Phenix et parfums dans l’Antiquité

Le phénix, oiseau légendaire connu pour son immortalité, est un animal qu’on rencontre dans à peu près toute culture du monde, comme beaucoup de mythes qui semblent avoir un socle commun.

Dans l’Antiquité, l’immortalité du Phenix, animal à la reproduction énigmatique puisqu’il n’est fait mention d’aucune femelle ni d’aucun mode de reproduction, est par contre toujours en lien étroit avec l’idée que se faisaient les Anciens du parfum.

  • Chez Hérodote, historien grec du IV ème siècle avant J-C, il est en lien avec la myrrhe, avec laquelle il enveloppe son père à sa mort, dans une sorte d’oeuf qu’il façonne :

« Il y a un autre oiseau sacré qu’on appelle le phénix; je ne l’ai jamais vu, si ce n’est en peinture, car il vient rarement en Egypte; tous les cinq cents ans, à ce que disent les habitants d’Héliopolis; il ajoutent qu’il arrive lorsque son père est mort. S’il existe réellement comme on le représente, le plumage de ses ailes est rouge et doré, par la taille, il ressemble surtout à l’aigle. (…)prenant son essor de l’Arabie, il apporte dans le temple du Soleil, à Héliopolis, son père enveloppé de myrrhe et il l’y ensevelit de la manière suivante : il pétrit de la myrrhe et en façonne un oeuf aussi gros que ses forces, qu’il essaye, lui permettent de porter. Lorsqu’il en a fait l’épreuve, il creuse l’oeuf et y introduit son père, puis avec d’autres myrrhe, il comble  le creux où il l’a placé (…) enfin, il emporte l’oeuf en Egypte, dans le temple d’Héliopolis. »

Hérodote. Histoires II. 72

  • Chez Pline l’Ancien, animal tout aussi extraordinaire, il vit 500 ans, ne mange pas, renaît de lui-même après s’être fait un nid de parfums :

« Ce sont l’Ethiopie et l’Inde qui produisent le plus d’oiseaux multicolores et indescriptibles, mais le plus célèbre de tous est le phénix d’Arabie (…); il n’y en aurait qu’un seul dans le monde et on ne l’aurait guère vu. (…) Le premier des Romains qui en ait parlé (…) est Manilius (…) : il dit que que personne ne l’a vu manger; qu’il est consacré au Soleil en Arabie; qu’il vit cinq cent quarante ans; qu’en vieillissant, il construit un nid avec des rameaux de casia et d’encens, qu’il le remplit de parfums et qu’il meurt dessus. Il ajoute qu’ensuite, de ses os et ses moelles, naît d’abord une sorte de vermisseau, qui devient un poussin; celui-ci, en premier lieu, rend les honneurs funèbres à son prédécesseur, puis il apporte le nid entier près de la Panchaîe, dans la ville du Soleil, et il le dépose là, sur un autel. »

Pline, Histoire naturelle. X. II

  • Chez Ovide, quasi surnaturel, se reproduisant lui-même, il se nourrit de parfums de plus en plus nombreux – comme la vie romaine en possédait depuis les conquêtes d’Alexandre jusqu’à celles des Romains – et d’encens avant de se construire un nid de parfums pour y achever sa vie avant de renaître :

« Il n’en est qu’un, un oiseau, qui se régénère et se reproduise lui-même; les Assyriens le nomment le phénix. Ce n’est pas de graines ni d’herbes qu’il vit, mais des larmes de l’encens et du suc de l’amome. Quand il a achevé les cinq siècles de son existence, aussitôt, sur les branches et à la cime d’un palmier que balance le vent, il se construit un nid. Après avoir étendu une couche de cannelle, de brindilles de nard aux douces odeurs, de morceaux de cinname mêlé de myrrhe fauve, il s’y place et achève sa vie enveloppé de parfums. Alors, dit-on, un petit phénix, destiné à vivre un nombre égal d’années, renaît du corps de son père. Quand, avec l’âge, il a pris des forces et qu’il est capable de porter un fardeau, il allège du poids de son nid les branches du grand arbre, et pieusement, il emporte ce nid, qui fut son berceau et la tombe de son père; et, une fois arrivé, à travers les airs légers, dans la ville d’Hypérion, il le dépose devant les portes sacrées, au temple d’Hypérion. »

