleurs mâles et femelles qui n’arrivent pas à maturité en même temps, a besoin d’un insecte sans lequel elle serait stérile. Mais les Anciens n’avaient pas exactement vu les choses ainsi.

Pour eux, le figuier domestique avait besoin d’un figuier sauvage, « qui ne mûrit jamais », mais se décompose et pourrit, libérant ainsi des moucherons qui, colonisant les figues cultivées, les faisaient mûrir. Est-ce par une sorte de transfert de pouvoir symbolique d’un fruit qu’ils croient incapable de mûrir que les Anciens estimaient que la figue réduisait les rides ? Difficile à dire, car ce fruit plein de potassium, vitamines du groupe B, est également riche de plusieurs anti-oxydants, autrement dit, des protecteurs contre le vieillissement.

Son emploi comme anti-rides dans l’Antiquité n’est pas mentionné que chez Pline : on la retrouve chez Rufus d’Ephèse, reprise par Oribase, médecin de l’empereur Julien, dans sa compilation médicale.

  • Matériel
  • Figue
  • Bol

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  • Marche à suivre

Après avoir nettoyé votre peau, profitez de votre dégustation d’une figue pour réserver une partie de sa pulpe à votre peau. En effet, vous n’avez pas besoin d’une figue entière pour recouvrir votre visage, même après plusieurs couches. Ecrasez malgré tout dans le bol la partie que vous souhaitez utiliser pour que l’application soit plus facile.

  • Application

Appliquez sur votre peau propre en plusieurs couches successives pour être sûr de bien recouvrir la peau du visage et du cou. Laissez poser et agir 10 à 20 minutes, puis rincez à l’eau froide pour prolonger les effets tenseurs du masque à la figue.

  • Remarque

Par sa légèreté et sa fraîcheur, la pulpe de figue évoque le gel d’aloe vera, très utilisé en cosmétique naturelle pour ses qualités hydratantes, rafraîchissantes et par sa capacité à tendre légèrement la peau. En effet, les Anciens ne se sont pas trompés : excellent produit tenseur, la différence est visible tout de suite après l’application.

En revanche, les figues proposées sur le marché étant peu nombreuses, ce n’est pas un traitement qu’on peut s’offrir toute l’année, la pleine saison des figues s’étendent de juillet.

Cet article et ces photos sont la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.

Faire un parfum huileux (DIY)

Dans l’Antiquité, le parfum n’était pas à base d’alcool et la distillation n’était pas non plus inventée. Certains chercheurs ont malgré tout évoqué une méthode compliquée utilisant un textile au-dessus d’une marmite pleine de végétaux chauffés pour en extraire les huiles essentielles en guise de pré-distillation. Bien que certainement efficace puisque les odeurs se fixent effectivement bien dans les fibres, ce devait malgré tout être une technique aussi rare que coûteuse et longue.

Les parfums antiques étaient généralement faits :

  • de fleurs fraîches via les couronnes
  • de matières odorantes brûlées
  • de poudres de végétaux odorants
  • d’huiles dans lesquelles on a pratiqué l’enfleurage à chaud ou à froid

Aujourd’hui, c’est cette dernière technique que je vais vous présenter et vous permettre de reproduire – non pas avec de l’enfleurage à froid dans un premier temps parce que cela concerne des matériaux fragiles, coûteux, et des procédés salissants et contraignants – mais avec un enfleurage à chaud en utilisant des matières solides et résistantes.

Pour la recette suivante, je vous laisse le choix entre le parfum de myrrhe ou de cannelle, les deux étant appréciés dans l’Antiquité et étant tout aussi faciles à obtenir car demandant les mêmes techniques. Les seules différences seront sur l’odeur, votre investissement et vos goûts personnels, et si vous avez de la myrrhe à disposition, de la cannelle, etc. Prenez aussi en considération votre sensibilité : même si ses huiles essentielles ne sont pas très concentrées dans cette recette, la cannelle est très allergisante.

Bien que la technique soit réalisable avec de l’oliban et une autre épice que la cannelle, je ne vous les propose pas car ces parfums ne sont pas cités dans l’Antiquité dans le cadre des parfums huileux.

