Etuis à khôl de l’Antiquité

Au département Antiquités égyptiennes du musée du Louvre se trouvent de petites vitrines très intéressantes quand on s’intéresse aux cosmétiques antiques, ce sont celles consacrées à l’hygiène et à la beauté.

On y trouve divers objets servant à la mise en beauté comme des bijoux, miroirs, pinces à épiler, rasoirs, etc…Il y a aussi les cuillères à fard, diverses boîtes et vases, parfois encore scellés, mais dont l’utilisation n’est pas très claire.

Et puis, il y a les étuis à khôl en divers matériaux : os, ivoire, ébène, or, faïence, verre qui, comme les autres objets, ont parfois près de 4000 ans, offrant une diversité et une originalité de design à peu près identique à celles que nous déployons aujourd’hui pour les parfums.

Enfin, parfois, avec le glamour en moins. Car si les étuis à khôl en forme de palmier ou de colonne nous inspirent,

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les formes de monstres laids et ventrus nous font mesurer l’écart culturel qui existe entre nos pratiques de maquillage et celles des Egyptiens de l’Antiquité.

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On trouve également des boîtes ayant contenu plusieurs fards avec le nom de ceux-ci pour ne pas les confondre et le bâtonnet inséré pour les appliquer.

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Impressionnant, non ?

Oui, mais…

Quand on s’intéresse çà tout cela, on trouve qu’il manque plein de choses.

Le geste, l’usage ? Le musée ne peut les offrir et c’est normal.

En revanche, on ne voit pas à quoi ressemblent les pointes de ces bâtonnets, puisqu’elles sont insérées à leur place. Etait-ce un étui neuf ou a-t-il été utilisé ?

Une autre chose importante à laquelle nous ne pensons pas assez, c’est l’odeur. Un objet en bois, ça sent. Les matières organiques dont il est composé ou qu’il a côtoyées, le produit qu’il contient ou contenait, tout cela possède une odeur. Toutes ces senteurs nous donnent une foule d’informations en même temps que des sensations, des dimensions très importantes pour toutes celles qui aiment les cosmétiques et la beauté autant que pour les seuls historiens et conservateurs…Mais derrière une vitrine, cela ne sent rien pour le visiteur…

Enfin, dernier point et non des moindres : dans ces étuis à khôl, il reste du produit.

Un produit qui demeure caché, sur lequel – en tous cas la dernière fois que j’y suis allée – on ne propose aucune photographie, dont on ne connaît ni la couleur ni la texture, mais dont il y a plus de 5 ans, les chercheurs ont fait l’analyse chimique ici en employant tout un tas de machines compliquées.

Honnêtement, chers conservateurs, vous avez fait subir une impressionnante batterie d’analyses pour déterminer la composition exacte du khôl contenu dans ces boîtes conservées au musée – et à moins que ça n’ait déjà été fait entre temps – ce serait possible d’afficher juste une petite photo du contenu de ces boîtes pour les visiteurs ?

Cet article et ces photos sont la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de les reproduire sans l’autorisation de leur auteur.

Un cosmétique antique : l’huile de ricin (DIY)

Sur internet, les sites consacrés à l’huile de ricin pour les cheveux sont nombreux, preuve du succès de ce végétal pourtant toxique. Il concentre en effet le maximum de son poison dans ses graines, qui sont dangereuses aussi bien en ingestion qu’en inhalation, mais son huile, reconnue pour ses bienfaits pour la peau, se contente d’être laxative quand elle est ingérée.

Son utilisation la plus connue est sous forme de cure pour faire pousser les cheveux. Lors de cette cure, on enduit sur ses cheveux un mélange de 50% d’huile de ricin avec 50% d’une autre huile selon son type de cheveux (olive quand il est gras, noix de coco quand il est sec, par exemple). Car l’huile de ricin est si visqueuse que si on l’applique seule sur le cuir chevelu, on ne parvient pas à l’étaler et il est alors impossible de traiter la chevelure. Mélangée à une autre huile végétale, on peut profiter de ses bienfaits sur l’ensemble des cheveux.

Mais au fait, quels bienfaits possède cette huile de ricin ?