Ovide. Les Métamorphoses. XV. 395

Dans la culture chrétienne, symbole de résurrection du Christ, son lien avec les parfums semble disparaître. Cela restera l’apanage de la culture antique, tout comme l’usage des parfums, qui devra attendre les Croisades pour amorcer leur retour définitif bien que décrié, dans les moeurs occidentales.

( Image à la Une : planche du Cabinet des Merveilles de Deyrolle )

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Tous les parfums de l’Arabie…

Depuis les années 70, l’Arabie évoque le pétrole, les états à la puissance économique fulgurante grâce à l’or noir. Mais traditionnellement, depuis l’Antiquité, l’Arabie est la zone géographique mythique des parfums. Et ce n’est pas sans raison puisque la plupart des plantes à parfum y poussaient ou bien y faisaient l’objet d’un commerce très prisé passant par son territoire, ce qui contribua à créer une des toutes premières routes commerciales de l’histoire : la route de l’encens.

De fait, dans le monde méditerranéen, la majorité des plantes à parfum étaient exotiques, rares et donc luxueuses. Il existait pourtant bien des aromates européens tels que l’iris, l’origan, le laurier ou même la rose; mais rien n’était apprécié comme les gommes-résines d’encens, de myrrhe, de baume, de labdanum et les racines et écorces exotiques comme le nard, la cardamome, etc.

Pour gonfler les prix, les marchands racontaient des histoires fabuleuses sur la provenance et la récolte de ces aromates d’exception. Ces fables ont été rapportées par les historiens de l’époque :

« Il est vrai que même les constituants du sol répandent des vapeurs naturelles semblables à d’agréables parfums qu’on brûle. Aussi en certains endroits de l’Arabie, quand on creuse le sol, trouve-t-on des veines odoriférantes dont l’exploitation donne naissance à des carrières de dimension colossale; on en extrait des matériaux pour construire des maisons… »

Diodore de Sicile, Bibliothèque historique. II, 49.

« Du côté du Midi, la dernière des terres habitées est l’Arabie; c’est le seul pays du monde qui produise l’encens, la myrrhe, la cannelle, le cinnamome et le labdanum. Tout cela, sauf la myrrhe, n’est pas conquis sans peine par les Arabes (…) car les arbres qui portent cet encens sont gardés par des serpents ailés, de petite taille, de couleurs diverses, qui se tiennent en grand nombre autour de chaque arbre, ceux-là même qui attaquent l’Egypte (..) »

Hérodote, Histoire III. 107

D’après Hérodote, le phénix lui-même, animal mythique qui renaît de ses cendres et qui est un symbole bien connu, doit lui-même sa force d’immortalité à sa consommation et sa vie d’une grande pureté puisque faites exclusivement de parfums.

Ces récits merveilleux, bien connus dans l’Europe cultivée d’autrefois, font dire à Lady Macbeth, pour exprimer l’immensité insurmontable de son crime dans la pièce de Shakespeare : « Reste toujours l’odeur de sang : tous les parfums de l’Arabie n’adouciraient pas cette petite main. »

Tout cela, ce ne sont que de vieilles légendes.

Et pourtant, lorsque vous suivez la route des parfums antiques, vous croisez toujours le chemin des pays arabes, des arbres à encens poussant au Yémen et surtout au Sultanat d’Oman, petit état qui possède les meilleures résines du monde.