  • Matériel
  • Huile d’olive
  • Larmes de myrrhe ou bâtons de cannelle
  • Sel
  • Résine quelconque
  • Auto-cuiseur ou grosse casserole et panier à vapeur
  • Bol
  • Film alimentaire
  • Flacon 15 à 20 ml
  • Mini entonnoirFullSizeRender (8)
  • Marche à suivre

Dans un petit bol, placez de la résine de myrrhe ou des bâtons de cannelle de façon à recouvrir le fond. Recouvrez d’huile d’olive sans aller beaucoup plus haut que le bord des ingrédients. Rendez hermétique votre bol grâce au film alimentaire.

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Remplir l’auto-cuiseur d’eau, allumez-le et mettez le bol dans le panier à vapeur. Ajoutez le couvercle. Laissez les matières premières libérer leurs huiles essentielles ainsi dans le corps gras pendant plusieurs heures tout en vérifiant régulièrement la présence d’eau dans la casserole ou d’auto-cuiseur. Quand il ne reste presque plus d’eau, arrêtez le feu et laissez refroidir. Une fois l’ensemble refroidi, vous pouvez déjà retirer le film et sentir votre produit pour l’évaluer.

Vous pouvez ensuite remettre sur le feu de la même manière en rajoutant de nouvelles matières premières pour charger encore plus l’huile en parfum jusqu’à saturation. Vous pouvez améliorer ainsi votre produit pendant plusieurs jours afin d’en rendre le parfum plus fort, tout en laissant les épices ou les résines dans l’huile entre les phases de chauffe.

Une fois satisfait du résultat, il ne vous reste plus qu’à retirer les résines ou les épices en les pressant un peu pour récupérer toute l’huile, puis verser le parfum huileux dans le flacon, à travers un mini entonnoir. Ajouter une résine au fond du flacon pour la conservation du parfum, une pincée de sel pour la conservation de l’huile et gardez votre produit à l’abri de la lumière. IMG_5982

Ajoutez une étiquette avec la date. Votre parfum huileux est un produit qui va évoluer, notamment en senteur, contrairement aux parfums du commerce. N’hésitez pas à le porter, à le tester, à vous émerveiller de son évolution : vous serez surpris du voyage !

NB : Cette technique vaut pour quelques résines et quelques épices mais ne vaut pas pour d’autres ou pour d’autres végétaux vivants comme les fleurs qui ne supportent pas la chauffe, qui sont muettes de parfum ou qui modifient leur parfum en chauffant.

Cet article et ces photos sont la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.

Parfumer ses vêtements comme dans l’Antiquité (DIY)

Nos parfums sous forme de sprays alcoolisés qu’on pulvérise sur la peau mais plus idéalement sur un textile – dont les fibres retiennent plus facilement la fragrance – ne sont pas les seuls moyens de sentir bon. D’usage très contemporain, ils ne sont non seulement pas majoritaires mais sont en plus d’un usage très récent qui n’a rien de traditionnel.

Au Moyen-Orient où l’alcool est interdit dans les parfums, il n’est évidemment pas non plus possible de vaporiser un parfum huileux qui, s’il est délicieux, ne manquera pas de tacher un vêtement d’une grosse trace de gras qui évoque plus quelqu’un qui a mangé malproprement plutôt qu’une personne coquette qui voulait sentir bon.

Là-bas, comme dans l’Antiquité, on continue de parfumer son intérieur et ses vêtements aux encens, résines naturelles d’oliban, de myrrhe ou mélanges de résines, bois, fleurs, appelés bakhoor dont il existe une grande variété. Le textile, placé sur un tréteau en forme de pyramide – appelé mabkhara à Oman – est parfumé par l’encens sortant de l’encensoir placé en dessous, comme sur la photo.

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Cette façon de parfumer les vêtements est très séduisante pour ceux qui, comme moi, font une intolérance aux fragrances trop puissantes mais aussi pour ceux et celles qui aimeraient tenter les parfums naturels ou les manières de se parfumer traditionnelles – comme c’est aussi le cas en Afrique – et que nous pratiquions également dans l’Antiquité.

