Les senteurs de la terre

Dans la parfumerie d’aujourd’hui se distinguent deux sortes de senteurs : celles issues de matières naturelles, et celles synthétiques, qui ont réussi à les imiter en associant diverses molécules. Les parfumeurs, chimistes, l’assurent : l’utilisation des molécules de synthèse a révolutionné la discipline en lui donnant une créativité, une force industrielle , artistique, et une image moderne qu’elle n’avait pas.

Mais à la base, les parfums, ce sont des matières premières de diverses origines végétales surtout, mais parfois animales, qui offrent leur senteur au monde depuis toujours, loin de tout désir, toute représentation marketing mais dans une réalité brute difficile à envisager aujourd’hui et à propos de laquelle il y a tout à réapprendre :

  • ce qu’on sent avec le sens de l’odorat ( la fleur de violette ou de muguet )
  • ce que le parfum peut restituer de cette odeur captée ( la feuille de violette donne son parfum, mais ni sa fleur ni celle du muguet ne le font)

La fascination pour les matières odorantes associées à des rites de guérison, de purification et de spiritualité remonte à la nuit des temps et s’inscrit aussi bien dans la mémoire humaine collective que dans l’histoire de la terre elle-même.

Toutes ces matières s’expriment en terme d’odeurs depuis la naissance du monde dans une langue qui parfois ne peut être que locale. A l’ère de la mondialisation, de la mécanisation et de l’industrialisation, voire de la robotisation, les senteurs naturelles font de la résistance et prônent le local.

  • C’est le cas du lentisque, qui peut pousser dans plusieurs endroits de Méditerranée mais qui ne produira de la résine qu’à Chios.

oliban

  • Le boswellia, qui produira la résine d’oliban dans divers pays du monde et qui chacune sentira différemment dans divers pays du monde et selon les espèces, mais dont la meilleur au monde se trouve à Oman, surtout si elle est de couleur verte.

mastic

  • La cannelle, qui, de Chine au Sri Lanka, depuis l’Antiquité, n’est pas connue pour produire la même qualité de parfum et n’a pas changé ses habitudes géographiques.

cannelle

  • Le labdanum, résine du ciste qui peut pousser sur le pourtour méditerranéen mais dont le plus réputé est censé être le crétois.

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D’autres, acclimatées partout, font de la résistance dans la mémoire et racontent effectivement l’histoire des senteurs et de leur réputation depuis des millénaires. C’est le cas de la rose de Damas, qui pousse toujours en Syrie mais qui s’avère désigner en soi un type de rosier ancien qu’on peut cultiver un  peu partout, et désormais surtout en Bulgarie où on la cultive pour la destiner à la parfumerie.

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En France, son nom reste associé à celui de Provins, où elle continue d’être cultivée depuis le Moyen-Age.

Conservant la mémoire de la terre et la mémoire des hommes, le sens de l’odorat est celui qui est également le plus relié aux émotions, si bien que de tous les sens, il a le plus de chance d’être dans une chaîne discontinue qui va des premiers hommes faisant des expériences olfactives d’aiguilles de pin jetées dans un feu, de feuilles aromatiques froissées entre des mains, et de résines poisseuses et puissamment odorantes, aux derniers, qui empruntent exactement les mêmes chemins aujourd’hui. Car des millénaires après, il n’y a pas d’autre voie d’initiation que celle-là.

Enfin, les règles de composition de mélanges d’encens existent et concernent effectivement l’ensemble de ce qui, dans le monde végétal, va de la terre jusqu’au ciel, comme nous le révèle le site de l’excellente boutique grenobloise Hathi, spécialisée dans la vente et la préparation de mélanges d’encens :

« Un mélange d’encens équilibré et harmonieux comporte de préférence 4 parties : 

  1. Une partie de résine brute qui va servir de liant
  2. Une de parties aériennes : fleur, baie, écorce
  3. Une de partie souterraine : racine, rhizome
  4. Une partie de bois : santal, cèdre..« Hathi

( Image à la Une : Brûle-parfum de l’Egypte ancienne, Musée du Louvre)

Cet article et ces photos sont la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.