A Muscat, la capitale, l’encensoir géant est le symbole de la ville comme du pays, reflétant la culture des habitants qui possèdent tous un encensoir servant à parfumer vêtements et pièces à vivre au point d’imprégner chacun d’entre eux et parfumer ainsi, sans qu’ils ne s’en rendent plus compte, tout l’espace où ils se déplacent. Une réalité qui rappelle les propos de Théophraste, dont les paroles ne paraissent plus aussi imagées qu’on aurait pu le croire :

« En Arabie cependant la brise qui souffle de la terre est, paraît-il, chargée de parfums. »

Théophraste, Recherches sur les plantes. IX, 7.

De fait, si l’Europe a perdu son goût pour les parfums en devenant chrétienne, l’Arabie, terre de parfums, n’a rien perdu de cette tradition en devenant musulmane puisque se parfumer fait partie des préceptes religieux, contribuant à en valider la pratique, la sacraliser et la faire perdurer.

Dans les pays arabes, en effet, la consommation de parfums est près de trois fois plus élevée que la nôtre, comme c’était le cas pour nous dans l’Antiquité, et touche de la même manière hommes et femmes. Les autres liens de la culture arabe avec le goût européen pour les parfums dans l’Antiquité sont nombreux :

  • Les matières premières, nobles, sont identiques : de l’oudh, de la rose, des gommes-résines odorantes qui font d’ailleurs toujours la base des parfums orientaux les plus estimés.
  • La base est composée d’huile et non d’alcool – l’alcool étant interdit en Islam.
  • Les manières variées de parfumer, qui vont de l’aspersion à la fumigation, pratique très courante pour parfumer via les bakhoor – encens parfumé très délicat.
  • Le lien entre le parfum et l’acte sacré, festif ou d’hospitalité.
  • Le goût pour les senteurs naturelles puissantes peu nombreuses mais de grande qualité.
  • Les mélanges : les Emiratis mélangent volontiers les parfums entre eux pour créer une senteur unique. C’était aussi le cas dans l’Antiquité où on obtenait des notes d’intensité variable en mélangeant les quelques parfums existants.
  • Le goût pour les parfums transcende les genres en dépassant les notions de parfums masculins ou féminins, faisant par exemple qu’hommes et femmes peuvent porter de la rose. Dans l’Antiquité aussi, les notions de parfums pour hommes ou pour femmes ne sont jamais évoquées.

Enfin, et c’est certainement une chose peu connue, mais de l’aveu même des créateurs, c’est l’influence des pays arabes et leur grande passion pour les parfums qui a permis à cette industrie de se renouveler de façon à la fois créative et qualitative.

Un peu plus sur le parfum dans la culture arabe : ici.

( Photo à la Une : encensoir géant de Muscat, capitale du Sultanat d’Oman. Posté par Lars Plougmann sur Flickr ici. )

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Une senteur antique : la cannelle comme encens (DIY)

Parmi les senteurs utilisées pour parfumer les temples et les pièces, il y a l’encens et la myrrhe, les plus employés autrefois et que les siècles suivants ont conservé jusqu’à nos jours. De façon plus surprenante, il y a aussi la cannelle, aujourd’hui employée pour parfumer les plats mais que, dans l’Antiquité, on n’employait qu’en parfumerie. Le goût pour la cannelle dans les plats remonte au Moyen-Age, tandis que celui qu’on en avait dans les parfums s’est éteint dans l’Antiquité.

Or, outre qu’elle faisait l’objet d’utilisation dans les couronnes et les parfums huileux, elle était également employée dans les parfums à brûler, même si, généralement, seuls l’encens et la myrrhe sont mentionnés dans les textes anciens, tandis que les autres ingrédients sont cités comme des « aromates ». Néanmoins, Oribase, médecin grec du IV ème siècle, cite la cannelle parmi les ingrédients du kyphi, l’encens sacré égyptien et l’un des premiers parfums au monde. En 1930, le livre Les produits coloniaux d’origine végétale, de G. Camus le confirme : « Les anciens employaient la cannelle à la fois comme parfum et comme encens« .

C’est cette utilisation de la cannelle comme encens que j’ai voulu tester pour l’aborder à la manière des Anciens et en faire une expérience olfactive inédite.