Dans nos sociétés modernes, c’est plutôt dans une penderie que nous pouvons parfumer nos vêtements au moyen d’un encensoir assez fermé pour ne pas mettre le vêtement en contact avec le charbon – ni même avec l’encensoir -. On peut ainsi faire brûler comme dans les pays arabes, résines d’oliban ou de myrrhe, selon ce qu’on préfère.

Si on veut découvrir un parfum spécifiquement antique, on peut brûler du labdanum – qui était le parfum préféré des Crétoises – mais aussi du patchouli – qui était connu à l’époque – du cyprès, si on l’aime, du cèdre et du génévrier. Vous pouvez aussi découvrir le parfum de robes de Dioscoride dont j’ai reconstitué la recette et que je vous propose sur Etsy. Pour tous ces parfums, il vous faudra généralement un charbon ardent et un encensoir.

Mais c’est avec la poudre de cade, genévrier sauvage typiquement méditerranéen toujours utilisé comme encens naturel et à l’odeur très agréable qu’on peut parfumer ses vêtements de façon traditionnelle et délicieuse sans charbon et au moyen d’une lampe Merlin – ainsi appelée car elle ressemble à un chapeau de Merlin.

Parfumer ses vêtements au cade

  • Matériel
  • Lampe Merlin
  • Poudre de cade
  • Briquet
  • Marche à suivre

Remplir le réservoir de poudre de cade en formant un cône identique à celui formé par le couvercle de la lampe. cone-de-cade

Enflammer le sommet avec un briquet et attendre qu’il s’éteigne pour remettre le couvercle à trous d’où s’échappera la fumée. Le feu va consumer doucement toute la poudre, répandant le parfum de cade.

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  • Utilisation

Placer votre lampe Merlin en bas de votre penderie pour que la fumée remonte et imprègne toute votre penderie. Fermez  la porte pour confiner l’endroit où vont se libérer les huiles essentielles qui imprégneront les textiles de votre placard, les parfumant naturellement et éloignant du même coup quelques nuisibles qui auraient bien aimé s’y installer.

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Cet article, cette recette et ces photos – sauf celle du mabkhara trouvé sur ce site – sont la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.

 

 

Un cosmétique antique : l’huile de ricin (DIY)

Sur internet, les sites consacrés à l’huile de ricin pour les cheveux sont nombreux, preuve du succès de ce végétal pourtant toxique. Il concentre en effet le maximum de son poison dans ses graines, qui sont dangereuses aussi bien en ingestion qu’en inhalation, mais son huile, reconnue pour ses bienfaits pour la peau, se contente d’être laxative quand elle est ingérée.

Son utilisation la plus connue est sous forme de cure pour faire pousser les cheveux. Lors de cette cure, on enduit sur ses cheveux un mélange de 50% d’huile de ricin avec 50% d’une autre huile selon son type de cheveux (olive quand il est gras, noix de coco quand il est sec, par exemple). Car l’huile de ricin est si visqueuse que si on l’applique seule sur le cuir chevelu, on ne parvient pas à l’étaler et il est alors impossible de traiter la chevelure. Mélangée à une autre huile végétale, on peut profiter de ses bienfaits sur l’ensemble des cheveux.

Mais au fait, quels bienfaits possède cette huile de ricin ?

Sur les sites, on nous explique que l’huile de ricin a le pouvoir de faire pousser les cheveux, les cils, et d’hydrater la peau. Ce qu’on ne dit pas, c’est que ces vertus sont déjà mentionnées dans l’Histoire naturelle de Pline l’Ancien. Dans son ouvrage, l’huile de ricin se nomme l’huile de cici :

« [L’huile de cici] améliore le teint de la peau et, par sa nature fertilisante, elle fait pousser les cheveux. »

Pline l’Ancien, Histoire naturelle. Livre XXIII. XLI.

