Les encens aphrodisiaques du Labo

Dans ma boutique, je propose des encens aphrodisiaques. Cela n’a rien de surprenant : aujourd’hui encore, on attribue à des senteurs, des plantes, des substances, le pouvoir de troubler, de susciter le désir. Chaque civilisation attribue ainsi à des produits, végétaux et animaux qu’elle possède dans sa culture et ses usages, la capacité de provoquer ce désir, à la base des préoccupations humaines.

La culture des aphrodisiaques est immense, tant le désir humain est, bien entendu, aussi vieux que l’humanité elle-même. Mais c’est également une culture obscure, brouillonne, et instable qui, dans nos sociétés cartésiennes de la preuve par la science sinon rien, a valeur de sous-culture, voire de charlatanisme et ne mérite ainsi pas notre attention. Et pourtant, quelle richesse !

L’Antiquité, elle aussi, croyait en ses substances aphrodisiaques, à tel point que les livres de médecins, poètes et botanistes en sont remplis. Aphrodisiaques à consommer ou à sentir, comme dans certains pays d’Afrique ou d’Asie conservant une culture traditionnelle, sang et parties animales que nous trouverions aujourd’hui rebutantes, plantes étranges font partie de la pharmacopée antique du désir. Un savoir oublié et dénigré que seuls ont conservé les traités de magie qui survivent dans un savoir parallèle et lui aussi dénigré appelé ésotérique.

 

Pourquoi ai-je fait des encens aphrodisiaques ?

Parce que c’est fascinant, tout simplement ! C’est une culture riche, une culture à part entière et chaque civilisation ancienne a développé des croyances selon une culture encore plus ancienne dont nous avons perdu la trace mais dont on retrouve des bribes dans l’utilisation de certains ingrédients plutôt que d’autres et les causes possibles ou expliquées des raisons de cet emploi.

  • L’aphrodisiaque grec

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La culture grecque était forte de sa mythologie et de son système de pensée irremplaçable d’où a émergé la philosophie et d’autres disciplines propres à notre civilisation. L’encens aphrodisiaque grec emploie majoritairement les plantes et résines consacrées à la déesse Aphrodite. Parmi celles-ci, la myrrhe, encore et toujours, qui parcourt toute la culture ancienne de l’Egypte à Rome, et dont Ovide nous raconte l’origine mythologique dans ses Métamorphoses; une origine liée à Aphrodite, Adonis, et surtout sa mère, l’incestueuse Myrrha, changée en arbre pour échapper à la colère de son père dont elle était enceinte, suite à un sort lancé par la déesse. Ses larmes odorantes coulent toujours le long de son tronc et nous enchantent.

– Mon aphrodisiaque grec

  • L’aphrodisiaque romain

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Plus modeste, il est composé de produits plus agricoles, bruts et moins raffinés que l’aphrodisiaque grec. Il rappelle déjà ce que doit devenir la culture italienne, notamment de la gastronomie. Dans cet encens, c’est la sarriette qui domine, herbe aromatique délicieuse que nous utilisons pourtant peu dans notre alimentation et qui était considérée comme aphrodisiaque, comme le démontre son étymologie puisqu’elle signifie « herbe aux Satyres ». Ovide, néanmoins, la considérait comme un poison, ce qui est loin d’être le cas. Il lui préférait  l’oignon et la roquette, ingrédients qui ont en effet survécu dans notre alimentation et sont appréciés pour leur saveur piquante.

– Mon aphrodisiaque romain

  • L’aphrodisiaque indien

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L’encens aphrodisiaque indien est inspiré par un texte antique, la reconnaissance de Shakuntala où sont mentionnées les senteurs qui rendent les femmes prêtes à l’amour. L’Inde étant un pays à la culture traditionnelle, les senteurs utilisées sont encore d’un usage très courant et toujours parmi les préférées. Si courant qu’on en oublierait qu’elles sont utilisées dans les pratiques sexuelles utilisées dans certaines branches du Tantrisme. De la pâte de santal et des fleurs sont appliquées sur le sexe de l’initiatrice. L’homme n’y répand pas sa semence mais donne du plaisir à la femme, énergie dont il se servira pour atteindre le divin.

« On parvient à l’extase, quand on est mâle, en pénétrant le vagin d’une partenaire préalablement consacré comme lieu de culte, en le parfumant avec de la pâte de santal et en l’ornant de fleurs. »

Catherine Clément. Faire l’amour avec Dieu.

– Mon aphrodisiaque indien

  • L’aphrodisiaque égyptien

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Culture raffinée dans l’Antiquité, et première en matière de médecine et de parfum, qui étaient indissociablement liés, l’Egypte fut logiquement la première à faire venir de loin les matières premières comme la myrrhe, venue du pays de Pount, et pour le parfum duquel la reine Hatchepsoût n’avait pas hésité à organiser une expédition. Mais l’ingrédient réellement considéré comme aphrodisiaque et qu’on employait lors des fêtes de Min, divinité de la fertilité et de la moisson, c’était la laitue sauvage dont le liquide blanc s’en écoulant était considéré comme du sperme pour les anciens égyptiens, comme nous le raconte Vicky Léon dans Sexus Joyus, pratiques et coutumes joyeuses de la sexualité dans l’Antiquité. Un liquide blanc qui se retrouve solidifié dans mon encens, mais que je prends soin de recueillir précieusement. Dans tous les cas, la laitue apporte une détente bienvenue en cas de stress faisant obstacle à l’amour.

– Mon aphrodisiaque égyptien

Cet article et ces photos sont la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.

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