  • Cannelle et casse

Dans l’Antiquité, l’écorce de l’une et l’autre étaient employées, et partout, les textes anciens font la distinction tout en les rapprochant néanmoins. Dans nos cuisines, la casse est couramment appelée cannelle sans autre précision tandis que la cannelle se nommera cannelle de Ceylan. Cette dernière vient effectivement du Sri Lanka et est plus claire, plus chère et plus sucrée que la casse qui lui ressemble beaucoup mais qui vient de Chine. Cette dernière est en outre plus courante, plus foncée, moins sucrée et à meilleur marché.

La cannelle de Ceylan et la casse sont toutes deux vendues en bâton et en poudre. J’ai essayé les 2 et je recommande plutôt le bâton, dont l’odeur se diffuse mieux. Vous pouvez utiliser indifféremment casse ou cannelle selon ce que vous voulez ou avez sous la main. 

  • Matériel
  • Pastille de charbon à encens ou à chicha
  • Pince ignifugée pour manier le charbon
  • Récipient en terre cuite ou plat pouvant passer au four
  • Bâton de cannelle ou casse, au choix ( voire les 2)

 

  • Mode opératoire

Prendre le charbon avec la pince et l’enflammer avec la bougie ou le briquet de façon à avoir une étincelle le parcourant entièrement. Grâce à la pince, le poser alors sur le plat ignifugé. Y déposer alors le bâton de cannelle et souffler dessus si vous voulez l’enflammer plus rapidement. Attendre que la fumée se dégage pour humer son parfum puisque la chauffe active les huiles essentielles.

Pour une raison ou pour une autre, l’écorce s’est déployée comme un parchemin pour la casse…

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…mais n’a pas bougé pour la cannelle.

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Quand la partie en contact avec le charbon est brûlée, retournez le bâton avec la pince et renouvelez l’opération jusqu’à consommation complète du bâton ( bien évidemment, ici, ça a été plus facile avec mon bâton de casse puisqu’il s’est déployé, permettant au charbon de le consumer uniformément ).

( Bien entendu, si vous n’êtes pas équipé, vous avez toujours la possibilité de brûler votre bâton de cannelle à la flamme d’une bougie et de souffler pour faire prendre la flamme dans l’écorce. Mais outre que c’est long, cela ne prend pas et vous serez obligés de brûler, souffler en permanence sur votre bâton qui dégagera certes son parfum mais vous donnera le sentiment de faire beaucoup d’efforts pour peu d’effets, ce qui sera vrai.)

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( Enfin, il vous est aussi possible d’utiliser de la cannelle en poudre dont vous ferez un petit cône que vous enflammerez. Mais là aussi, il faudra souffler sans cesse pour peu de résultats puisque ça sent moins fort que le bâton.)

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Si vous avez choisi de la cannelle et de la casse, c’est le moment de comparer les deux senteurs en changeant de bâton pour terminer le charbon. Si votre odorat est émoussé, sortez de la pièce et rentrez-y de nouveau ou sentez des grains de café comme on le fait lorsqu’on doit sentir beaucoup de parfums différents.

Voilà, vous venez de faire l’expérience d’un authentique parfum antique oublié qui diffusera pendant longtemps dans votre pièce, sa fragrance d’un autre temps.

Alors, prêt à tenter l’expérience ? 

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L’usage du parfum dans l’Antiquité

Le parfum était quelque chose de très important dans l’Antiquité, à vrai dire aussi important que de nos jours, voire plus. Il servait en effet autant à la séduction qu’il pouvait entrer dans les remèdes puisque beaucoup d’espèces végétales étaient considérées comme ayant des vertus médicinales, à plus fortes raisons si elles étaient odorantes.

« Le parfum à la rose convient au banquet, comme celui à la myrrhe ou au coing. Ce dernier est bon pour l’estomac et pour ceux qui souffrent de léthargie. »

Athénée. Les Deipnosophistes.