Comme dans tout son ouvrage, Pline affirme, collectant le savoir collectif, mais n’explique pas, certainement parce que ses lecteurs risquaient déjà d’être au courant. Mais d’une manière générale, le style des Anciens est concis et les recettes sont bien imprécises, loin des longues explications d’aujourd’hui qui permettent un emploi correct des produits.

Quand vous découvrez cette information dans son livre, si vous devinez ce qu’il faut faire pour appliquer l’huile sur la peau, en revanche, pour les cheveux, pas de précision : ça fait pousser les cheveux, c’est tout ce qu’on saura.

Heureusement, d’autres ont conservé cette pratique antique de l’application de l’huile de ricin sur les cheveux pour les faire pousser et l’ont expliquée sur des sites et dans des livres, nous enseignant cette pratique plusieurs fois millénaires – comme le texte de Pline nous le prouve – et nous permettant de faire notre propre cure d’huile de ricin. Contre toute attente, c’est le livre de Pline qui m’a fait découvrir l’huile de ricin, et ce sont les blogs qui m’ont permis de tester l’efficacité et le plaisir qu’offre ce cosmétique millénaire.

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  • Ma cure d’huile de ricin

(Etant blonde, ayant les cheveux gras et étudiant les cosmétiques de l’Antiquité, j’ai choisi l’huile d’olive, mais rien n’empêche de préférer l’huile de coco quand on a les cheveux secs.)

  • Matériel
  • Huile de ricin
  • Huile d’olive
  • Bol
  • Cuillère à soupe
  • Peigne

Dans un bol, mélangez, selon la taille de vos cheveux, 1 à 2 cuillerées à soupe d’huile de ricin à 1 à 2 cuillerée à soupe d’huile d’olive ( vous devez obtenir un rapport de 50% de chaque huile). Appliquez aux doigts à partir du crâne et massez pour bien répartir sur l’ensemble des cheveux et bien irriguer les racines. Ceci fait, peignez vos cheveux et si vous les avez longs, ramenez-les en chignon pour ne pas tacher les vêtements.

Parallèlement, appliquez l’huile de ricin pure sur le visage et le cou et massez-les pour bénéficier de son pouvoir très hydratant. Contre toute attente, sa texture visqueuse en fait la plus confortable des huiles qui m’ait été donné d’utiliser. Enfin, enduisez-vous les mains et les ongles – desquels vous avez bien entendu retiré toute trace de vernis et massez-les pour les renforcer en vous apportant un maximum de confort.

Laissez poser de deux heures à une nuit selon votre confort puis faites un solide shampooing pour retirer l’huile. Sur la peau, votre activité quotidienne aura normalement suffi à retirer l’excédent d’huile, mais nettoyez-vous quand même.

Ce traitement se fait en cure tous les 6 à 7 jours au moins pendant 3 à 4 semaines, en faisant des pauses de plusieurs mois entre elles pour ne pas habituer le cuir chevelu à un excès d’hydratation qui ne serait plus efficace.

Si la première fois qu’on le fait, l’huile part bien au shampooing, les autres fois, elle est beaucoup plus résistante et il faut alors en faire plusieurs ou utiliser un détergent moins dilué – comme un shampooing solide – et faire un nettoyage plus poussé.

Après deux semaines de traitement, les cheveux sont effectivement magnifiques, la peau est nourrie, belle, et les ongles renforcés.

Voici d’authentiques secrets de beauté connus depuis un minimum de 2000 ans, qui se perpétuent et sur lesquels vous pouvez apprendre plus, par exemple ici.

Cet article est la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de le reproduire sans l’autorisation de son auteur.

Recette antique: khôl aux pétales de rose (DIY)

Voici une authentique recette de khôl antique d’une très grande simplicité et qui va véritablement vous surprendre par son aspect naturel, économique, son efficacité et son innocuité. Elle a été rapportée par Pline l’Ancien :

« La rose est astringente et rafraîchissante. On distingue l’emploi de ses feuilles, de ses fleurs et de ses têtes. (…)On brûle les feuilles pour les fards à paupières. »

Pline l’Ancien. Histoire naturelle. Livre XXI.

