Livre, tarif et transparence

Mon livre Réalisez un vrai cosmétique de Cléopâtre est auto-édité car le moins que l’on puisse dire est qu’il n’est pas grand public. Néanmoins, ceux qui sont allés le voir ont dû penser que 15 euros, c’était quand même cher. Il se trouve qu’effectivement, je ne suis personne. Ce prix peut paraître exagéré à ceux qui ignorent ce qui se cache derrière et combien lui-même a représenté comme investissement.

D’abord, il y a la production du livre auto-publié, la matière première. Elle n’est pas forcément très coûteuse, et cela dépend justement du prix que l’on veut mettre. Par exemple pour ce livre, pour être au sommet de sa qualité et de ce qu’il a à dire, il devrait déjà coûter 30 euros de production sans compter aucun bénéfice parce qu’il y a des photos de plantes qui nécessitent de la couleur. J’ai donc choisi le noir et blanc pour avoir un livre moins cher. J’ai choisi 15 euros pour avoir l’assurance de toucher un peu plus de 4 euros dessus où que je le vende comme me l’assure Lulu. Par chez eux, c’est plus. Par Google et autres librairies, ce sera environ 3,50 euros. Au début, je voulais me réserver 5 euros, mais le livre aurait été beaucoup plus cher à l’achat pour le lecteur, j’ai donc décidé de baisser. Mon e.book, Réalisez un vrai cosmétique de Cléopâtre, le e.book, plus abordable, est à 7 euros.

Auto-éditée, je n’ai pas beaucoup de visibilité, donc la possibilité de vendre beaucoup est exclue.

Par ailleurs, mon livre n’est pas un roman ou un recueil de poésies sortant de mon imagination ne coûtant rien. C’est un livre de recherches autour d’un cosmétique ancien, ce qui veut dire qu’avant de l’écrire et de le sortir, j’ai engagé des dépenses pour :

  • Certains livres de référence parfois rares et chers dont certains font plus de 50 euros chaque. En effet, les ouvrages les plus utiles sont eux-mêmes des ouvrages de recherches et sont indispensables pour s’assurer de l’identification d’un ingrédient très ancien qui porte un autre nom que celui qu’il a actuellement. Certains ouvrages ont malgré tout été gratuits, d’autres ont été achetés d’occasion. Sur la photo, ce sont ceux que j’ai dû acheter. Tout est noté dans la bibliographie de mon livre.

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  • Il faut créer des cosmétiques, ce qui demande des matières premières à acheter. Les bases pour le parfum huileux et le gel douche. L’une des huiles essentielles, rare, précieuse et indispensable, a coûté 50 euros. Certaines autres ont pu tourner autour de 7 ou 8 voire moins selon leur rareté ou non. Le livre est là pour vous permettre d’avoir le choix du prix que vous voulez mettre pour créer ce cosmétique car mes informations constituent votre économie. Moi, en revanche, j’ai dû tout acheter, et c’est normal.IMG_4726
  • Il y a eu des tentatives et des ratés avant le produit final qui sont évidemment nécessaires à la création d’un produit qu’on veut parfait. Ces fioles contiennent les essais antérieurs au parfum final contenu dans le flacon égyptien rouge.IMG_4729
  • Il y a les plantes à acheter et les outils pour les broyer pour créer le détergent de Cléopâtre. La plus chère et rare fait 25 euros car elle est la part majoritaire du produit. Les autres ont des prix variables.IMG_4719.JPG
  • Enfin, c’est peut-être un luxe, mais pour les photos et surtout pour bien mettre en valeur un prestigieux et authentique cosmétique d’une reine aussi célèbre, des objets artisanaux et authentiquement égyptiens ont été achetés : la reproduction d’une palette de fards de l’Egypte antique et 2 flacons de parfums.image

Je terminerai en disant que je réalise tout toute seule et que je suis comme vous, je ne sais pas vendre, je ne sais pas me vendre et comme tous les mauvais vendeurs, je me contente de croire en ce que je fais. Comme vous, je veux être sûre de ce qu’on me propose mais je veux être sûre aussi de faire quelque chose d’authentique et de parfait. Je ne suis pas une marque de cosmétiques, je suis juste une personne que sa formation de chercheur en sciences humaines et sa passion pour la beauté ont permis de réaliser un cosmétique mythique dont elle rêvait déjà enfant et d’en faire un livre et un site. Je suis aussi quelqu’un pour qui faire ce livre a représenté beaucoup de travail et qui a bien du mal à le réaliser à un prix qui ne va pas sacrifier tout ce travail.

Voilà, je peux désormais affirmer que je ne vous ai rien caché.

Cosmétiques antiques : une notion relative

Si aujourd’hui nous nous intéressons aux cosmétiques antiques, ça peut être pour des raisons très variées, mais généralement, c’est la curiosité historique qui est à la base de cet intérêt. Un historien, un chimiste, un pharmacien, une esthéticienne possèdent des clés pour comprendre plus ou moins la raison d’être d’un produit de beauté ancien. C’est moins le cas pour le grand public à qui on propose depuis plus d’un siècle des produits industriels pour tous les budgets, bardés néanmoins de multiples brevets et obligatoirement testés en laboratoires.

L’offre de ces produits cosmétiques industriels est considérable et cible toutes les portions du marché, allant de produits de marques luxueuses et historiques aux marques discount, bio, pharmaceutiques, voire à la simple vente de matières premières pour réaliser ses propres cosmétiques. Et tous ces produits peuvent bénéficier des dernières recherches technologiques en terme d’actifs, mais aussi de besoins réels de la peau, grâce, par exemple, aux soins cosmétiques calqués sur votre test ADN, que vous pouvez vous offrir pour plusieurs milliers d’euros : test ADN cosmétiques.

Oui, mais ailleurs ?

Dans le magazine Gala du 11 novembre 2015, un fascinant dossier Beauté propose un tour du monde des « rituels et produits de tous les continents », et force est de constater qu’en matière de cosmétiques, les pays ne se ressemblent ni en termes de goûts, sensibilités, ni en termes de capacités et d’offres. Et si la Corée sur Sud est à la pointe de la technologie cosmétique, que les USA et le Japon tiennent aussi les meilleures places, les femmes des autres pays consomment plutôt des produits français ou occidentaux en lesquels elles ont confiance. Mais ça, c’est quand elles ont un très bon niveau de vie.

Car d’une façon générale, en Namibie, au Maroc, chez les aborigènes d’Australie, à Hawaï, en Inde, ou de façon plus étonnante, en Russie, ce sont les recettes de beauté traditionnelles qui sont encore employées. Des recettes dans lesquelles on trouve des graisses animales ou végétales, des végétaux, de l’eau, des minéraux qu’on mélange selon la recette et les besoins, et qu’on applique une fois réalisés. Pas de produits chimiques, pas de produits industriels, pas de conservateurs.

Les cosmétiques de l’Antiquité ne différent absolument pas de cette formulation dans leur composition. L’antiquité, la caducité d’un produit quel qu’il soit peuvent être moins une question d’efficacité que de niveau de vie, d’offre, de demande, de mode ou de puissance économique, etc. Pour preuve, dans l’article consacré aux Himbas, tribu de Namibie, le magazine Gala révélait que des grandes marques comme Esthée Lauder et Yves Rocher récoltent et traitent désormais certains des végétaux que les femmes Himbas emploient elles-mêmes dans leurs soins.

( Photo à  la Une : recette traditionnelle de beauté des Himbas, tribu de Namibie, réalisée par Kaveavehe dans le Gala du 11 novembre 2015 )

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