 

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Shopping : encens de l’Antiquité

Pour découvrir les parfums originels, il est important de noter que si la contrefaçon existait déjà dans l’Antiquité, on s’accordait aussi à penser, hier comme aujourd’hui, que le vrai produit – qui était souvent cher – était le seul à pouvoir offrir une véritable expérience.

Parmi toutes les offres du marché, voici les meilleures trouvailles et les sites en ligne les plus précieux pour :

  • Les résines

Arbor’essences propose de revivre une expérience millénaire en proposant de résines pures dont une gamme étendue d’olibans de plusieurs pays ainsi que le célèbre oliban d’Oman. Acheter plusieurs olibans vous permet de faire une expérience olfactive unique et d’expérimenter la diversité des parfums issus des arbres de la même espèce, voire du même arbre, puisque les deux récoltes de l’année ne donnent pas du tout la même qualité de parfum.

Vous pouvez en outre trouver la myrrhe, le mastic, le storax, le labdanum et l’opoponax, un kiphy ( mélange d’encens sacré de l’Egypte antique ) et d’autres résines qu’on n’employait pas dans l’Antiquité mais qui pourraient aussi vous intéresser.

Le gros plus : le Coffret Olibanum vous permet de découvrir 3 olibans d’exception, dont, le meilleur au monde, celui d’Oman.

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  • Les épices

L’île aux épices est un site de spécialistes proposant des épices du monde entier, et, avantage non négligeable, des fiches techniques très précises et documentées pour commencer à en user correctement. L’histoire de chaque épices, leur date de péremption, ce qu’il faut faire ou non pour en révéler les saveurs vous permet, en cuisine comme en cosmétiques antiques, de faire enfin une expérience authentique et appropriée de ces merveilleux exhausteurs. En terme d’encens antiques, vous trouverez :

  • la cannelle de Ceylan, la vraie, que vous n’avez peut-être jamais connue comme ils vous la proposent : piquante, parfumée et sucrée à la fois. En encens, elle s’utilise en bâtons qu’on peut casser plutôt qu’en poudre qui se consume trop vite.
  • le safran, épice d’autant plus inconnue que chère, elle peut être frelatée quand elle est en poudre ou quand elle affiche un prix bas. La fiche produit vous permet d’en apprendre plus et donc de faire de bons choix.
  • la cardamome noire, qu’on appelait l’amome dans l’Antiquité et qui servait dans les parfums plus que dans la cuisine. Celles que j’ai reçues sont les plus grosses que j’aie jamais vues, comme l’illustre la photo ci-dessous ( à gauche, cardamome noire achetée dans une épicerie indienne, à droite, celle de l’Ile aux épices !). En encens, il faut retirer l’écorce, libérer les grains et les déposer sur le charbon pour en découvrir le parfum.cardamomes-noires

Le gros plus : les fiches techniques avec l’histoire des épices, des mélanges authentiques d’épices rares qu’on ne trouve que dans certaines gastronomies spécifiques et qui méritent d’être connus, et les épices aphrodisiaques.

  • Encens et aromate

Herborathèque est le site d’un spécialiste des plantes diplômé dans plusieurs disciplines croisées qui propose des plantes du monde entier pour divers problèmes de santé, des expériences olfactives, pour se détendre ou améliorer sa libido.

Parmi leurs propositions d’encens naturels, on note quelques parfums antiques : le bois de oudh, le nard jatamansi, l’oliban, un kiphy, la myrrhe, le storax et le labdanum.

Le gros plus : l’authenticité des produits du monde et la vraie connaissance scientifique et écologique des plantes issue des sociétés où elles sont encore utilisées pour se soigner, rêver, communier avec les dieux, c’est-à-dire des usages courants dans l’Antiquité.

  • Retrouvez également les authentiques encens et d’autres parfums poudreux de l’Antiquité que j’ai recréés et que je vends sur la boutique du Labo de Cléopâtre.

Cet article et ces photos sont la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.