Ce qui a été traduit par « feuilles » de rose dans l’édition 2013 de la Pléiade est en réalité traduit par « pétales » dans la plupart des autres versions. J’ai essayé les deux et je peux affirmer que ce qui possède une réelle douceur et un confort digne des fards à paupières les plus agréables, c’est le pétale. Il est donc possible que le terme latin n’ait pas été très clair pour les traducteurs.

Matériel

  • Pétales de roses
  • Bougie
  • Pince à charbon
  • Mortier et pilon 
  • Palette vide
  • boîte à khôl et son bâton applicateur

Marche à suivre

Faites sécher une rose complètement.

Ceci fait, brûlez avec la pince plusieurs pétales ou même toute la rose si vous voulez avoir une réserve et adopter ce khôl.

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La rose brûlée ainsi n’est que pour bien faire comprendre de quoi il s’agit. En réalité, il faut brûler avec la pince, pétale par pétale, car le feu prend mal.

Quand les pétales sont carbonisés, faites-les tomber dans le mortier et écrasez-les sous le pilon. S’il reste des morceaux de pétale qui n’ont pas été brûlés, écartez-les pour ne garder que la poudre noire. Vous pouvez pour cela vous aider d’un tamis si vous le voulez, même si ce n’est pas obligatoire.

Transvasez un peu de votre poudre sur une palette et maquillez-vous tout de suite si vous le souhaitez; sinon, mettez-le dans votre boîte à khôl au moyen d’une petite pointe de couteau ou d’une petite cuillère à cosmétique, qu’on peut trouver par exemple sur Aroma Zone.

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Mortier, pilon, reproduction de palette à fard égyptienne avec la cendre de pétales de rose, boîte à khôl et son bâton applicateur.

Application

Vous pouvez appliquer votre fard au doigt ou au pinceau si vous l’utilisez comme fard à paupières gris anthracite ou bien l’appliquer au bâton à khôl au ras de vos cils pour un effet plus noir, plus intense et plus antique !

 

Voilà, vous venez de découvrir un authentique fard utilisé dans l’Antiquité, facile à faire, peu coûteux et qui vous fera un vrai regard de reine d’Egypte !

Vous ne me croyez pas ?

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Cet article, cette recette et ces photos sont la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.

 

Recette de Cléopâtre : le chou séché (DIY)

La recette la plus simple de Cléopâtre est traduite ainsi par Anne-Lise Vincent dans son mémoire sur les fragments du Kosmètikon :

« Contre la chute des cheveux qui se produit en l’absence de maladie. Appliquez du chou séché broyé fin avec de l’eau. »

Ceux et celles qui viennent sur ce blog le savent : les recettes de beauté de Cléopâtre ne sont ni simples ni glamour, à part celle de son nettoyant parfumé qui, sans être simple, a quand même le bénéfice de sentir bon malgré les 2000 ans qui nous séparent. Cette recette est la plus simple de celles qui nous restent de Cléopâtre pour plusieurs raisons : elle ne nécessite qu’un seul ingrédient, elle  ne demande pas de plantes sauvages parfois difficiles d’accès, ni d’animaux ou de parties d’animaux comme c’était courant dans la médecine antique mais aujourd’hui parfaitement incompatible avec nos moeurs. Au contraire, le chou est un ingrédient commun que nous consommons toujours.

Malgré cela, cette recette a des inconvénients : comme la plupart des recettes de Cléopâtre, elle concerne l’alopécie, problème rare chez les femmes, elle demande de se mettre du chou sur la tête avec l’odeur que ça suppose, le contact inattendu et l’aspect déroutant si ce n’est rebutant d’un tel produit à se mettre sur la peau.

Enfin, un autre inconvénient qui ne frappe pas immédiatement avant l’exécution mais qui se révèle à la réalisation : que faisait-on du chou ? Combien de temps l’appliquait-on ? Etait-ce une cure, un produit qu’on gardait le plus longtemps possible ou qu’on appliquait un court laps de temps ? En l’absence d’indications, plus précises de la part de Cléopâtre comme des autres médecins donnant des recettes à cette époque-là, il faut deviner, reconstituer, comprendre inventer ce qui manque. Parce que c’était évident pour tout le monde à l’époque, rien n’a été précisé, mais pour nous, c’est un vrai défi !