Sur les sites, on nous explique que l’huile de ricin a le pouvoir de faire pousser les cheveux, les cils, et d’hydrater la peau. Ce qu’on ne dit pas, c’est que ces vertus sont déjà mentionnées dans l’Histoire naturelle de Pline l’Ancien. Dans son ouvrage, l’huile de ricin se nomme l’huile de cici :

« [L’huile de cici] améliore le teint de la peau et, par sa nature fertilisante, elle fait pousser les cheveux. »

Pline l’Ancien, Histoire naturelle. Livre XXIII. XLI.

Comme dans tout son ouvrage, Pline affirme, collectant le savoir collectif, mais n’explique pas, certainement parce que ses lecteurs risquaient déjà d’être au courant. Mais d’une manière générale, le style des Anciens est concis et les recettes sont bien imprécises, loin des longues explications d’aujourd’hui qui permettent un emploi correct des produits.

Quand vous découvrez cette information dans son livre, si vous devinez ce qu’il faut faire pour appliquer l’huile sur la peau, en revanche, pour les cheveux, pas de précision : ça fait pousser les cheveux, c’est tout ce qu’on saura.

Heureusement, d’autres ont conservé cette pratique antique de l’application de l’huile de ricin sur les cheveux pour les faire pousser et l’ont expliquée sur des sites et dans des livres, nous enseignant cette pratique plusieurs fois millénaires – comme le texte de Pline nous le prouve – et nous permettant de faire notre propre cure d’huile de ricin. Contre toute attente, c’est le livre de Pline qui m’a fait découvrir l’huile de ricin, et ce sont les blogs qui m’ont permis de tester l’efficacité et le plaisir qu’offre ce cosmétique millénaire.

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  • Ma cure d’huile de ricin

(Etant blonde, ayant les cheveux gras et étudiant les cosmétiques de l’Antiquité, j’ai choisi l’huile d’olive, mais rien n’empêche de préférer l’huile de coco quand on a les cheveux secs.)

  • Matériel
  • Huile de ricin
  • Huile d’olive
  • Bol
  • Cuillère à soupe
  • Peigne

Dans un bol, mélangez, selon la taille de vos cheveux, 1 à 2 cuillerées à soupe d’huile de ricin à 1 à 2 cuillerée à soupe d’huile d’olive ( vous devez obtenir un rapport de 50% de chaque huile). Appliquez aux doigts à partir du crâne et massez pour bien répartir sur l’ensemble des cheveux et bien irriguer les racines. Ceci fait, peignez vos cheveux et si vous les avez longs, ramenez-les en chignon pour ne pas tacher les vêtements.

Parallèlement, appliquez l’huile de ricin pure sur le visage et le cou et massez-les pour bénéficier de son pouvoir très hydratant. Contre toute attente, sa texture visqueuse en fait la plus confortable des huiles qui m’ait été donné d’utiliser. Enfin, enduisez-vous les mains et les ongles – desquels vous avez bien entendu retiré toute trace de vernis et massez-les pour les renforcer en vous apportant un maximum de confort.

Laissez poser de deux heures à une nuit selon votre confort puis faites un solide shampooing pour retirer l’huile. Sur la peau, votre activité quotidienne aura normalement suffi à retirer l’excédent d’huile, mais nettoyez-vous quand même.

Ce traitement se fait en cure tous les 6 à 7 jours au moins pendant 3 à 4 semaines, en faisant des pauses de plusieurs mois entre elles pour ne pas habituer le cuir chevelu à un excès d’hydratation qui ne serait plus efficace.

Si la première fois qu’on le fait, l’huile part bien au shampooing, les autres fois, elle est beaucoup plus résistante et il faut alors en faire plusieurs ou utiliser un détergent moins dilué – comme un shampooing solide – et faire un nettoyage plus poussé.

Après deux semaines de traitement, les cheveux sont effectivement magnifiques, la peau est nourrie, belle, et les ongles renforcés.

Voici d’authentiques secrets de beauté connus depuis un minimum de 2000 ans, qui se perpétuent et sur lesquels vous pouvez apprendre plus, par exemple ici.

Cet article est la propriété du site Le labo de Cléopâtre. Il est interdit de le reproduire sans l’autorisation de son auteur.