Poudres indiennes : un cosmétique antique et moderne

Quand on s’interroge sur ce à quoi ressemblait la religion athénienne, comment les Anciens pouvaient s’habiller d’une seule pièce, comment étaient faits les cosmétiques antiques, la seule réponse qu’on puisse trouver est en Inde. Il est reconnu que ce à quoi ressemblaient la religion et les rites anciens, c’est l’hindouisme, qu’il existe bien un vêtement fait d’une seule pièce porté cinq mille ans après son invention, c’est le saree indien et que la façon qu’ont les indiennes d’utiliser des plantes en poudre mêlées ou non à des huiles ressemble à ce qu’étaient les cosmétiques dans l’Antiquité.

Malgré les similitudes, les poudres cosmétiques indiennes offrent un plus grand nombre de facilités que le cosmétique antique : son conditionnement industriel des poudres diffusées dans le monde entier et parfois des mélanges tout prêts auxquels il faut juste ajouter de l’eau ou de l’eau de rose, voire du lait est quand même plus accessible que les plantes qu’il faut soit faire sécher soi-même soit broyer, soit les deux. L’autre avantage sur un grand nombre de vrais cosmétiques antiques, et non des moindres, c’est son aspect « propre », conforme aux attentes et conceptions modernes, sans urine – certains cosmétiques contemporains contiennent malgré tout de l’urée -, sans animaux ou produits dérivés d’eux à part le lait.

Néanmoins, comme dans l’Antiquité, ces poudres servant au soin du visage ou des cheveux sont issus de l’Ayurvéda, médecine traditionnelle indienne, tout comme les produits cosmétiques antiques étaient issus de la médecine de l’Antiquité. En ce sens, les vertus attribuées aux plantes, inscrites dans des textes vénérés, souffrent assez mal des conditionnements contemporains qui obligent à des mélanges avec des conservateurs et autres types de produits chimiques  – même si la demande croissante des Occidentaux semble pousser à l’émergence de ce type de nouveaux produits dits « ayurvédiques » et bourrés en même temps de conservateurs-. Dans les documentaires et autres reportages, ce sont bien des plantes brutes additionnées d’eau ou d’huile qui sont utilisées comme il y a plusieurs millénaires.

Car les poudres ayurvédiques restent ce qu’elles ont toujours été : des cosmétiques antiques, rudimentaires et donc nés d’une terre en particulier. C’est pourquoi elles n’ont qu’une universalité relative en même temps qu’une efficacité limitée. Ainsi, les produits  sont bien plus adaptés aux cheveux et aux peaux sombres, surtout dans certains soins pour cheveux assez nombreux qui fixent la couleur brune ou noire, ou même la génèrent grâce aux plantes colorantes – ce qui ressemble assez à certaine recette de Cléopâtre. Et comme pour les cosmétiques antiques, les effets qu’on peut en attendre concerneront le nettoyage, l’aspect de la peau ou des cheveux, un léger changement de texture ou d’apparence mais jamais une fonction hydratante ou anti-rides – dont les Anciens avaient malgré tout compris qu’on les obtiendrait d’un corps gras.

Plus encore, le lien entre ces types de cosmétiques et la terre qui les a faits naître se fait non seulement sur les personnes à qui ils sont destinés mais aussi sur le type d’ingrédients dont ils sont faits. Dans l’Antiquité comme dans les sociétés traditionnelles, on conçoit ses remèdes médicaux et ses cosmétiques avec ce qu’il y a sous la main, ce qui est disponible sur le sol, ce qui est courant dans son environnement. Les poudres indiennes sont ainsi issues de plantes très locales, poussant dans l’Himalaya ou uniquement sur le sol indien – même si certaines rares plantes comme la rose, l’orange ou le citron sont connues partout -. A l’inverse, les multi-nationales du cosmétique vont chercher des ingrédients dans le monde entier voire, parviennent à créer de la valeur ajoutée et de nouveaux marchés avec des ingrédients exotiques censées faire rêver la consommatrice de beautés lointaines auxquelles elle aimerait pouvoir ressembler.

Néanmoins, dans l’Antiquité, l’exotisme ne manquait pas d’attrait non plus, particulièrement dans les parfums dont tous les ingrédients venaient d’Arabie, mais surtout d’Inde !