Et parce que la médecine de l’époque avait peu de solutions contre les maladies, la simple hygiène faisait partie de la médecine tandis que pour nous, elle n’en est que l’introduction, le préalable obligatoire aux soins, le minimum requis pour espérer une bonne santé. Cette hygiène pouvait être si minutieuse que l’utilisation d’un parfum pour chaque partie du corps était pratiquée, comme le révèlent les textes.

Dans l’Antiquité comme aujourd’hui, le parfum était un des accessoires importants de la séduction, un moyen de marquer une présence ou un instant de manière agréable de façon à frapper un esprit. Ce sont les senteurs de la chambre d’Hélène attendant Pâris qu’Aphrodite a sauvé du champ de batailles et ramené jusqu’à elle lors de la Guerre de Troie, c’est le parfum des fleurs égayant la noce et le banquet. C’est aussi, bien entendu, le parfum des courtisanes qui se distinguent par leur surcroît d’artifices pour séduire et changer les hommes qui les regardent en des hommes qui les désirent, puis qui les payent. Et comme aujourd’hui, mis avant une sortie, c’est l’indice d’un rendez-vous amoureux.Dans l’assemblée des femmes d’Aristophane, Bléphyros demande à sa femme d’où elle revient, la soupçonnant d’adultère. Elle lui propose de vérifier si sa tête sent le parfum.

« Bléphyros : Et quoi ? Une femme ne se fait-elle pas baiser sans parfum ?

Proxagora : Non certes, mon pauvre, pas moi. »

Mais le parfum, c’était avant tout le privilège des élites, et notamment du roi, l’échelle de prix de ces parfums restreignant l’usage de certains produits aux plus hautes classes sociales. C’était le cas des produits exotiques à la base du parfum, qu’on  faisait venir d’Arabie ou d’Inde et qui atteignaient des prix exorbitants créant alors une odeur caractéristique royale. Ainsi, d’après Polybe, Antiochos IV faisait amener ses vases de parfums les plus précieux dans des bains publics auxquels, malgré son statut, il aimait à se rendre. « Vous êtes bien chanceux, vous les rois, d’utiliser de tels parfums et de sentir aussi bon.« , lui dit un homme. Le lendemain, le roi revint et fit verser sur la tête de cet homme « un grand vase du plus précieux parfum appelé stakté« , c’est-à-dire de la myrrhe pure, comme le faisait Hatchepsout, grande pharaone qui, femme, régna seule sur l’Egypte et dont c’était le parfum attitré un millénaire auparavant.

Avec l’évocation des élites, on arrive aux premiers usages du parfum, celui d’honorer les dieux que dans l’Antiquité on distinguait d’ailleurs eux-mêmes non par la vision – puisqu’ils ne peuvent se manifester sous leur vraie forme au risque de nous tuer – mais par la bonne odeur émanant du personnage qui leur servait de couverture ou du lieu qu’ils avaient occupé. C’est une croyance qui a été conservée dans le christianisme puisque la bonne odeur est souvent évoquée dans le cas d’une visite ou de la présence d’un saint ou de Jésus lui-même.

Autrefois comme aujourd’hui, on brûlait les encens pour faire monter le parfum jusqu’aux divinités, habitant des hautes sphères pour qui c’était une offrande au même titre que le fumée s’échappant de la viande sacrificielle dont les hommes mangeaient la chair et les dieux la fumée.

« C’est toi (Liber, nom romain de Dionysos), selon la tradition, qui après la soumission du Gange et de tout l’Orient, as préservé les prémices au grand Jupiter : le premier, tu as offert de la cannelle et de l’encens prélevés sur le butin ainsi que les chairs rôties du boeuf qui a été mené à ton triomphe. »

Ovide. Les Fastes. III.

A ce titre, c’était aussi une manière d’honorer ses invités puisque les parfums égayaient la plupart des fêtes, soit qu’on voulut démontrer son luxe, sa manière raffinée de vivre, soit qu’on obéît à cette vieille coutume conservée dans les pays méditerranéens et orientaux de recevoir ses invités comme s’ils étaient les dieux eux-mêmes.

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