  • Matériel pour cette recette
  • 1 gentil cobaye perdant ses cheveux
  • 1 chou vert
  • 1 grand couteau de cuisine
  • 1 four
  • 1 mixeur
  • 1 tamis
  • 1 large bol pour recueillir la poudre de chou tamisée à réutiliser pour le mélange
  • 1 bocal ou une boîte hermétique pour recueillir le chou séché
  • De l’eau

 

Soyons clair : le chou séché, ça se réalise. Or, le chou est le seul légume qu’on retrouve dans les contrées les plus froides aux climats les plus ingrats. Donc, quoi que vous fassiez, il est coriace : sa résistance est à toutes épreuves et s’il y a bien un super légume sur terre, on peut vraiment dire que c’est lui ! Le chou, il va donc falloir le sécher, mais pour obtenir la poudre fine qui fera que le cataplasme tiendra sur la tête, il faudra couper l’arête centrale sur chaque feuille, sans quoi, cela fatiguera le mixeur et le rendra moins efficace. La poudre sera donc moins fine et n’adhérera pas sur la tête.

  • Recette

Préchauffer le four à 1. Détachez suffisamment de feuilles de chou pour en remplir la plaque du four sans leur permettre de se chevaucher. Retirez avec votre couteau la grosse arête centrale de chaque feuille.

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Posez-les à plat sur la plaque en évitant de les faire se chevaucher pour permettre un séchage uniforme. Enfournez jusqu’à ce que les feuilles de chou soient complètement desséchées et craquent comme des chips quand on les manipule. ( Cela prend près de 5 à 6 heures environ.)

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( Pour mon premier essai, je n’avais pas pas compris qu’il fallait retirer l’arête centrale car Cléopâtre ne le précise pas : c’est à l’expérience que ça se comprend !)

Passez les feuilles de chou au mixeur, sortez la poudre et passez-la au tamis pour vous assurer de la conserver la plus fine possible, puis mettez-la dans un bocal hermétique en attendant de l’utiliser.IMG_4007

Le jour de l’utilisation, prélevez un peu de poudre, ajoutez peu d’eau, juste assez pour pouvoir faire un cataplasme.

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Appliquez le cataplasme sur les zones gagnées par la chute des cheveux. Vous pourrez vous apercevoir que le produit est stable et recouvre parfaitement la calvitie sans bouger.

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Ensuite, combien de temps faut-il laisser poser le mélange ? En l’état, je dirai autant de temps que votre cobaye peut l’assumer et le tolérer ! Nous, nous avons fait deux applications de 3 heures.

Quel a été le résultat ? Les cheveux n’ont pas repoussé, mais apparemment, le contact a été agréable et le confort du cuir chevelu s’est trouvé amélioré. Néanmoins, après l’application, le crâne a gratté partout où on avait posé le cataplasme, comme si la production de cheveux avait un peu envie de reprendre, de l’avis du cobaye. Néanmoins, les difficultés techniques que représente cette recette à tous les niveaux de sa réalisation et de son application font qu’il est assez délicat de multiplier les tests.

Dernière remarque : pendant le séchage du chou, voire un peu au-delà, votre appartement s’imprègne tellement de son odeur que les voisins vont s’imaginer qu’une famille de gens de l’est habite clandestinement à côté de chez eux. Moi, j’ai un nom polonais, je peux donc assumer avec humour ( d’autant plus que comme beaucoup de gens de l’est, je vénère le chou !), mais vous, réfléchissez-y à deux fois avant de tenter cette recette.

( Photo à la Une : ma première poudre de chou, avant que j’enlève l’arête centrale. On distingue bien les feuilles extérieures, vertes, des feuilles intérieures, jaunes, séchées en deux temps distincts puis superposés dans le bocal. La poudre est plus grossière : elle tenait mal sur la tête, c’est ce qui m’a fait comprendre que ce ne devait pas être la consistance du produit initial.)

Cet article, ces photos et recettes sont la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.