Enfin, on pourrait rapprocher les textures et les modes d’application entre les cosmétiques antiques et les cosmétiques indiens car à l’exception des quelques produits frais qu’on peut retrouver dans l’une et l’autre de ces deux traditions cosmétiques et médicinales, les soins de beauté indiens et antiques consistent le plus souvent en des masques et cataplasmes de plantes sèches mêlées à un liquide ou un oléagineux associées parfois un minéral. En revanche, si le cosmétique antique ne dispose d’aucune indication quant au temps de pose parce que conçu et employé à une époque où la notion du temps ne se voyait qu’à la course du soleil dans le ciel, le cosmétique à base de poudres indiennes, lui, n’a jamais cessé d’être utilisé depuis l’arrivée des horloges modernes. Il s’est ainsi sans doute vu attribuer un temps de pose basé sur un découpage du temps précis et relatif à l’évolution de la société. De même, il a bénéficié de nouvelles techniques de production industrielle telle que le conditionnement en poudre, choses dont n’a pas pu profiter le cosmétique antique, devenu caduc entre temps.

Mon objectif ayant été de vous montrer les points de rapprochement entre cosmétiques indiens et anciens, je vous mets quelques liens pour les découvrir et en apprendre plus sur les vertus et l’emploi de ces poudres indiennes et ayurvédiques, vous promettant néanmoins de mettre très bientôt mes propres recettes – limitées bien entendu à ce qu’on pouvait ou aurait pu faire dans l’Antiquité !

  • La différence entre l’appellation poudre indienne et poudre ayurvédique, c’est que la seconde est une plante bio. Le site d’Aroma Zone, qui s’en est fait un atout, distribue et invente régulièrement de nouvelles recettes de beauté ayurvédiques sûres et de qualité. Un petit tour vers leurs poudres de plantes ayurvédiques pour créer vos cosmétiques :

Plantes ayurvédiques d’Aroma Zone

  • Un blog qui utilise les poudres indiennes d’une façon très inventive et créative pour des soins de cheveux afro surtout. le labo de sioum sioum

Cet article est la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de le reproduire sans l’autorisation de son auteur.

Zoom sur le parfum de Cléopâtre

 

  • Le parfum de Cléopâtre, qu’est-ce que c’est ?

C’est l’adaptation en parfum huileux d’un authentique parfum attribué à Cléopâtre dans le Kosmétikon, le livre de cosmétiques de la grande reine d’Egypte dont quelques recettes seulement sont parvenues jusqu’à nous grâce aux médecins de l’Antiquité et que vous retrouverez ici. Je vous donne la recette originale de Cléopâtre et les recettes adaptées de celui-ci dans mon livre destiné à vous apprendre comment faire vous-mêmes ce parfum ou d’autres recettes adaptées le plus fidèlement possible de la recette de Cléopâtre.

  • Est-il vraiment composé à partir de la recette de Cléopâtre ?

Oui, mais il a subi des changements par rapport au produit de base :

  • C’est un parfum huileux ( dans l’Antiquité, il n’y avait pas de parfum à l’alcool, donc j’ai choisi cette option pour plus d’authenticité ) alors que le produit original est une poudre parfumée faite d’un mélange de plusieurs plantes et d’un minéral, un siccatif. Il faut néanmoins savoir que ce type de parfum existait sous le nom de « diapasma ». Je l’ai reproduit lui aussi et vous le propose également dans mon livre : c’est lui le vrai parfum de Cléopâtre !
  • Certains ingrédients ( 4 sur 10 ) ne sont pas trouvables tels que mentionnés dans l’Antiquité : l’un d’entre eux existe toujours mais se trouve dans la nature dans un milieu particulier mais ne fait l’objet d’aucune vente, 2 n’existent que sous des formes proches mais pas identiques et un est l’objet d’une interprétation autorisée par les auteurs de l’Antiquité, le produit prêtant son nom à plusieurs plantes.
  • Pour en faire un parfum acceptable, il a fallu respecter les règles de la pyramide olfactive du parfum équilibré : 20% de notes de tête, 30% de notes de coeur, 50% de notes de fond. Bien entendu, dans la recette en poudre que je vous donne également et qui est plus conforme à l’original, ces considérations n’ont pas lieu d’être !

 

  • Qu’est-ce que ça sent le parfum de Cléopâtre ?

Ca sent bon, c’est déjà une bonne nouvelle. Mais surtout, ça sent quelque chose d’unique, d’antique, de profond. Ca sent un oriental puissant auquel se mêle malgré tout un peu de légèreté. Par contre, ça ne sent rien de ce que vous connaissez. A noter d’ailleurs que le parfum égyptien ancien possède des valeurs inversées à celles des parfums d’aujourd’hui : le fleuri et le léger était destiné aux hommes, le parfum puissant, boisé et résineux était réservé aux femmes.

C’est un parfum conforme à l’idée qu’on se faisait de Cléopâtre : une reine féminine à l’âme forte, presque virile sans pourtant en franchir la limite, comme son parfum !

  • Comment l’obtenir ?

Formée à la recherche en littérature, c’est sur la base d’une traduction en grec des recettes de Cléopâtre d’un mémoire de maîtrise sur les fragments du Kosmètikon ( mis en lien plus haut ) et de connaissances en cosmétiques « maison » que j’ai recréé autant que possible le parfum de Cléopâtre et autres dérivés de la recette originale de la célèbre reine d’Egypte. Les recettes sont protégées par les droits d’auteur mais vous pouvez  les reproduire pour vous-mêmes, si vous le souhaitez, sur la base de mon livre vendu en e-book ou imprimé, selon votre préférence ou votre budget.

  • Comment suis-je assurée de l’authenticité de la recette ?

Par sa provenance, d’abord. Le mémoire d’Anne-Lise Vincent d’où elle provient est un travail de recherches universitaires qui a fait l’objet de plusieurs lectures, contrôles par des spécialistes et d’une soutenance. Cela veut dire que l’étudiant chercheur ne peut pas écrire n’importe quoi, et doit sans cesse justifier ses sources qui se doivent d’être incontestables. Ici, les auteurs de médecine antique dont les fragments proviennent ( Galien, Aetius d’Amide…) sont des références classiques. Par ailleurs, un papyrus confirme l’authenticité des recettes et les attribue à quelqu’un qui répertoriait les recettes de la reine..

Les ingrédients utilisés sont conformes à ce qui était employé au premier siècle avant J-C, époque de Cléopâtre, et surtout, étaient trop luxueux pour pouvoir être utilisés par quelqu’un d’autre qu’une reine. En effet, les nettoyants se concevaient avec des ingrédients beaucoup plus simples, et surtout, n’étaient pas composés de plantes aussi odorantes et chères que celles qu’on retrouve dans le parfum de Cléopâtre. Il faut d’ailleurs savoir que les ingrédients dont on faisait des parfums venaient presque tous d’Inde ou d’Arabie, ce qui les rendait pratiquement inaccessibles au commun des mortels.

  • Est-ce que le parfum est facile à faire ?

Très facile ! Sur une base d’huile végétale, vous ajoutez les huiles essentielles des plantes employées dans la recette originale, vous ajoutez une goutte d’anti-rancissement pour faire durer votre parfum et vous obtenez un parfum issu d’un authentique cosmétique de Cléopâtre 100 % naturel et particulièrement délicat.

Sur cette base parfumée, vous pourrez également faire un gel cheveux et corps puisque j’en donne également la recette.

  • Attention : cette recette est à base d’huiles essentielles. Si vous y êtes sensibles, êtes allergiques ou avez le moindre problème de santé, cette recette n’est pas pour vous. En revanche, la poudre parfumée dont je donne aussi la recette et la méthode de fabrication dans le livre est plus conforme au parfum de Cléopâtre et vous conviendra parfaitement.
  • Mais vous pouvez aussi acheter cette poudre parfumée puisque je la fabrique artisanalement et la vends sur la boutique Etsy du Labo de Cléopâtre.)
  • Vous trouverez mon e.book  » Réalisez un vrai cosmétique de Cléopâtre »pour réaliser ce parfum ici, la version papier ici

(Photograhie : coffret aux huiles essentielles servant à composer le parfum de Cléopâtre. A sa gauche, l’huile de base, le conservateur empêchant l’huile de rancir, le flacon pour composer le parfum. Devant le coffret, la pipette servant à mettre les ingrédients dont les flacons ne comportent pas de compte-gouttes. A droite, le parfum final, mis en bouteille dans un authentique flacon égyptien.)IMG_4012

Cet article et cette photo sont la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.